J’aime ma vie

Cosmopolitan (France) - - La Une -

À cha­cune ses bonheurs : les trou­ver, les mettre en pra­tique, ça rend la vie en­core meilleure. On es­saie ? Par Ca­mille An­seaume, Sa­sha Phi­lippe, An­na­belle Ru­chat et Mar­tine Tar­tour.

À cha­cune ses bonheurs : les trou­ver, les mettre en pra­tique, ça rend la vie en­core meilleure. On es­saie?

Par Ca­mille An­seaume, Sa­sha Phi­lippe, An­na­belle Ru­chat et Mar­tine Tar­tour. Pho­to Hugh Ar­nold.

Je pars chaque an­née toute seule, sac au dos. La des­ti­na­tion va­rie au gré de mes fi­nances, mais ce n’est pas au nombre de ki­lo­mètres que je me­sure l’aven­ture. Je me suis écla­tée dans le Ma­rais poi­te­vin ! J’ai fait des pho­tos in­croyables. Tout le monde m’a dit : « Mais tu étais au Viêt Nam ? » Laura, 27 ans Je tra­vaille en ma­ter­nelle. Quand on sait que les en­fants rient 300 à 400 fois par jour, et les adultes seule­ment 15 fois, on com­prend vite ma chance. Ca­rine, 32 ans Après un tun­nel de nuits blanches, je passe tout un di­manche en py­ja­ma. Au pro­gramme : boire du thé, man­ger, re­gar­der un dvd, boire du thé, man­ger, re­gar­der un dvd... et me re­cou­cher comme je m’étais le­vée. No­ra, 28 ans Après six ans d’études de droit et deux ans dans un ca­bi­net d’avo­cats, je quitte la robe pour m’ins­crire dans une école d’art. « Ça, c’est gon­flé ! » me disent mes co­pains. Mes pa­rents, d’abord trau­ma­ti­sés, ac­ceptent au­jourd’hui l’idée, mais ma mère a te­nu à ce que je fasse un em­prunt à la banque pour payer l’école. Elle a rai­son : ça me res­pon­sa­bi­lise. Et j’adore ce sen­ti­ment. Do­lo­rès, 26 ans Il y a un mois, je sors du film où Em­ma Thompson joue l’au­teur des aven­tures de Ma­ry Pop­pins… Et là, je me rends compte que je sa­vais le dire : Supercalifragilisticexpialidocious. Après quelques ten­ta­tives, c’est re­ve­nu tout seul. Je suis su­per forte ! Pau­line, 23 ans Je bosse à mon compte. Fi­nan­ciè­re­ment, ce n’est pas le plus simple, ner­veu­se­ment non plus. Mais quand je re­monte la rue à quatre heures de l’après-mi­di en écou­tant Fauve et qu’un rayon de so­leil me pousse à m’as­seoir sur un banc, je suis fière de moi. Lei­la, 28 ans Une fois par se­maine, de l’ar­gile verte sur mon visage pen­dant quinze mi­nutes, loin des re­gards de mon mec que je viens vam­per en­suite, après un pschitt d’es­sence de vio­lette. Mon cre­do ? Un masque et ça re­part ! Char­lotte, 33 ans Quand j’ai vrai­ment le mo­ral, que tout va bien, je m’en­ferme chez moi l’après- mi­di, je me mets sous la couette avec un pa­quet de bon­bons, et je « des­cends » tous les ma­ga­zines que j’ai ache­tés chez mon bu­ra­liste, qui me dit tou­jours : « Ciao bella. Rap­pelle- toi que je tu­toyais Ba­shung ! » Lou, 26 ans Il y en a pour qui c’est la pre­mière gor­gée de bière, pour moi, c’est la pre­mière bou­chée dans le gâ­teau nan­tais que j’achète chez De­bot­té, quand je rentre chez moi. Ça me fait du bien au coeur, et ça me gué­rit de toutes les mé­chan­ce­tés qu’on me fait à Pa­ris. Oli­via, 24 ans Via l’as­so­cia­tion Un en­fant par la main, je par­raine une pe­tite fille qui s’appelle Zei­mi. Elle vit dans un vil­lage en Éthio­pie, à Sil­mi Gole. Je verse de l’ar­gent tous les mois. Je sais per­ti­nem­ment que je ne sau­ve­rai pas le monde de la fa­mine, que même George Cloo­ney n’a pas fait avan­cer les choses au Sou­dan, mais moi, j’aide cette pe­tite fille. Oo­na, 27 ans

Je me suis concoc­té une play­list que j’ai ap­pe­lée « Party ». Au dé­part, c’était pour les fêtes, mais en fait je l’écoute à fond, même toute seule, pour faire le mé­nage ou pour dan­ser de­vant ma glace ! Aude, 27 ans Je me ma­rie cette an­née avec le mec le plus mer­veilleux de l’uni­vers. On a tel­le­ment peu de sous pour or­ga­ni­ser le ma­riage, qu’on ne peut même pas par­ler de bud­get, mais je m’en moque. Isa­bel, 26 ans Ma grand-mère ha­bite à cô­té de ma fac, alors il m’arrive d’al­ler dé­jeu­ner chez elle et de res­ter pour le ca­fé. Et là, en ca­ti­mi­ni, on zappe sur « les Feux de l’amour ». On adore cri­ti­quer les bru­shings et les te­nues mou­lantes de Nik­kie. Mé­mé n’est ja­mais à court d’un tacle ! Manon, 25 ans J’ai dé­li­mi­té un cadre peint en tur­quoise der­rière la porte de ma chambre, je le rem­plis et je le mo­di­fie à la Pa­ta­fix au gré de mes en­vies. Au­jourd’hui il contient une phrase dé­cou­pée dans une interview de De­lerm, une pho­to de va­cances, la pho­to­co­pie de la cou­ver­ture de mon der­nier livre coup de coeur, un pa­pier de Ca­ram­bar, et l’ad­di­tion du res­tau où il m’a dit : « On au­ra trois en­fants, dont une fille qui te res­sem­ble­ra. » En un coup d’oeil j’ai sous les yeux tout ce que j’aime. Jane, 26 ans J’in­vite mes meilleurs amis à jouer aux cartes le di­manche après-mi­di. On ri­gole, on dit n’im­porte quoi, on triche, on crie, on se char­rie, on tape sur la table. On ne parle ja­mais de su­jets sé­rieux, c’est comme une grande ré­cré pour se dé­fou­ler avant de ré­at­ta­quer la se­maine. Ma­ga­lie, 31 ans J’ai en­fin trou­vé le par­fum qui me va. Quand je le mets, je me sens bien. Et les gens dans le bus penchent un pe­tit peu la tête vers moi. Ch­loé, 22 ans Je n’ai ja­mais eu de blog, je vais à peine sur mon Fa­ce­book, mais de­puis peu, j’ai un compte Ins­ta­gram. J’y poste le

Je prends un Dra­gi­bus vert, un jaune et un rouge et je les mange en même temps. Ça a un pe­tit goût de pa­ra­dis.

Ele­na, 25 ans

cou­cher de so­leil de ma fe­nêtre, mes co­okies aux noix de ma­ca­da­mia qui sortent du four, le train qui file. Et quand je vois qu’un in­con­nu like mes pho­tos, j’ai un sou­rire jus­qu’aux oreilles. Ger­trude, 28 ans J’adore far­fouiller sur Et­sy. L’autre jour, au ha­sard, je tombe sur des ru­by slip­pers. La ré­plique exacte des sou­liers rouges que porte Do­ro­thy dans « le Ma­gi­cien d’Oz ». Il y a ma taille. C’est un peu cher, mais j’en ai tou­jours rê­vé. Oui, mais c’est un peu cher. Oh et puis flûte ! Je les ai re­çus il y a une se­maine. Lo­la, 24 ans Mon pe­tit luxe, le taxi une à deux fois par mois. Et mon grand plai­sir, c’est de po­ser plein de ques­tions aux

chauf­feurs. Tou­jours les mêmes. À quelle heure ils ont com­men­cé ? S’ils ont dé­jà pris des cé­lé­bri­tés ? Si le sa­me­di soir, ils re­fusent par­fois des gens bour­rés ? Le plai­sir qu’ils ont à par­ler de leur bou­lot, c’est un boos­ter de bonnes ondes. Sarah, 29 ans J’ha­bite au pre­mier étage, juste au­des­sus d’une bou­lan­ge­rie. Quand j’ouvre mes vo­lets, ça sent le crois­sant chaud. Caroline, 26 ans Je dé­croche mon per­mis à 18 ans. Après un ac­ci­dent, je ne conduis plus. Je sillonne Lyon en Vé­lo’V, je prends le mé­tro, je marche. Sauf que bien­tôt, j’en ai as­sez. Je re­prends dix heures de conduite avec un mo­ni­teur, et je com­mence par de tout pe­tits tra­jets, puis par un Lyon-Di­jon avec une amie. Au­jourd’hui, je chante au vo­lant. Léa, 28 ans 1 385, c’est le nombre de ci­ga­rettes que je n’ai pas fu­mées de­puis que j’ai ar­rê­té il y a deux mois et de­mi. 480 eu­ros, c’est ce que j’ai pu mettre de cô­té pour par­tir au so­leil cet été. Ève, 30 ans Ça n’a rien à voir avec la ma­gie, le feng shui c’est du bon sens. Avec quelques prin­cipes que j’ap­plique : tête du lit vers le nord, ca­na­pé face à la porte, en­trée dé­ga­gée, pas de fleurs en pot-pour­ri si pos­sible… L’éner­gie cir­cule chez moi, et en moi. Mé­lie, 26 ans J’aime mon CDI… Pas parce que je l’ai si­gné après trois ans d’in­cer­ti­tude dans cette boîte alors que je m’y in­ves­tis corps et âme et qu’on n’a pas ar­rê­té de me dire : « Oh ne te fais pas d’illu­sions, ici on ne fait pas de ca­deaux. » Non… Je l’aime, mon CDI, parce que c’est lui qui me per­met de dire à mes copines : les filles, c’est moi qui in­vite ! Ve­ra, 27 ans Je l’ap­prends par ha­sard, en tom­bant sur des « Mé­moires du quar­tier » : l’ap­part que je viens de prendre en lo­ca­tion, c’est ce­lui dans le­quel a gran­di Gains­bourg. Si les murs ont des oreilles, ceux-là ont des oreilles de chou, et ça me fait sou­rire au moins trois fois par jour. An­gèle, 30 ans Je fais le plein de sa­gesse en pui­sant les bonnes phrases n’im­porte où. Tiens, Stro­mae par exemple. Quand on lui dit que pour gran­dir, il faut d’abord par­don­ner à ses pa­rents, il dit : « Pour­quoi je de­vrais leur en vou­loir ? Ils ont fait de leur mieux. » Ça fait tilt dans ma tête. Moi qui ai ten­dance à tout mettre sur le dos de mon père, je me dis qu’après tout il ne se lève pas tous les ma­tins avec une ob­ses­sion : « Comment je vais m’y prendre pour em­mer­der ma fille au­jourd’hui ? » Non, il fait de son mieux. Lou, 22 ans

Un ap­pel de mon ex, plus la grippe, même ça, ça ne m’em­pêche pas de rire de­vant ma vi­déo fé­tiche : « Dance Po­ny Dance ». Ce shet­land qui moon­walke sur une mu­sique de Fleet­wood Mac et re­prend son ac­ti­vi­té nor­male, à sa­voir brou­ter, quand l’agri­cul­teur passe sur son trac­teur, ça me fait mou­rir de rire. An­na, 29 ans Je dresse des listes dans ma tête de tout ce que j’ai fait, et dont je suis fière : en­voyer un jo­li tex­to d’an­niv, ap­pe­ler mon ne­veu qui entre en CP. Les grandes choses aus­si : mon pre­mier studio, qui se­ra à moi en 2017, ma pote Ch­loé que j’ai bran­chée sur un bou­lot… ça m’aide à ne pas fo­ca­li­ser sur ce que je n’ai pas. Va­ni­na, 30 ans Le jour de la ren­trée en grande sec­tion de ma­ter­nelle, je tire sur ses nattes. C’était il y a vingt-sept ans. Nos vies ont pris des tra­jec­toires to­ta­le­ment dif- fé­rentes, je suis dans la mode, elle est flic. Mais on ne s’est ja­mais per­dues de vue. On peut res­ter six mois sans se voir et re­prendre la conver­sa­tion là où on l’a lais­sée, avec nos fous rires et nos con­fi­dences. Pau­line, 31 ans Je me pose à une ter­rasse de ca­fé, et je re­garde les beaux gar­çons pas­ser. Ça fait du bien à mes yeux. Il faut sa­voir perdre son temps pour des choses fu­tiles. Fleur, 31 ans

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