Trou­ver le bon sur adop­teunmec.com : la mé­thode qui marche

Quitte à adop­ter, au­tant adop­ter le meilleur. Comment ? Comme ça.

Cosmopolitan (France) - - La Une - Par Manon Saint-pol. Pho­to Ar­thur Be­le­beau.

Quitte à adop­ter, au­tant trou­ver le meilleur. Comment ? Comme ça. Par Manon Saint-Pol.

cette an­née, ça y est. Vous l’avez dé­ci­dé, écrit noir sur blanc (en­fin bic sur ser­viette en pa­pier im­bi­bée d’al­cool), vous pas­se­rez le pro­chain ré­veillon dans les bras d’un homme. Pour ce­la, vous al­lez pas­ser le cap, oui, vous, une fille tout ce qu’il y a de gé­nial avec une haute dose de self-es­time, vous al­lez vous ins­crire sur adop­teunmec. Soldes ter­mi­nés, gar­de­robe re­faite, vous voi­là pa­rée pour te­nir vos bonnes ré­so­lu­tions du ré­veillon (plus que huit mois). Si comme moi vous avez ren­con­tré votre pre­mier mec, un Ar­gen­tin, dans une au­berge de jeu­nesse, votre deuxième, un ba­rou­deur aus­tra­lien, dans les ruelles de l’île de Mo­zam­bique, et votre troi­sième, un Grec, dans un port bour­ré de ma­rins ta­toués, vous convien­drez que la ren­contre sur in­ter­net manque quelque peu de charme et d’ori­gi­na­li­té. Pour­tant l’écri­ture de mails à de « char­mants in­con­nus » a un cô­té « liai­sons dan­ge­reuses » non négligeable, et lé­gè­re­ment ex­ci­tant. Au point qu’il est par­fois dif­fi­cile de ne pas se re­trou­ver pris au piège d’un cercle in­fi­ni de ren­contres. L’une de mes amies y a suc­com­bé : au point culmi­nant de son ad­dic­tion, elle en­chaî­nait plu­sieurs ren­dez-vous le même jour, tous les jours de la se­maine. Le lun­di soir, elle com­men­çait par voir un gar­çon à 17 heures, un autre à 18 h 30, et un der­nier à 20 heures, avant de re­joindre par­fois pour la nuit un qua­trième ren­con­tré un soir pré­cé­dent. De quoi se mé­lan­ger les pin­ceaux, et ne plus sa­voir qui est qui, qui a pu dire quoi, le­quel vous avez pré­fé­ré, le­quel vous vou­lez re­voir… Trop de choix tue le choix. Et alors que j’étais em­pê­trée dans la concep­tion de grilles d’éva­lua­tion pour mes étu­diants, j’ai eu l’idée d’une autre grille, his­toire d’ai­der mon amie à y voir un peu plus clair : celle des mecs d’adop­teunmec. Car jau­ger quel­qu’un, le com­pa­rer avec un autre, ce n’est pas si évident, mais avec quelques cri­tères bien pen­sés, ça de­vient beau­coup plus fa­cile. Car là est le but fi­nal : par­mi les vingt que vous ve­nez de ren­con­trer, quel homme sur­passe les autres et mé­rite que vous lui ac­cor­diez une chance ? Dans un se­cond ac­cès de bon­té (ma gen­tillesse me per­dra), je vous livre la­dite grille qui vous épar­gne­ra, ain­si qu’à votre meilleure amie, des heures de ter­gi­ver­sa­tion. Vous la trou­ve­rez page sui­vante avec quelques conseils d’utilisation et des notes per­son­nelles.

Conseils d’utilisation

Pen­sez bien à com­plé­ter les champs « pré­nom et pseu­do », « nu­mé­ro de té­lé­phone » et « jour et heure du ren­dez-vous ». Si­non, vous al­lez vous re­trou­ver avec des grilles rem­plies, sans sa­voir à qui elles cor­res­pondent et vous ris­quez de pas­ser des heures sur votre compte adop­teunmec à re­lire vos mails pour trou­ver qui est qui. Ou, pire, de re­con­tac­ter le mau­vais. No­tez les parties « avant » et « après la ren­contre » sé­pa­ré­ment et au bon mo­ment. En ef­fet, un mec peut vous plaire à l’écrit mais pas du tout en chair et en os. Or, si vous rem­plis­sez les deux grilles en même temps, vous ris­quez de le dé­va­luer dans la pre­mière, puisque vous au­rez en tête votre dé­cep­tion de la ren­contre. Le pauvre se re­trou­ve­ra avec une note to­tale très in­fé­rieure à celle qu’il au­rait eue si vous aviez rem­pli la pre­mière grille avant de le ren­con­trer, ce qui est in­juste. Idem, si un mec vous plaît beau­coup lorsque vous le ren­con­trez, alors qu’à l’écrit vous lui lais­siez peu d’es­poir, vous ris­quez de le sur­éva­luer, tout éblouie que vous êtes par ses yeux verts aux re­flets vio­lets. Bien en­ten­du, nombre d’entre vous at­ta­che­ront plus d’im­por­tance à leurs im­pres­sions « post-ren­contres ». Ce­pen­dant, avez-vous vrai­ment en­vie de pas­ser votre vie avec quel­qu’un qui ne sait pas écrire une phrase sans faire trois fautes, ou qui manque de ré­pon­dant et d’hu­mour ? Ben non, vous al­lez vous en­nuyer, pas­ser votre temps à cor­ri­ger ses lettres de mo­ti­va­tion, et plus tard, à ai­der votre pro­gé­ni­ture dans ses de­voirs. En­fin moi je dis ça, je dis rien. S’il est vrai­ment bon au lit, à vous de voir, cha­cune ses cri­tères. Ne lais­sez pas, non plus, pas­ser trop de temps avant de ren­con­trer le mec « en vrai ». J’ai vu tant de per­sonnes perdre des heures à dis­cu­ter avec un mec sur in­ter­net, s’ima­gi­ner des scé­na­rios de fous avant de se rendre compte que phy­si­que­ment, ça ne passe pas.

Avis per­son­nel

Vous vous dites sans doute, elle parle, elle parle, mais est-ce qu’elle l’a tes­tée, sa grille ? Non. Je l’ai conçue pour une amie, et j’étais alors à l’étran­ger pour neuf mois. À mon re­tour, mes trois meilleures amies, cé­li­ba­taires en­dur­cies, étaient avec un mec ren­con­tré sur adop­teunmec. Cher­chant à me re­mettre de mon his­toire avec l’Aus­tra­lien, j’ai dé­ci­dé de vaincre ma ré­ti­cence et je suis al­lée sur le site. Après deux ren­cards, le pre­mier avec un gars avec qui j’avais pas­sé des heures à par­ler et qui, fi­na­le­ment, ne m’at­ti­rait pas, le se­cond avec un gars qui m’a saou­lée pen­dant trois heures en me van­tant les gousses de va­nille qu’il im­por­tait de Ma­da­gas­car, j’ai je­té l’éponge, et je suis re­par­tie en Aus­tra­lie, seule. Où, dans un bar au mi­lieu du bush, j’ai ren­con­tré un rou­tier plein de ta­touages. Comme quoi, pour vivre des ren­contres hors du com­mun, les voyages, y a que ça de vrai. Je le di­sais bien : cha­cune ses cri­tères.

l

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.