La sur­pre­nante dé­cou­verte de Ch­loé

Cosmopolitan (France) - - Supernaturelles -

J’ai une amie cé­lib qui me ra­conte ses consul­ta­tions chez des voyantes « sen­sa­tion­nelles », qui lui pro­mettent un homme jeune, sexy, gen­til. J’ai en­vie de lui ré­pondre : pi­peau ! On a tous cette fa­cul­té à pou­voir se rap­pe­ler seu­le­ment ce qu’on a en­vie d’en­tendre. Je suis bien contente de ne plus être à la re­cherche de l’homme de ma vie. Je l’ai trou­vé, il s’ap­pelle Julien, et on s’est ma­riés il y a cinq ans. Seu­le­ment voi­là, tout à coup, Julien me semble dis­tant. Quand je lui de­mande ce qu’il se passe, il fuit. J’ai des doutes, et puis la convic­tion qu’il a ren­con­tré quel­qu’un d’autre. Il y a bien la so­lu­tion dé­tec­tive pri­vé, mais « la voyance c’est plus ra­pide, et moins cher », me dit ma co­pine. Quand on est pau­mé, on s’ac­croche à tout. Je prends ren­dez-vous. Alors que je m’at­tends à une ex­tra­ter­restre, Ma­dame Tout-le-monde, en jean et tee-shirt, me re­çoit. Elle com­mence par quelques ba­na­li­tés : « Vous êtes ma­riée, vous tra­vaillez, vous avez un en­fant. » Je me dis que mon amie a dû lui pas­ser un coup de fil avant. Et puis, ça tombe : « Une per­sonne au­tour de vous vous tra­hit. » Mon ma­ri. « Oui, mais une femme aus­si. Votre meilleure amie. » So­phie ? Je la connais de­puis l’en­fance. Elle a été mon té­moin de ma­riage… Pour­tant, il s’agit bien d’elle. La voyante me dé­crit le quar­tier où elle vit, son ap­par­te­ment, en­fin elle tâ­tonne, mais c’est à peu près ça : « C’est là qu’ils se voient. » Elle me parle même d’un bis­trot où ils prennent une pe­tite col­la­tion « après leur cinq à sept ». Je com­prends main­te­nant pour­quoi Julien n’a ja­mais faim à 8 heures. Bou­le­ver­sée, ce soir-là, j’at­taque avant le dî­ner en es­pé­rant que la voyante ait tout faux. Mais il pâ­lit… « Com­ment tu sais ? » Il avoue tout : un truc in­con­trô­lable, au­quel il a mis fin très vite, avec So­phie, une his­toire ter­mi­née de­puis long­temps. S’il n’a pas faim, c’est sur­tout parce qu’il est ron­gé par la culpa­bi­li­té. Grâce à la voyance : j’ai réus­si à lui par­ler. J’au­rais pu le faire avant puisque j’avais com­pris qu’il me trom­pait. Au fond, c’est juste que je ne vou­lais pas l’ad­mettre. Ce qui est in­croyable, c’est qu’elle ait vu que c’était So­phie !

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