« Tu as vrai­ment comp­té pour moi. »

Cosmopolitan (France) - - Boostée -

Tout le monde le fait, même dis­crè­te­ment : vi­si­ter la page Fa­ce­book de ses pre­miers pe­tits co­pains. Et c’est ce que je fais un jour où le ciel est trop gris pour ne pas être nos­tal­gique. Ar­naud, 17 ans, au ly­cée, mon pre­mier amour, ce­lui avec qui je dé­cide de sau­ter le pas. L’élu. Je suis folle amou­reuse de lui alors. Lui moins sans doute. Six mois plus tard, bac en poche tous les deux, on prend des di­rec­tions dif­fé­rentes. Il ne sau­ra ja­mais à quel point je souffre. Dix ans plus tard, je dé­cide de lui en­voyer un mes­sage. Comme ça, pour voir… Il a dû même ou­blier mon nom. « Tu te sou­viens de moi ? » Et j’en­voie sans es­pé­rer de ré­ponse, ou un vague : « Ah oui… C’est loin tout ça. » Mais voi­là qu’il ré­pond tout de suite : « Évi­dem­ment, notre ren­contre a beau­coup comp­té pour moi. Qu’est-ce que tu de­viens ? » Au­jourd’hui, je suis ma­riée, heu­reuse avec l’homme que j’aime, mais cette dé­cla­ra­tion me fait un bien fou : je sais que nous avons vé­cu la même his­toire. Iri­na, 28 ans

Pas fa­cile de tra­vailler pour une as­so­cia­tion de pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment… Sur­tout que je suis payée une mi­sère et que j’ai l’im­pres­sion d’être un Don Qui­chotte de pa­co­tille, à me battre contre des mou­lins à vent, ou plu­tôt des cen­trales nu­cléaires. J’en­vi­sage de dé­mis­sion­ner quand mon boss m’en­voie un mail avec pour seul ob­jet cette ci­ta­tion du da­laï-la­ma : « Si vous pen­sez que vous êtes trop petit pour pou­voir chan­ger quelque chose, es­sayez donc de dor­mir avec un mous­tique ! » Avec cette image tel­le­ment juste, simple, in­con­tes­table, il a vi­sé dans le mille, et je re­trousse mes manches. J’y pense à chaque mo­ment d’abat­te­ment, et mes gouttes d’eau dans la mer, je me rends compte tous les jours que oui, elles servent à quelque chose. Jeanne, 22 ans

Cette chan­son des Me­ca­no, c’est ma grande soeur Cé­cile qui me la fait dé­cou­vrir. Ce n’est pas to­ta­le­ment in­no­cent : de­puis le dé­but de l’an­née, ma co­pine Ma­thilde vient dor­mir à la mai­son qua­si­ment tous les week-ends, et ma soeur a très bien com­pris ce qui se tra­mait. Avec Ma­thilde, je vis ma pre­mière his­toire d’amour, c’est gé­nial et en même temps ça me fait peur. Pour­tant, l’amour pour moi, c’est ça, « une femme avec une femme ». En­tendre ces pa­roles, ça me donne du cou­rage. Ce­lui de me confron­ter aux re­gards des autres et sur­tout d’as­su­mer qui je suis. Béa­trice, 22 ans

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