SMART­PHONE : AMI OU EN­NE­MI DU COUPLE?

Avant, on était deux, main­te­nant, on est quatre : lui, nos té­lé­phones et moi…

Cosmopolitan (France) - - CONNEXION - Par Az­za Ka­ma­ria et Florence Trédez

J’ha­bite à Mar­seille et Da­vid à Pa­ris. Mon smart­phone est ce que j’ai de plus cher, puis­qu’il me re­lie à lui. On s’écrit toute la jour­née, des pe­tits tex­tos pour se dire qu’on s’aime. Le ma­tin, il m’ar­rive même de lui de­man­der son avis avant de sor­tir : « Je mets le pull bleu ? » Et lui m’en­voie ses bo­lo­gnaises mai­son pour me faire goû­ter. Alors le jour où on me vole mon por­table, je de­viens folle. D’au­tant que je n’ai pas ap­pris son nu­mé­ro par coeur. Je suis en pa­nique, tout d’un coup, je suis sans lui, per­due. Et puis je re­viens à la rai­son… Et à la mai­son. Mer­ci Fa­ce­book.

El­la, 23 ans

Je bosse de­puis trois ans dans une boîte de prod. La pre­mière chose qu’on me confie, c’est un por­table aux frais de la mai­son, mais je dois être joi­gnable h24… Du coup, voi­là l’en­gin dé­gai­né sur la table du res­tau, po­sé près du lit quand je dors, et à por­tée de main sous la douche. Cé­li­ba­taire, je gère, mais de­puis huit mois que je suis en couple, j’ai vrai­ment l’im­pres­sion de faire un mé­nage à trois. Lui, moi et mon por­table… Un soir, on fait l’amour, et mon por­table (que j’ai pla­cé sous l’oreiller) sonne. C’est en­core mon boss, à 23 heures ! Je ré­ponds, sous le re­gard hal­lu­ci­né de mon co­pain. Qui plie ba­gage ! Je dois choi­sir. Je tiens à lui, mais à mon tra­vail aus­si. On fait un deal : je re­né­go­cie avec mon boss les heures aux­quelles on peut me joindre, mais en pé­riode de rush, mon co­pain doit faire preuve de sou­plesse.

Hélèna, 24 ans

On est tous les deux très tête en l’air. Il ou­blie les trucs pré­vus à deux, je zappe l’an­ni­ver­saire de sa mère ou la soi­rée entre co­pains… L’ap­pli­ca­tion « Couples » a chan­gé notre vie. Elle nous per­met de nous or­ga­ni­ser. On a aus­si géo­lo­ca­li­sé nos adresses de res­taus pré­fé­rés, on stocke des vi­déos ou des pho­tos de nos mo­ments à deux, on s’en­voie des pe­tits des­sins… Le meilleur ? Le « thumb­kiss », le bai­ser vir­tuel.

Anissa, 22 ans

Au­jourd’hui, un iP­hone, c’est car­ré­ment de­ve­nu une ex­ten­sion du bras pour beau­coup. Per­so, je ne res­sens pas ce be­soin d’être tou­jours connec­tée. Mais Ché­ri est dans la norme. Son por­table, c’est comme le feu pour l’ho­mo sa­piens : vi­tal. Et c’est cette vision de la tech­no­lo­gie qui a failli dé­clen­cher la Troi­sième Guerre mon­diale dans le salon. Un ma­tin, à moi­tié ré­veillée, j’ai ren­ver­sé mon ca­fé sur son si pré­cieux « gad­get ». J’ai eu droit à une ter­rible crise de nerfs qui a du­ré une bonne de­mi-heure. De­puis, je fais hy­per gaffe. Mais ça m’a fait dé­cou­vrir une fa­cette de l’homme qui m’a un peu re­froi­die.

Ma­rion, 30 ans

Dès qu’on monte en­semble dans une voi­ture, la dis­pute dé­marre avant le mo­teur. Non, il faut prendre par là ! Mais si, je te dis, c’est un rac­cour­ci ! On se met à hur­ler. Ou alors on boude. De­puis qu’on sait se ser­vir du GPS de nos smart­phones, ça va mieux. Mais où Laurent a

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