Ques­tions sur la ré­ci­pro­ci­té

Cosmopolitan (France) - - PLOUF PLOUF -

Au tour de Pa­tri­cia De­la­haie, psy­cho­so­cio­logue, de ré­pondre.

Le « cha­cun son tour » dans un couple, ça im­plique quoi ? Un acte de so­li­da­ri­té et d’en­traide. Ce­la peut se tra­duire par un coup de main, une aide fi­nan­cière mais aus­si mo­rale. Ce se­ra tou­jours un échange et non un ef­fort pe­sant. Au risque ? Au risque de mettre en sour­dine ses vé­ri­tables be­soins, de s’ou­blier. Pal­lier les manques de l’autre de­vien­dra alors une contrainte. L’aide doit res­ter ponc­tuelle. Si cette règle n’est pas res­pec­tée, on prend le risque de créer une dette en­vers l’autre, un ar­gu­ment de chan­tage en cas de crise. Le don de soi sans ré­ci­pro­ci­té provoque un conten­tieux. Ce­lui qui don­ne­ra le plus se po­si­tion­ne­ra tôt ou tard en vic­time. Il se­ra en at­tente vis-à-vis de son conjoint et ré­cla­me­ra ré­pa­ra­tion. Il faut donc se mé­fier des choix faits au pro­fit de l’autre, qui peuvent faire bas­cu­ler sa vie sur le long terme : on prend le risque que la re­la­tion amou­reuse soit dés­équi­li­brée. Alors, com­ment faire pour que ça fonc­tionne ? Il faut éva­luer ses en­vies pour po­ser les li­mites. Aimer ne veut pas dire se perdre dans l’autre. Il faut que l’acte d’ai­der soit un choix vo­lon­taire, et tou­jours avec une date de dé­but et de fin. On pèse les consé­quences pour ne pas tom­ber dans les re­grets. Le couple doit jouer les vases com­mu­ni­cants avec pour ob­jec­tif une construction com­mune.

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