Quand on s’achète une robe

Cosmopolitan (France) - - DÉTOX -

Ar­thur, mon amou­reux de­puis un an. Flash back, deux ans avant : lar­guée du jour au len­de­main, je m’ins­cris sur un site de ren­contres, puis un deuxième. Et au lieu d’af­ter works et de soi­rées de­hors, je file chez moi pour voir si mon pro­fil ul­tra peau­fi­né fait du bon bou­lot. Oui, je me fais dra­guer : « C’est quoi ton film pré­fé­ré ? – “Le Par­rain”. – Ja­mais vu. Moi c’est “Ta­ken 3”. » En six mois, quatre hommes, quatre fias­cos. Mais je m’acharne, je m’énerve, pour­quoi je ne trouve per­sonne moi ? Jus­qu’à ce jour où je com­prends que je rentre chez moi pour ren­con­trer un homme… au lieu de sor­tir. Que je reste les yeux bais­sés sur un écran… au lieu de guet­ter qui passe. Que je parle d’abord à un homme, et que je le vois après. Mais la rencontre, c’est juste le truc in­verse ! Stop. Je désac­tive tous mes comptes. Ar­thur ? Dans la rue, un jour de pluie.

Au­ré­lie, 28 ans

OMG ! Est- ce qu’on a vrai­ment de­man­dé à Google : « Pour­quoi la Lune a des trous ? » À moi le réel ! Google c’est gé­nial, et je ne vais pas re­mon­ter de la cave les douze vo­lumes de l’En­cy­clo­pé­die à chaque fois que je me pose une ques­tion. Mais je sais main­te­nant qu’il est bon d’in­ter­ro­ger aus­si son en­tou­rage, avant Google. Un jour, après avoir vu « Roc­co et ses frères », je pianote sur mon or­di à la re­cherche d’in­fos sur De­lon. Ma grand-mère, dans les pa­rages, s’étonne : « Mais de­man­de­moi, je l’ai connu De­lon, il ve­nait dé­jeu­ner chez Pe­trus, où j’étais ser­veuse. » Je la suis chez elle, où elle re­trouve la pho­to : elle et De­lon, en­la­cés, lui tout sou­rire face à ma grand­mère. Ça vaut toutes les Google images du monde. En mode geek, ça donne : Ma­riage de notre meilleure amie. On s’ins­crit sur tous les sites de ventes pri­vées pour dénicher THE robe. Qui ar­rive le jour pré­vu. Mais le bleu ma­rine est en réa­li­té bleu ca­nard, et le dé­col­le­té

DES AP­PLI­CA­TIONS DONT ON POUR­RAIT SE PAS­SER

Ma­non, 23 ans

dans le dos fait des plis. Et c’est par­ti pour le bon de re­tour, le dé­pôt à la poste, le rem­bour­se­ment qui traîne… Sans par­ler des nou­veaux spams qui pour­rissent notre boîte mail, alors qu’on avait bien co­ché sur tous les sites de vente la case « Ne faites pas tour­ner mon mail à la terre en­tière mer­ci ». #fail. À moi le réel ! Pour­quoi les sites de vente en ligne ex­plosent ? Les bou­tiques blin­dées comme un concert de Beyon­cé le sa­me­di, les ven­deuses qui poussent tou­jours vers le plus cher, ça fi­nit par re­bu­ter. Pour­tant, après une bonne an­née à n’ache­ter mes fringues que sur le Net, j’ai en­vie d’un truc tout na­tu­rel : flâ­ner dans les rayons, pal­per les tis­sus, écou­ter l’avis d’une amie. Du coup, je m’ins­cris aux bra­de­ries or­ga­ni­sées par des co­pines ou des blo­gueuses. On se re­trouve en bande de filles, on prend le thé, on échange des adresses, et pas que de fringues, de bou­lot aus­si. Et quand j’es­saie une robe, je sais que les com­men­taires sont plus sin­cères. Si elles me disent : « Ça te va su­per », j’achète sans plus me po­ser de ques­tions.

An­na, 26 ans

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