3 ques­tions

Cosmopolitan (France) - - MA VIE EN ROSE -

au doc­teur Ch­ris­tophe Marx, sexo­logue, au­teur de l’ou­vrage « Du dé­sir au plai­sir sexuel » (Ey­rolles Pra­tique). Pour­quoi la lé­gè­re­té au lit est-elle im­por­tante ? Le sexe n’est pas un su­jet « grave », mais cer­tains de ses as­pects sont néan­moins à prendre au sé­rieux – fé­con­di­té, MST, in­fi­dé­li­té. À par­tir du mo­ment où on s’est as­su­ré que le cadre de la re­la­tion est sain, on peut se lais­ser al­ler à un as­pect plus spon­ta­né, re­trou­ver l’in­sou­ciance né­ces­saire au jeu. Car la sexua­li­té, c’est l’aire de jeux des grandes per­sonnes ! S’as­su­rer d’abord d’avoir les mêmes buts, re­la­tions d’un soir ou non, enjeux de fé­con­di­té ou pas, mais aus­si ne pas se sen­tir en charge de l’autre, ne pas se po­si­tion­ner de fa­çon pas­sive, as­su­mer son dé­sir… On ne fait pas l’amour de la même fa­çon s’il s’agit d’un quick sex ponc­tuel ou d’une grande soi­rée éro­tique dé­diée à son amou­reux. à la hau­teur ? Quel re­gard vais-je re­ce­voir de mon par­te­naire ? Va-t-on me trou­ver bon ? On peut éta­blir un ca­hier des charges jusque dans les dé­tails : jouir si­mul­ta­né­ment, avoir un or­gasme va­gi­nal, trou­ver son cli­to­ris, ne pas éja­cu­ler trop vite ou trop tard… Mais il y a d’autres formes de pres­sion : celle qu’on se met à soi-même en an­ti­ci­pant l’échec ( « Je suis sûr que ça ne va pas mar­cher »), celle qui consiste à s’obli­ger à des sté­réo­types rou­ti­niers (« Ché­ri, c’est l’heure de notre rap­port heb­do­ma­daire… ») ou en­core celle qui consiste à croire que l’or­gasme est l’ho­ri­zon ul­time de la sexua­li­té. Certes, c’est agréable et ça dé­tend, mais il y a aus­si la sen­sua­li­té, la com­pli­ci­té, la vi­bra­tion éro­tique par­ta­gée… Et puis, la lé­gè­re­té.

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