Ça, je le fais mieux que tout le monde…

Cosmopolitan (France) - - PEACE AND LOVE -

★ Re­con­naître un mor­ceau de Cé­line Dion en seule­ment deux notes. ★ M’en­dor­mir pen­dant un film et faire croire que je l’ai vu en en­tier. ★ Boire à la bou­teille al­lon­gée sans en mettre par­tout. ★ Ras­su­rer mon ban­quier, même si je ne crois pas un mot de ce que je ra­conte. ★ Rat­tra­per une re­cette vouée au drame en ajou­tant des in­gré­dients au ha­sard. ★ Tom­ber pile sur la der­nière paire d’es­car­pins en 37,5 de la bou­tique. ★ Dis­tin­guer un Dra­gi­bus noir d’un Dra­gi­bus jaune sans re­gar­der. qui re­çoit tou­jours des ex­cuses bi­don quand elle pro­pose un ca­fé, du style « pas pos­sible, j’ai po­ney entre 10 et 16 », « ça au­rait été avec plai­sir mais je dois pas­ser au pres­sing » ou car­ré­ment « dé­so­lée, je suis de trop bonne hu­meur au­jourd’hui » ? Pour me sen­tir bien, il faut que je m’en donne les moyens, alors pour com­men­cer, in­ter­dic­tion for­melle de me plaindre. L’avis de la psy : « Sou­vent, lors­qu’on se plaint sans cesse, c’est que l’on se connaît mal, que l’on a ac­cep­té des choses que l’on ne sou­hai­tait pas dans un sou­ci de ne pas dé­plaire ou par peur de dire non. Re­gar­der les choses en face, être plus au­to­nome, sa­voir se dé­ga­ger du dé­sir de l’autre per­met de s’af­fir­mer da­van­tage, d’être acteur de sa vie. »

Je me fais plai­sir

Nor­ma­le­ment, on ne s’offre pas de ca­deaux. Et pour­quoi, d’ailleurs ? Moi, j’ai dé­ci­dé de m’in­ven­ter une nou­velle tra­di­tion : tous les mois, je m’achète un pe­tit truc qui m’a fait fla­sher, et je de­mande même un pa­pier ca­deau. On dit que pour qu’une re­la­tion tienne, il faut sa­voir en­tre­te­nir la flamme. Or la seule et unique per­sonne que je vais de­voir sup­por­ter et aimer jus­qu’à la fin de mes jours, c’est moi. Alors je me prouve mon amour. Et ce mois-ci, c’est grâce à une paire d’es­car­pins rouges. L’avis de la psy : « Se faire plai­sir amé­liore l’hu­meur, per­met d’éva­cuer un peu de stress. C’est un geste de gé­né­ro­si­té en­vers soi-même. Sor­tir de son quo­ti­dien, ne pas faire pas­ser le plai­sir des autres constam­ment avant le sien ap­pa­raît ain­si dé­ter­mi­nant pour s’oc­troyer un mo­ment de li­ber­té. Parce qu’après tout, on le mé­rite bien ! »

Je m’ex­prime

Si j’ai un pro­blème, j’en parle. Que ce soit à un psy, à mes co­pines, à mon mec, à ma mère ou à mon chat, il faut que ça sorte. Per­sonne n’a ja­mais re­trou­vé le mo­ral en le lais­sant ma­cé­rer dans ses chaus­settes, rou­lées en boule dans le fond d’un ti­roir. Alors je prends mon cou­rage à deux mains, et je me lance. Par­fois, rien qu’en par­lant, on trouve des so­lu­tions aux- quelles on n’avait pas pen­sé avant. Moi, quand je n’ai pas la forme, je prends une feuille et je note pré­ci­sé­ment ce qui ne va pas, ça m’aide à y voir plus clair. L’avis de la psy : « La pa­role et l’écoute ont un pou­voir li­bé­ra­teur. En met­tant des mots sur ce que l’on vit, on par­vient à prendre du re­cul, à moins se lais­ser dé­bor­der ou écra­ser par des émo­tions par­fois pa­ra­ly­santes. Lors­qu’on parle, on s’en­tend dire. C’est la condi­tion es­sen­tielle à une meilleure connais­sance et ac­cep­ta­tion de sa propre per­sonne. Et c’est le gage d’une meilleure es­time de soi. »

Je ré­com­pense mes eforts, pas mes suc­cès

Avant de de­ve­nir le père de Mi­ckey, Walt Dis­ney a été ré­dac­teur dans un jour­nal et a été ren­voyé pour « manque d’ima­gi­na­tion ». Les agents conseillaient à Ma­ri­lyn Mon­roe une car­rière de se­cré­taire plu­tôt que d’ac­trice. Et pour­tant, au­cun des deux n’a ja­mais re­non­cé. Alors je prends exemple ! Je me fé­li­cite de mes ef­forts et je porte un toast à chaque « mi­ni-vic­toire ». Je vous as­sure que cla­mer « À ce pa­quet de Ha­ri­bo qui a lou­ché sur mon bu­reau toute la jour­née sans que je le touche une fois ! » en bran­dis­sant fiè­re­ment une ver­veine, à 23 heures, seule, dans le noir, ça fait un bien fou. L’avis de la psy : « La confiance en soi se conso­lide en osant s’ex­po­ser et en pre­nant cer­tains risques comme ceux d’être cri­ti­qué, d’échouer… On a tous le droit à l’erreur et il faut se l’au­to­ri­ser pour al­ler de l’avant et s’aven­tu­rer en terre in­con­nue. C’est da­van­tage le par­cours que la des­ti­na­tion ou le ré­sul­tat qui im­porte. Être sti­mu­lé par la re­cherche et la dé­cou­verte plu­tôt que par la réus­site est plus pro­duc­tif et moins an­gois­sant. Par­fois on gagne, par­fois on perd, mais l’im­por­tant, c’est de ten­ter et de faire de son mieux. » Mer­ci à Sté­pha­nie Fré­mont, psy­cho­logue à Pa­ris, d’avoir par­ti­ci­pé à cet ar­ticle.

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