Belle contre le can­cer

Rouge glam, per­ruque rousse, ma­nu­cure… ces cinq femmes at­teintes d’un can­cer du sein ont choi­si la beau­té comme im­mense pied de nez à la ma­la­die.

Cosmopolitan (France) - - OCTOBRE ROSE - Par Élise Comte

DES LÈVRES MA­QUILLÉES « Mon grand al­lié, c’est le rouge à lèvres : il me donne su­per bonne mine. Très vite après mon diag­nos­tic, une in­fir­mière me parle des “soins de sup­port” pro­po­sés par l’hô­pi­tal. En gros, tout ce qui nous ai­de­rait à al­ler mieux. Je choi­sis les ate­liers de ma­quillage et de soins de l’as­so­cia­tion Belle et Bien. Même si je n’ai pas en­core per­du mes cils ni mes che­veux, je pré­fère prendre les de­vants. Tout pour ne pas avoir l’air ma­lade. C’est une sorte d’ate­lier à l’hô­pi­tal, on est une di­zaine au­tour de l’es­thé­ti­cienne. On se croi­rait plu­tôt dans une par­fu­me­rie entre co­pines ! Sur la table, des mi­roirs et plein de pro­duits de beau­té à par­ta­ger. Très vite, on passe à la pra­tique : trou­ver le bon fond de teint pour ca­cher la fa­tigue, re­des­si­ner les sour­cils, ca­mou­fler l’ab­sence de cils avec un crayon… Pour me mo­ti­ver, je lance un dé­fi à six co­pines : je leur offre une pa­lette de make­up et leur de­mande de faire comme moi pour me sou­te­nir. Elles jouent le jeu à fond et m’en­voient ré­gu­liè­re­ment des sel­fies. Si, avant, je ne me ma­quillais que de temps en temps, je dé­cide de ne plus ja­mais zap­per l’étape, pour me sen­tir jo­lie, avoir confiance en moi, mieux af­fron­ter le re­gard des autres. Et ça marche : quand mes voi­sins, qui ne sont pas au cou­rant de mon can­cer, me com­pli­mentent sur ma bonne mine, c’est une vic­toire sur la ma­la­die. »

Ca­the­rine, 36 ans

DES MAS­SAGES « Au dé­but de mon trai­te­ment, quand une in­fir­mière me conseille des soins du corps, je re­fuse : je n’ai pas en­vie qu’on me touche. Mais la vie conti­nue, et entre deux chi­mios, je suis in­vi­tée à pas­ser une jour­née au spa pour l’en­ter­re­ment de vie de jeune fille d’une amie. Mal­gré mon ap­pré­hen­sion, je me force : c’est im­por­tant d’être là. Un mas­sage ca­li­for­nien est pré­vu et je ne suis pas très en confiance. Mais très vite, c’est comme si chaque cen­ti­mètre de ma peau se re­lâ­chait. Je me laisse ber­cer par la mu­sique zen et je ne pense plus à rien... la pro­chaine chi­mio, mon ar­rêt ma­la­die, la peur. C’est comme une trêve. J’ac­cepte alors la pro­po­si­tion de l’hô­pi­tal de me faire mas­ser. L’es­thé­ti­cienne a des gestes pré­cis, par­fois de simples ef­fleu­re­ments. Pen­dant presque une heure, je n’ai plus de dou­leurs et toutes mes ten­sions se li­bèrent. Alors que je fo­ca­lise sou­vent sur mon sein ma­lade, grâce au tou­cher, je re­prends conscience de mon corps dans sa glo­ba­li­té. Ça se voit même sur mon vi­sage : j’ai meilleure mine, les traits dé­ten­dus, les pom­mettes plus fraîches. D’ailleurs je me suis pro­mis de conti­nuer lorsque je se­rai gué­rie. »

Fré­dé­rique, 31 ans

UNE PER­RUQUE PÊ­CHUE « Les che­veux. C’est ce que tout le monde sait à pro­pos de cette fou­tue ma­la­die : on les perd. Et ça, ça m’ef­frayait avant même le trai­te­ment, avant même de sa­voir si j’al­lais les perdre. Les per­ruques consti­tuées de vé­ri­tables che­veux coûtent au moins 500 €, alors que la Sé­cu ne rem­bourse que 125 €. J’an­nule mes va­cances et j’achète une belle per­ruque, un car­ré court, proche de mon an­cienne coupe. Un coif­feur m’ap­prend com­ment la la­ver et faire un bru­shing. Je suis d’abord in­ti­mi­dée, puis je dé­couvre que c’est as­sez fa­cile : c’est comme si je coif­fais une co­pine. Je fais des boucles, des tresses… À l’hô­pi­tal, j’avais ren­con­tré une fille qui pré­fé­rait res­ter sans fou­lard ni per­ruque, pour mon­trer,

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