Quelques trucs pour convaincre

Cosmopolitan (France) - - DÉMINAGE -

LE MOT MA­GIQUE Le pou­voir ap­par­tient à ce­lui qui sait se taire. Bon, à un mo­ment, faut quand même ré­pondre. Dans ce cas, je dé­marre par «Bien…», pro­non­cé cal­me­ment et sui­vi d’une pause. Ça donne l’im­pres­sion que j’ai écou­té, que j’ai ré­flé­chi et qu’at­ten­tion mes­dames et mes­sieurs, l’ar­gu­men­ta­tion va suivre. Mon in­ter­lo­cu­teur est dans de bonnes dis­po­si­tions. L’ÉCOUTE Ain­si je sais de quoi on parle et ça sur­prend. Je re­for­mule ce qu’on vient de me dire et hop, l’air de rien, ça ras­sure, ça adou­cit. La conver­sa­tion peut évo­luer sai­ne­ment. LA TÊTE DROITE Dès qu’on doute, on penche la tête, on n’y peut rien, c’est comme ça. Et tous les neu­rones ancestraux de notre in­ter­lo­cu­teur vont le per­ce­voir. Et aus­si­tôt, d’ins­tinct, il pense : ha ha, n’im­porte quoi, elle croit même pas ce qu’elle dit. Alors, haut la tête, j’en­voie un mes­sage clair. LE «JE» C’est l’une des mé­thodes de la com­mu­ni­ca­tion non vio­lente. On com­mence ses phrases par « je » pour ex­pri­mer un res­sen­ti : « j’ai be­soin de » ou « je me sens… ». Cette stra­té­gie vaut sur­tout dans les conflits af­fec­tifs, car en éli­mi­nant le « tu », on éli­mine le ton ac­cu­sa­toire. LE «ON» Pour convaincre dans le cadre d’une aug­men­ta­tion par exemple, on sup­prime au contraire le « je », pour pri­vi­lé­gier des phrases de type fac­tuel : « La nature de mon tra­vail a évo­lué, mes res­pon­sa­bi­li­tés sont plus im­por­tantes, mon sa­laire ne me semble plus adap­té…» Ain­si énon­cé, sur un ton neutre, le dis­cours semble lo­gique, l’in­ter­lo­cu­teur se sen­ti­rait pé­teux de re­fu­ser. BOU­DER Si je sou­ris, mon in­ter­lo­cu­teur n’a au­cune rai­son de mo­di­fier son com­por­te­ment: je suis dé­jà contente, hop par­fait ! En re­vanche, si j’adopte une at­ti­tude plus fer­mée, sur la ré­serve, le seul moyen dont il dis­pose pour me mettre dans de bonnes dis­po­si­tions à son égard est d’ac­cé­der, au moins par­tiel­le­ment, à ma de­mande. CÉ­DER On n’y pense pas car on met dans le conflit notre amour-propre. Voire notre or­gueil. Je veux le der­nier mot, j’ai rai­son, je ne per­drai pas au jeu de qui ac­croche le ta­bleau le plus moche. Donc avant de me lan­cer dans une guerre sans fin, je ré­flé­chis : c’est im­por­tant ou juste pour le sport ?

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