Dix ans sans vivre en­semble

Non pas qu’ils at­ten­daient d’être ma­riés pour ça, mais la vie en a dé­ci­dé au­tre­ment.

Cosmopolitan (France) - - RENCONTRE - Par Mé­la­nie Guez

Où, quand, comment ?

Au­riane : Sciences Po, il y a dix ans, on tra­vaille en bi­nôme, et je me re­trouve face à Ju­lien. Il me fait rire, mais j’ai la tête ailleurs… En fait, il a une co­pine.

Pre­mier bai­ser ?

Six mois plus tard, chez moi, j’ouvre une bou­teille de vin. Je sens qu’il est té­ta­ni­sé, il ne fe­ra pas le pre­mier pas, alors c’est moi.

Le len­de­main…

Sa co­pine est aus­si sa meilleure amie, la quit­ter, c’est très dur. Moi, ça me va au dé­but… Mais je tombe amou­reuse, je le veux pour moi toute seule : je joue le tout pour le tout, sans y croire vrai­ment.

Et après ?

Il re­vient vers moi, libre en­fin. On est heu­reux, mais as­sez vite je dé­croche un job à Londres et je pars ! Dif­fi­cile, mais c’était mon rêve ! On fait les al­lers-re­tours, un week-end sur deux. En juin 2014, en va­cances chez mes pa­rents, on se dit qu’on de­vrait se ma­rier comme on au­rait dit « On va se bai­gner », et ce qui part d’une for­ma­li­té de­vient un gros pro­jet. On se ma­rie l’an­née d’après, sans avoir ja­mais vé­cu en­semble !

Prin­ci­pal dé­faut ?

Il est ca­pable de par­tir dor­mir dans le sa­lon pour une bê­tise, et quand il fi­nit par se rendre compte que c’est dé­bile, il re­vient en mi­nau­dant.

Plus beau ca­deau ?

Au res­to, il me dit de me re­tour­ner pour voir un truc, et il dé­pose la bague de fian­çailles de mes rêves sur la table.

Des pro­jets ? Un voyage en fé­vrier. Fon­der une fa­mille, à Londres.

Un voyage pour fê­ter nos dix ans en­semble. Fon­der une fa­mille, à Pa­ris. Ju­lien : Sep­tembre 2006, on est dans le même groupe de tra­vail. Au­riane me touche, elle a quelque chose de spé­cial. J’en ou­blie presque que je suis en couple. J’étais prêt à me lan­cer, mais je suis d’un naturel hy­per­ti­mide, et c’est donc elle qui prend les de­vants et me saute des­sus ! Je suis un peu per­du, je sais que je ne peux pas conti­nuer avec deux his­toires, et je vais perdre ma meilleure amie si je quitte ma co­pine… Au­riane me de­mande de choi­sir. Je sens qu’elle souffre. Je prends mon cou­rage à deux mains et je fais mon choix. Je choi­sis Au­riane. Sans re­gret, même quand elle m’an­nonce qu’elle part. On ne s’est ja­mais mis la pres­sion. Elle à Londres, moi à Pa­ris. C’est aus­si une fa­çon de tes­ter notre couple, elle est très ca­sa­nière, contrai­re­ment à moi. Pour­tant, elle est la femme de ma vie. Et après notre mariage, je lâche tout pour la re­joindre à Londres. Pas évident pour moi, mais ça va. Et puis on s’en­gueule beau­coup moins de­puis qu’on vit sous le même toit ! Di­sons qu’elle manque par­fois de tact, et elle est ca­pable d’en­voyer aux gens des ré­flexions qui peuvent être bles­santes. Elle m’a or­ga­ni­sé un voyage sur­prise à Florence pour notre pre­mier week-end en­semble.

Photo Sté­pha­nie La­combe

Au­riane, 32 ans, res­pon­sable com­mu­ni­ca­tion en banque, et Ju­lien, 34 ans, res­pon­sable achats.

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