LE JOUR OÙ IL A FAILLI OU­BLIER LA SAINT-VA­LEN­TIN

Dans les si­tua­tions ex­trêmes, les hommes sont do­tés d’un ins­tinct de sur­vie très dé­ve­lop­pé.

Cosmopolitan (France) - - PAROLES D'HOMMES - Par Ma­non Pi­bou­leau. Photo Ro­bert Erd­mann.

Oui, il est 18 h 30 et, non, je n’ai tou­jours rien pré­vu. Mais je ne suis pas fran­che­ment in­quiet : in­ter­net fait des mi­racles. Au bu­reau, je com­mande deux billets all in­clu­sive en promo sur un site de voyages. J’im­prime, je glisse le tout dans une en­ve­loppe sans ou­blier de mettre un coup de Tipp-Ex sur la date et l’heure de l’achat. Et hop, di­rec­tion Bar­ce­lone pour un week-end en amou­reux. Jes­sie, 32 ans

Pour me faire par­don­ner, je la fais cha­vi­rer en ar­rière et je lui offre un bai­ser digne des plus grandes co­mé­dies ro­man­tiques. Alan, 26 ans C’est un col­lègue qui me fait réa­li­ser : « T’as pré­vu quoi avec ta co­pine, ce soir ? » De quoi il se mêle ce­lui-là ? ! Et puis je per­cute. Pa­nique à bord : je sors du bou­lot à 20 heures, les ma­ga­sins se­ront fer­més… J’ap­pelle Jé­ré­my, mon voi­sin et meilleur pote : « Achète un ca­deau, laisse-le dans la boîte aux lettres (il a les clés), je te se­rai re­con­nais­sant à vie ! » À mon re­tour, je ré­cu­père l’en­ve­loppe rouge, que je tends fiè­re­ment plus tard à Ju­lia. « Alors ? » Oui, elle adore ses boucles d’oreilles qui brillent vrai­ment beau­coup. Main­te­nant, j’ai­me­rais bien connaître le prix. Guillaume, 28 ans C’est vrai, je n’ai pas pré­vu de ca­deau, et c’est droit dans les yeux que je lui an­nonce. En re­vanche, j’ai pris une grande, une énorme ré­so­lu­tion. J’écrase mon pa­quet de ci­ga­rettes à moi­tié plein sous ses yeux. « Cette fois, c’est pour de bon. » Parce qu’il est hors de ques­tion de ré­duire le temps que j’ai à pas­ser à ses cô­tés. Jo­ris, 29 ans

Avant de ren­trer à la mai­son, je fouille dans mes sou­ve­nirs. De quoi a-t-elle be­soin ? Hier, elle a par­lé de se­melles. Oui, c’est ça, des se­melles ! Pas très ro­man­tique mais utile. Je fonce en ache­ter deux paires. J’ar­rive en re­tard pour le dî­ner mais pas les mains vides. « Joyeuse fête mon amour. » Elle me fait un grand sou­rire, ouvre le pa­quet et reste per­plexe. Ben quoi ? C’est toi qui par­lais de se­melles. « Oui, des se­melles com­pen­sées. Des chaus­sures, si tu préfères. » Clé­ment, 28 ans

J’ai beau me creu­ser la tête, me ron­ger les ongles, trop tard. Elle va ren­trer et je n’ai rien. Tout ce qu’il me reste, c’est l’hu­mour. Je me désha­bille, passe mon plus beau ca­le­çon – le « Sexy and I know it » –, ins­talle une chaise au mi­lieu du sa­lon, lu­mières ta­mi­sées. Quand elle met­tra la clé dans la ser­rure, je se­rai prêt à lui of­frir un strip­tease hard… dis­count. An­to­nin, 26 ans

Pas de ca­deau ? Pas de stress ! J’ap­plique une phi­lo­so­phie très simple : « Il en faut peu pour être heu­reux. » Je passe un coup de fil à ma mère pour lui de­man­der de gar­der notre bé­bé. Elle ac­court dans les trente mi­nutes, trop ra­vie de prendre Noé pour la nuit. Je pré­pare une pile de DVD – per­sua­dé de toute fa­çon que ma ché­rie choi­si­ra « Love Ac­tual­ly » –, je passe com­mande chez son ja­po­nais pré­fé­ré, une huile de mas­sage en guise de des­sert, et j’at­tends son ar­ri­vée. Sé­bas­tien, 30 ans

C’est un col­lègue qui m’ex­plique à voix basse l’avoir dé­jà tes­té avec sa femme. Il me donne le numéro de té­lé­phone, je croise les doigts pour qu’il reste des dis­po­ni­bi­li­tés, et bin­go !

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