Scar­lett Jo­hans­son ades choses àdire

Dans cette in­ter­view ex­clu­sive, elle ne mâche pas ses mots.

Cosmopolitan (France) - - GOOD NEWS - Par Anne He­len Pe­ter­sen Pho­tos James White Réa­li­sa­tion Aya Ka­nai

SP­rin­temps der­nier, Scar­lett Jo­hans­son ter­mine son dis­cours au Wo­men in the World Sum­mit, le hui­tième du genre or­ga­ni­sé par le « New York Times ». Au pro­gramme, ses su­jets de pré­di­lec­tion : les femmes et le pou­voir… et Ivan­ka Trump. Peu de temps avant, elle avait pa­ro­dié la fille du pré­sident amé­ri­cain dans le « Sa­tur­day Night Live », le cé­lèbre talk-show. De­puis sa par­ti­ci­pa­tion à la Marche des Femmes à Wa­shing­ton en jan­vier der­nier, la jeune mère de 32 ans n’a ja­mais été aus­si en­ga­gée. Son der­nier film, «# Pire Soi­rée », n’a pas seule­ment été réa­li­sé et co­écrit par une femme, Lucia Aniello, mais il réunit tout ce qu’Hol­ly­wood compte de fu­tures stars : Kate McKin­non, Ila­na Gla­zer, Jillian Bell et Zoë Kra­vitz. L’am­biance sur le tour­nage ? Gé­niale, se­lon Scar­lett, parce que les femmes y étaient en ma­jo­ri­té. « Sou­vent, on ba­laye l’équipe de tour­nage des yeux et on se rend compte qu’on nage dans un océan d’hommes, re­marque l’ac­trice. Main­te­nant, il y a de plus en plus de femmes aux com­mandes, que ce soit cô­té ca­mé­ra, à la prise de son, à l’éla­bo­ra­tion des dé­cors… C’est su­per. » « # Pire Soi­rée » est la ver­sion fé­mi­nine de « Ve­ry Bad Trip », vous va­li­dez ? C’est vrai que « Ve­ry Bad Trip » est une his­toire d’amitié. C’est com­plè­te­ment lou­foque, mais aus­si as­sez émou­vant… Alors oui, j’ap­prouve la com­pa­rai­son !

Dans ce cas­ting de filles, quelle co­mé­dienne vous a le plus sur­prise ? Elles étaient toutes dé­jan­tées. À cô­té, j’étais plu­tôt sage. Jillian Bell est to­ta­le­ment dé­lu­rée : plus un film est trash, plus elle l’aime. Zoë Kra­vitz, idem ! Je me di­sais : « Mais elles sont com­plè­te­ment folles. »

Pas tout à fait comme vos co­pines dans la vie ? J’ai des co­pines de toute sorte. Mais ce sont mes meilleures amies qui comptent le plus. Celles qui de­vinent tout. Y com­pris ce que je serais ten­tée de me ca­cher à moi­même. Celles qui ré­pondent «T’es sûre ? » quand je dis d’un ex « C’était quand même une belle his­toire… ».

Les hommes dans « # Pire Soi­rée » sont très sen­sibles. Pour­quoi ? On a un peu for­cé le trait ! On vou­lait mon­trer que les choses bougent. Les hommes n’ont pas peur de dire qu’ils sont fé­mi­nistes – et c’est co­ol d’en­tendre ça – ou de par­ti­ci­per à la Marche des Femmes. Je trouve ça très sexy.

En par­lant de la Marche, étiez-vous stres­sée de mon­ter sur scène ? J’étais dans l’état d’es­prit d’un ath­lète avant une per­for­mance : hy­per­con­cen­trée. C’est seule­ment le len­de­main que j’ai vrai­ment réa­li­sé ce qui s’était pas­sé !

Vous y avez évo­qué le plan­ning fa­mi­lial de fa­çon franche… Vous ne pen­sez pas que ça peut cho­quer cer­tains de vos fans ? J’es­père sur­tout que ce­la ren­dra le su­jet plus fa­cile à abor­der. Nous de­vons nous battre pour nos droits, et les pro­té­ger.

Beau­coup de cé­lé­bri­tés évitent de par­ler de po­li­tique sur les ré­seaux so­ciaux… C’est tou­jours ris­qué. Peu­têtre qu’on en fâ­che­ra cer­tains, peut-être qu’on per­dra des fol­lo­wers. Mais si on a quelque chose à dire, il faut par­ler. On m’a tou­jours en­cou­ra­gée à dire ce que je pen­sais, et je n’ai ja­mais craint les ré­per­cus­sions né­ga­tives que ça pour­rait avoir sur ma car­rière. J’es­père que ma fille s’ex­pri­me­ra haut et fort sur les su­jets qui lui tiennent à coeur.

DANS « # PIRE SOI­RÉE », LA COMÉDIE DE LUCIA ANIELLO AC­TUEL­LE­MENT AU CI­NÉ­MA, SCAR­LETT JO­HANS­SON DÉ­CHIRE. DANS LA VIE, L’AC­TRICE MET SA CÉLÉBRITÉ – ET SON CER­VEAU – AU SER­VICE DES CAUSES QUI LA TOUCHENT LE PLUS.

Ivan­ka Trump a an­non­cé qu’elle pré­fé­rait taire ses po­si­tions per­son­nelles… Je ne lui de­mande pas de par­ta­ger ses opi­nions sur tel ou tel su­jet ! Mais elle est em­ployée par le gou­ver­ne­ment et on ne sait rien de ce qu’elle pense, des causes qu’elle dé­fend. J’ima­gine que c’est com­pli­qué, peu­têtre qu’elle a peur de son père. Mais il faut qu’elle ait un peu de cou­rage, qu’elle prenne po­si­tion pour une cause qui la touche. N’im­porte la­quelle, mais qu’elle s’en­gage !

Qu’est-ce qui, se­lon vous, met les gens le plus mal à l’aise, au­jourd’hui ? Quand les femmes disent qu’elles aiment le sexe. C’est dingue qu’en af­fir­mant quelque chose de si na­tu­rel, on soit la­bel­li­sée « fille fa­cile », sans mo­rale, in­ca­pable d’être fi­dèle. Par­ler de se faire plai­sir, c’est tou­jours un ta­bou.

Vous avez évo­qué un en­ga­ge­ment pos­sible en po­li­tique, un jour. En­cou­ra­gez-vous les filles à faire de même ? Oui ! Je ren­contre plein de femmes en­ga­gées, mais elles le sont en tant qu’as­sis­tantes ou conseillères… Je vou­drais les voir sur le de­vant de la scène. J’aime ce qui se passe en ce mo­ment, j’ai l’im­pres­sion que pour cer­taines per­sonnes qui n’étaient pas par­ti­cu­liè­re­ment in­té­res­sées par la po­li­tique, il y a eu un dé­clic. Notre époque nous offre des op­por­tu­ni­tés : j’es­père que nous les sai­si­rons.

« # Pire Soi­rée », film de Lucia Aniello, avec Scar­lett Jo­hans­son, Kate McKin­non, Jillian Bell.

Coif­fure Mark Town­send pour Dove Hair Care. Ma­quillage Fran­kie Boyd avec Cha­nel Les Beiges. Ma­nu­cure Mei Ka­wa­ji­ri pour Orme Square. Robe Zac Po­sen, b.o. Ilea­na Ma­kri, col­lier Da­vid Yur­man, bra­ce­lets Car­tier, bague per­so.

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