Vie de bu­reau : la faim de la pause dé­jeu­ner

Ce n’est pas la fin de la pause dé­jeu­ner. En re­vanche, elle a ten­dance à être mal­trai­tée : trop ra­pide, trop su­crée, trop grasse. Et si on nour­ris­sait mieux ce mo­ment, si im­por­tant pour une jour­née de tra­vail réus­sie.

Courrier Cadres - - SOMMAIRE - Par In­no­cen­tia Agbe.

Pour­quoi le temps que vous consa­crez à votre pause dé­jeu­ner in­té­resse tant ? “Les sa­la­riés ne prennent plus le temps de dé­jeu­ner cor­rec­te­ment au tra­vail”, “c’est symp­to­ma­tique d’une so­cié­té où tout va trop vite”… Est-ce si grave d’y consa­crer moins de temps afin d’en ga­gner pour se concen­trer sur son tra­vail ? “Pour nous, la pause dé­jeu­ner est in­dis­so­ciable de la qua­li­té de vie au tra­vail”, ex­plique Ca­ro­line Rome, res­pon­sable du pôle san­té, bien vivre de No­vé­qui­libres* et membre du co­mi­té édi­to­rial de “la­qvt.fr”, site In­ter­net sur la qua­li­té de vie au tra­vail. “Il existe un tel mal-être au­jourd’hui. Cer­taines per­sonnes se disent que ce n’est ja­mais le mo­ment. Alors qu’il est im­por­tant dans une jour­née de tra­vail d’être dans ces mo­ments de plai­sir.” Plu­sieurs en­tre­prises ont donc dé­ci­dé de prendre le su­jet à bras-le-corps, no­tam­ment en condui­sant des en­quêtes afin de faire le point sur la si­tua­tion. Dif­fé­rentes études existent sur le temps consa­cré par les sa­la­riés à leur pause dé­jeu­ner. Du cô­té d’Eden­red**, qui a me­né une en­quête au­près de 2 500 de ses sa­la­riés à tra­vers 14 pays, c’est en France que les col­la­bo­ra­teurs y consacrent le plus de temps, plus de 45 mi­nutes, comme au Bré­sil. Mais pour Ca­ro­line Rome, le plus im­por­tant n’est pas “la quan­ti­té”, mais “la qua­li­té”. La ques­tion est, com­ment mangez-vous au tra­vail ?

VOIR LA LU­MIÈRE

Car vos mau­vaises ha­bi­tudes, comme celle de man­ger de­vant votre bu­reau par exemple, vous font plus de mal que vous ne le pen­sez. Ain­si, faire une vraie pause est un moyen de dé­clen­cher un cercle ver­tueux. “Ce­la per­met de prendre du re­cul par rap­port à la charge de tra­vail, de re­ve­nir avec un oeil neuf. Quand on a plus de dis­tance, on est plus à même de ju­ger les prio­ri­tés”, ex­plique Ca­ro­line Rome. Vous obli­ger à sor­tir, pour­rait

même amé­lio­rer la qua­li­té de votre som­meil. “C’est aus­si un mo­ment où l’on de­vrait prendre de la lu­mière. Nous avons une hor­loge bio­lo­gique qui nous rythme sur 24 heures et plus on va en cap­ter à l’heure du dé­jeu­ner, plus on ar­ri­ve­ra à avoir les bons ré­flexes pour dor­mir”. Il s’agit donc de pro­fi­ter du mo­ment de la jour­née où le so­leil est au zé­nith, même les jours de mau­vais temps. La vi­gi­lance ne s’ar­rête pas là. Puis­qu’il y a en­suite ce

que vous mangez. “La pro­blé­ma­tique de la pause dé­jeu­ner est qu’elle est aus­si le re­flet des bonnes ou mau­vaises ha­bi­tudes dans la vie pri­vée: gri­gno­ter, man­ger trop gras ou de ma­nière non adap­tée à ses condi­tions de tra­vail”, ex­plique Anne-So­phie Godon, di­rec­trice in­no­va­tion du Comp­toir MM de la nou­velle en­tre­prise (créé par Ma­la­koff Mé­dé­ric pour ac­com­pa­gner la pro­tec­tion et le dé­ve­lop­pe­ment du ca­pi­tal hu­main des en­tre­prises).

FRUITS ET COA­CHING

Les en­quêtes réa­li­sées au ni­veau na­tio­nal par Ma­la­koff Mé­dé­ric montrent no­tam­ment qu’un

sa­la­rié sur deux gri­gnote au tra­vail. “Et quand on pose la ques­tion de sa­voir s’ils font at­ten­tion à leur équi­libre ali­men­taire, un peu moins de 7 sur 10 ré­pondent oui.” Il y a donc quand même une cer­taine prise de conscience. “On peut bien man­ger de fa­çon ra­pide et in­tel­li­gente, as­sure Ca­ro­line Rome. Il faut pri­vi­lé­gier les sucres lents et les pro­téines pour être ef­fi­cace”. Par exemple, choi­sir un pain com­plet pour votre sand­wich plu­tôt qu’un pain blanc qui ne contient pas le bon type de sucres. “Les sucres ra­pides ne sont pas un ali­ment de l’éner­gie comme cer­tains peuvent le croire.” Des connais­sances peut-être un peu ou­bliées et qui pour­tant per­met­traient de mieux pro­fi­ter de sa pause dé­jeu­ner. Les en­tre­prises sont aus­si des ac­teurs de ce chan­ge­ment. Chez Eden­red par exemple, ce­la passe par la mise à dis­po­si­tion de ser­vices et pro­duits aux sa­la­riés comme l’ex­plique Vic­tor Ge­nin, di­rec­teur RSE. La so­cié­té pro­pose par exemple des pa­niers de fruits ou en­core des ser­vices de coa­ching ali­men­taire. *Ca­bi­net­de­con­sul­tant­sen­qua­li­té­de­vieau­tra­vail. **L’en­tre­pri­seE­den­red,in­ven­teur­duTi­cketRes­tau­rant,ests­pé­cia­li­sée­dans­les­ser­vi­ces­pré­payé­sauxen­tre­prises.

ILESTIMPORTANT DANSUNEJOURNÉEDE TRA­VAIL D’ ÊTRE DANS CESMOMENTS DEPLAISIR.

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