Ma­na­gers, devenez in­tra­pre­neurs !

J’ai dé­jà eu l’oc­ca­sion de dif­fé­ren­cier l’en­tre­pre­neur­ship, du lea­der­ship et du ma­na­ge­ment. Mais qu’en est-il de l’in­tra­pre­neur­ship ? La fonc­tion de ma­na­ger n’a plus de li­mites, c’est à croire que vous al­lez de­voir cu­mu­ler toutes les com­pé­tences com­por­tem

Courrier Cadres - - SOMMAIRE - Par Em­ma­nuel To­niut­ti, fon­da­teur de l’In­ter­na­tio­nal Ethics Con­sul­ting Group.

Si l’en­tre­pre­neur­ship consiste à prendre sa vie en main pour la mo­de­ler li­bre­ment et si le lea­der­ship est la ca­pa­ci­té à se me­ner soi-même et les autres, l’in­tra­pre­neur­ship se dé­fi­nit comme la pos­si­bi­li­té de prendre sa vie en main à l’in­té­rieur de l’en­tre­prise. Cette di­men­sion ap­pelle à beau­coup de confiance en soi mais elle de­mande éga­le­ment beau­coup de confiance de la part de la hié­rar­chie vis-à-vis du ma­na­ger. “Je te donne ma confiance, je te de­mande d’être le plus créa­tif pos­sible, je te donne un bud­get que tu ne dois pas dé­pas­ser et je vé­ri­fie avec toi les pos­si­bi­li­tés de dé­ve­lop­pe­ment et de ges­tion que tu en­vi­sages”. Au­tre­ment dit, tu es libre d’agir pour prendre les bonnes dé­ci­sions dans un cadre préa­la­ble­ment dé­fi­ni. Jusque-là, tout ce­la semble le bon sens né­ces­saire à la bonne ges­tion et au bon dé­ve­lop­pe­ment de l’en­tre­prise. La dif­fé­rence entre l’en­tre­pre­neur et l’in­tra­pre­neur vient de ce que l’en­tre­pre­neur n’est li­mi­té que par lui-même alors que l’in­tra­pre­neur est li­mi­té par un autre (ac­tion­naire, hié­rar­chie…). L’en­tre­pre­neur est libre et ne rend des comptes qu’à lui-même. Or au­jourd’hui, l’en­tre­prise laisse croire à l’in­tra­pre­neur qu’il est libre alors qu’il ne l’est pas vrai­ment. Il reste “contrô­lé”, ce qui pa­raît la moindre des choses lors­qu’il s’agit de rendre des comptes à des in­ves­tis­seurs.

HO­RI­ZONS INSOUPÇONNÉS

Dans ce contexte, quelles sont donc les com­pé­tences at­ten­dues pour l’in­tra­pre­neur­ship ? La ma­tu­ri­té, la res­pon­sa­bi­li­té, le cou­rage, la pas­sion, la confiance et l’obéis­sance. Tout un pa­nel de ver­tus qui ne vient pas na­tu­rel­le­ment mais qui de­mande à être tra­vaillé, mû­ri, ré­flé­chi et ex­pé­ri­men­té. Com­bien de temps l’en­tre­prise dé­die-t-elle à la for­ma­tion de ses fu­turs in­tra­pre­neurs ? Com­bien de temps, vous ma­na­gers, consa­crez-vous au dé­ve­lop­pe­ment de votre liberté, de votre créa­ti­vi­té et de votre ca­pa­ci­té à rendre des comptes ? Il y a là un pa­ra­doxe car “pre­neur­ship” si­gni­fie prendre sa vie en main en étant libre ou pour de­ve­nir libre. L’en­tre­pre­neur le fait de l’ex­té­rieur de l’en­tre­prise, l’in­tra­pre­neur à par­tir de l’in­té­rieur de l’en­tre­prise. Pou­vons-nous toutes et tous de­ve­nir l’un ou l’autre ? Tout le monde a la ca­pa­ci­té à prendre sa vie en main si elle, ou il, agit dans le do­maine de com­pé­tence dans le­quel elle, ou il, ex­celle. Si ce n’est pas le cas, la tâche est im­pos­sible à réa­li­ser. Si c’est le cas, la porte s’ouvre vers de nou­veaux ho­ri­zons jusque-là insoupçonnés.

Em­ma­nuel To­niut­ti

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