QUAND LE MONT DE­VIENT UNE ÎLE

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Les tra­vaux gi­gan­tesques me­nés pour rendre son ca­rac­tère in­su­laire au Montsaint-mi­chel portent leurs fruits ! À son ex­tré­mi­té, la digue se trans­forme en pas­se­relle, de telle sorte qu’aux grandes ma­rées d’au moins 110 de co­ef­fi­cient, le Mont se trouve bel et bien en­tou­ré par les flots. Par ailleurs, un bar­rage do­té de vannes barre dé­sor­mais le Coues­non, re­te­nant ain­si d’im­por­tantes quan­ti­tés d’eau. À basse mer, les vannes s’ouvrent et le lâ­cher d’eau em­porte les vases et sé­di­ments ac­cu­mu­lés au pied du Mont. par­tant du Grouin-du-sud, so­leil dans le dos, la vue sur le Mont est tout sim­ple­ment somp­tueuse. Dé­part du bec d’an­daine donc, dans l’obli­ga­toire com­pa­gnie d’un guide. Pour­quoi obli­ga­toire ? Face à la flèche de l’ab­baye qui pointe à l’ho­ri­zon, de l’autre cô­té de l’im­men­si­té des grèves lais­sées à sec par la ma­rée, on peut se de­man­der où est le risque de se perdre. Une fois en route, il ne tar­de­ra pas à ap­pa­raître clai­re­ment, et on dé­cou­vri­ra que les dan­gers at­tri­bués à la baie n’ont rien d’une lé­gende.

AU BEAU MI­LIEU DE NULLE PART

Au dé­but, on va très vite, on marche pieds nus sur la vase dure, le cap sur Tombelaine. Au bout d’un quart d’heure, en se re­tour­nant pour ap­pré­cier la dis­tance par­cou­rue, quelle n’est pas la sur­prise de se dé­cou­vrir dé­jà, comme disent les An­glais, « au beau mi­lieu de nulle part » ? S’il fal­lait re­ve­nir au point de dé­part, sau­rait-on se di­ri­ger sur cette côte basse ? L’aven­ture com­mence ! Et le ro­cher de Tombelaine gran­dit à vue d’oeil, on en dis­tingue vite tous les dé­tails de la vé­gé­ta­tion et ce qu’on a lu à son su­jet re­vient à l’es­prit, ac­cen­tuant la hâte de s’y trou­ver : un sanc­tuaire de Bé­lé­nos, le dieu gau­lois ? et qui était cet er­mite qui y vé­cut dans les an­nées 1900 en se fai­sant ap­pe­ler mar­quis de Tombelaine ?

À l’al­ler comme au re­tour, il faut être ca­pable de sup­por­ter de mar­cher dans l’eau fraîche. Te­nue exi­gée : pieds nus ou chaus­sons de mer, short ou ber­mu­da. Pour le haut du corps, vê­te­ments bien chauds, sans ou­blier coupe-vent, gants, couvre-chef. Même en été.

Da­niel Qué­rel est notre guide de l’as­so­cia­tion Les che­mins de la baie. Carte à l’ap­pui, il ex­plique le pé­riple à ve­nir.

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