PHI­LIPPE HECQ

DU PAIN, DU BIO, DE LA SUEUR

Detours en France - - À Partir De Lyon -

Il a tra­vaillé quinze ans pour de grosses en­tre­prises (l’oréal, vente-pri­vee.com...). Cadre lo­gis­ti­cien dans la plaine de l’ain, ce Bruxel­lois ve­nu en France « à cause du ciel gris, là-bas » a eu jus­qu’à 800 per­sonnes sous sa res­pon­sa­bi­li­té. Jus­qu’au jour où, avec son épouse, il s’est de­man­dé si cette vie-là avait du sens. Et puis le pain, « la base de l’ali­men­ta­tion », a croi­sé son che­min. Il y a cinq ans, il a tout quit­té et ra­che­té une ferme équi­pée d’un mou­lin construit en 1571. De­puis, la nuit, il pé­trit la pâte – bio –, sous un ap­pen­tis ou­vert à tout vent. Son pain est ven­du dans une tren­taine de ma­ga­sins Bio­coop de la ré­gion.

Homme pas­sion­né, il a trans­for­mé une par­tie de la ferme en au­berge et tra­vaille ex­clu­si­ve­ment des pro­duits bio et de proxi­mi­té, grâce à un ré­seau d’autres pas­sion­nés ins­tal­lés sur l’isle-cré­mieu. Ses clients sont des lo­caux et des Lyon­nais, at­ti­rés par ces nou­veaux modes de consom­ma­tion. « Je suis pas­sé dans l’ar­ti­sa­nat lo­cal. Je ne tra­vaille qu’avec des gens très im­pli­qués, qui se battent et ne veulent pas faire de conces­sions. Et je trouve ce­la re­mar­quable », dit-il. Re­mar­quable mais pas tou­jours ai­sé car l’exi­gence a ses re­vers. Ce­lui qui vou­lait faire « quelque chose pour les autres et par­ta­ger ce­la au­tour de la nour­ri­ture » re­con­naît que « tous, ici, sont en souf­france, moi y com­pris. Le plus dur, c’est l’hu­main et d’ar­ri­ver à en­ga­ger der­rière soi des sa­la­riés sur la du­rée. » Une dis­ci­pline dont le client gour­mand, égoïs­te­ment, pro­fi­te­ra: sa table aus­si est re­mar­quable, vrai­ment.

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