– ANA­LYSE Rus­sie-Hon­grie : une tête de pont pou­ti­nienne au sein de l’UE

Diplomatie - - Éditorial - Mi­chaël Bret

L’in­fluence russe en Hon­grie struc­ture l’es­pace pu­blic et pro­fite de failles ré­centes du sys­tème de contre-es­pion­nage. Deux par­ti­cu­la­ri­tés hon­groises la li­mi­te­raient pour­tant en cas de crise grave : l’im­pos­si­bi­li­té d’une al­liance stable entre droite au­to­ri­taire et droite ra­di­cale ; la dé­pen­dance du pays et de sa classe po­li­tique aux fonds eu­ro­péens.

Lors­qu’on consi­dère l’in­fluence de la Rus­sie pou­ti­nienne en Hon­grie, force est tout d’abord de par­tir d’un constat : ce­lui de son im­mense suc­cès. Les do­maines où elle est pal­pable vont de la pa­role pu­blique aux sphères éco­no­mique et in­dus­trielle, mé­dia­tique, ins­ti­tu­tion­nelle, de la so­cié­té ci­vile, et à l’iden­ti­fi­ca­tion des en­ne­mis sym­bo­liques.

Dés­in­for­ma­tion dans la pa­role pu­blique

La pre­mière vi­site de Vik­tor Orbán après son re­tour au pou­voir en 2010 fut pour Vla­di­mir Pou­tine à Mos­cou. Au-de­là du sym­bo­lique et de l’anec­do­tique, la ma­té­ria­li­sa­tion la plus vi­sible du soft po­wer russe se constate d’abord dans la pa­role pu­blique. Les élé­ments de lan­gage concer­nant les dé­ve­lop­pe­ments in­ter­na­tio­naux sont re­pris sur la scène po­li­tique hon­groise par les deux plus grands par­tis, le Fi­desz d’Orbán et la pre­mière force d’op­po­si­tion de­puis les élec­tions eu­ro­péennes de 2014, le par­ti ex­tré­miste Job­bik. Qu’elles émanent of­fi­ciel­le­ment du Krem­lin ou de sites de dés­in­for­ma­tion, les thèses sont re­layées ra­pi­de­ment par les deux cô­tés de l’échi­quier (1).

Par exemple, dès les pre­miers jours des évé­ne­ments ukrai­niens de 2013, la classe po­li­tique hon­groise a re­layé la thèse

se­lon la­quelle les ma­ni­fes­tants de la place Maï­dan étaient des ter­ro­ristes payés par les États-Unis pour ren­ver­ser le Pre­mier mi­nistre pro­russe Vik­tor Ia­nou­ko­vitch. Der­niè­re­ment, les membres du Fi­desz re­pre­naient les ru­meurs pré­ten­dant que George So­ros et la fa­mille Clin­ton fo­men­taient une « ré­vo­lu­tion vio­lette » pour ren­ver­ser le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain. Le rap­port de la CIA concluant que la Rus­sie était in­ter­ve­nue pour ai­der l’élec­tion de Do­nald Trump était im­mé­dia­te­ment at­ta­qué. Les exemples abondent. Les deux plus grands par­tis hon­grois re­prennent d’ailleurs aus­si bien les mots que les thèses du Krem­lin de­puis une dé­cen­nie. La Rus­sie trouve au sein même de la classe po­li­tique eu­ro­péenne un re­lais par­ti­cu­liè­re­ment zé­lé.

Em­prise éco­no­mique

L’in­fluence russe en Hon­grie se tra­duit éga­le­ment sur le plan éco­no­mique. C’est sans doute ce qui trans­pa­raît le plus dans les jour­naux d’Eu­rope oc­ci­den­tale, en rai­son des deux grands dos­siers éner­gé­tiques du gaz et du nu­cléaire russes. L’en­jeu est fort pour la Hon­grie : en rai­son de l’hé­ri­tage des ins­tal­la­tions com­mu­nistes, le gaz re­pré­sente, se­lon le rap­port de l’In­ter­na­tio­nal Ener­gy Agen­cy Hun­ga­ry 2017 Re­view (p. 21), 44 % de l’éner­gie consom­mée par les mé­nages et 50 % de celle consom­mée par les com­merces, soit près de deux fois plus qu’en France. La Rus­sie en as­sure l’ap­pro­vi­sion­ne­ment à 95 % (p. 124). La re­la­tion avec l’Union eu­ro­péenne (UE) s’en trou­va af­fec­tée de ma­nière écla­tante lors de la crise ukrai­nienne, alors que l’Union avait dé­ci­dé de re­vendre le gaz im­por­té de Rus­sie à l’Ukraine pour contrer l’ac­tion de Mos­cou. Deux jours après la vi­site du PDG de Gaz­prom, la Hon­grie ces­sait la re­vente à l’Ukraine. De même, les règles eu­ro­péennes de mise en concur­rence ont été lar­ge­ment igno­rées lors de l’at­tri­bu­tion du contrat his­to­rique à Ro­sa­tom pour la construc­tion de nou­veaux ré­ac­teurs nu­cléaires en Hon­grie, sans pas­ser d’ap­pel d’offres. La Com­mis­sion eu­ro­péenne a fi­na­le­ment ap­prou­vé le contrat, mais dans des cir­cons­tances éton­nantes (2). Ce­lui-ci est aus­si as­sor­ti d’un em­prunt de 10 mil­liards d’eu­ros consen­ti par Mos­cou pour per­mettre au pays de payer le chan­tier. De com­mer­ciaux, les liens de­viennent ain­si beau­coup plus étroi­te­ment éco­no­miques, in­dus­triels et fi­nan­ciers. Et le grand chan­tier éner­gé­tique hon­grois de ce dé­but de siècle ac­croît en­core la dé­pen­dance à la Rus­sie au lieu de la di­mi­nuer.

Ré­forme illi­bé­rale des ins­ti­tu­tions

La tra­jec­toire au­to­ri­taire de la Hon­grie de­puis 2010 ponc­tue l’ac­tua­li­té eu­ro­péenne par la gêne de la Com­mis­sion et des pays d’Eu­rope oc­ci­den­tale qui ne savent com­ment ré­agir à chaque pas fait par la Hon­grie pour s’éloi­gner de la sé­pa­ra­tion des pou­voirs, des équi­libres dé­mo­cra­tiques et des prin­cipes fon­da­teurs de l’Union. L’his­toire di­ra si cette dynamique ré­pond seule­ment à des fac­teurs en­do­gènes de la vie po­li­tique

Le grand chan­tier éner­gé­tique hon­grois de ce dé­but de siècle ac­croît en­core la dé­pen­dance à la Rus­sie au lieu de la di­mi­nuer.

hon­groise ou si des in­fluences ex­té­rieures ont pe­sé. Mais deux choses sont avé­rées : Vik­tor Orbán a clai­re­ment an­non­cé ses in­ten­tions ain­si que son ad­mi­ra­tion pour la stra­té­gie me­née par Vla­di­mir Pou­tine dans son propre pays ; et la pratique illi­bé­rale de la Hon­grie em­prunte for­te­ment à l’exemple pou­ti­nien. En 2014, Vik­tor Orbán ex­pli­ci­tait sa pratique du pou­voir de­puis son re­tour, quatre ans au­pa­ra­vant. « Je crois pos­sible de construire un nou­vel État bâ­ti sur des fon­da­tions illi­bé­rales et na­tio­nales au sein de l’Union eu­ro­péenne. » La Rus­sie, la Tur­quie et la Chine s’im­posent sans li­bé­ra­lisme, et même sans dé­mo­cra­tie. Les ré­formes pas­sées illus­trent le dis­cours : ré­formes at­ta­quant la li­ber­té de la presse (2010), l’in­dé­pen­dance de la Cour consti­tu­tion­nelle (2011), la li­ber­té re­li­gieuse (2011), le Code élec­to­ral (2012), les li­ber­tés sur In­ter­net (2013), l’in­dé­pen­dance des uni­ver­si­tés (2013), le droit d’asile (2016). La liste et le style des ré­formes de Vla­di­mir Pou­tine de­puis 1999 et de Vik­tor Orbán de­puis 2010 sont sin­gu­liè­re­ment pa­ral­lèles (3).

Contrôle des mé­dias

La Rus­sie fut le pre­mier pays à consi­dé­rer le contrôle de l’in­for­ma­tion comme la qua­trième ar­mée après la terre, l’air et la ma­rine. Le contrôle des vec­teurs de dif­fu­sion mé­dia­tiques en Hon­grie est na­tu­rel­le­ment un le­vier d’ac­tion. Le por­tail in­ter­net VS.hu a ré­cem­ment re­cen­sé le ré­seau de dif­fu­sion de la pro­pa­gande russe en ligne, consti­tué de presque une cen­taine jour­naux et de blogs. Ces sites re­prennent sys­té­ma­ti­que­ment et lit­té­ra­le­ment les ini­tia­tives de dés­in­for­ma­tion (4).

Le gou­ver­ne­ment hon­grois n’est pas en reste. L’ex­pé­rience russe pour contrô­ler la presse a été en­core mise à pro­fit : les armes ad­mi­nis­tra­tives, éco­no­miques et lé­gales ap­pli­cables dans un pays de l’Union ont été mises en oeuvre. Ain­si, en oc­tobre 2016, le der­nier mé­dia d’op­po­si­tion de masse, le quo­ti­dien Néps­za­bad­ság, a sim­ple­ment dis­pa­ru des étals du jour au len­de­main. Il était ra­che­té quelques jours plus tard par l’un des membres de la garde la plus rap­pro­chée du Pre­mier mi­nistre hon­grois et la pu­bli­ca­tion re­pre­nait avec une ré­dac­tion re­nou­ve­lée (5). Il est ap­pa­ru que la ces­sa­tion su­bite était due à une dé­ci­sion ad­mi­nis­tra­tive, mais la mo­ti­va­tion de cette dé­ci­sion reste à ce jour in­con­nue. De­puis, les chaînes de té­lé­vi­sion et les quo­ti­diens de plus grande au­dience ne dif­fusent plus de ligne cri­tique de l’ac­tion du Fi­desz.

Les mé­dias de moindre ti­rage ne sont pas pour au­tant à l’abri et l’ef­fort de contrôle conti­nue : c’est l’arme éco­no­mique qui

est uti­li­sée. En no­vembre 2016, l’heb­do­ma­daire éco­no­mique de ré­fé­rence Fi­gye­lo (« Ob­ser­va­teur », fon­dé en 1957, ti­rage moyen de 7000 exem­plaires) ren­dait pu­blique une ten­ta­tive d’in­ti­mi­da­tion après avoir fait pa­raître une en­quête cri­tique du gou­ver­ne­ment sur les condi­tions de na­tio­na­li­sa­tion d’une banque com­mer­ciale. Le mois sui­vant, il était ra­che­té par une com­mis­saire du gou­ver­ne­ment (6). La ra­pi­di­té de cette opé­ra­tion s’ex­plique par la tac­tique éco­no­mique em­ployée : le boy­cott des an­nonces pu­bli­ci­taires. Ni les or­ga­nismes pu­blics, ni les en­tre­prises pos­sé­dées par l’État, ni même les en­tre­prises contrô­lées par les amis du Fi­desz ne pu­blient d’an­nonces dans le ma­ga­zine. La si­tua­tion fi­nan­cière s’est ag­gra­vée jus­qu’à af­fi­cher 20 % de pertes et une pro­cé­dure de li­qui­da­tion a été lan­cée. Le prix du ra­chat était res­té se­cret, mais il ap­pa­rut deux mois plus tard que l’offre de la com­mis­saire du gou­ver­ne­ment avait été la plus basse des offres faites. La même stra­té­gie de boy­cott pu­bli­ci­taire est em­ployée pour af­fai­blir d’autres or­ganes de presse, im­pri­més ou en ligne. Le site d’in­for­ma­tion cri­tique du gou­ver­ne­ment le plus no­table, in­dex.hu, est éga­le­ment sou­mis au même ré­gime, et une ten­ta­tive de ra­chat avait été lan­cée en avril 2017. Mais elle a fait long feu, car un homme d’af­faires op­po­sé au gou­ver­ne­ment, La­jos Si­mics­ka, avait si­gné avec le site un contrat lui oc­troyant un droit de veto sur toute vente du site. Ce­lui-ci était pour­tant, avec Árpád Ha­bo­ny, l’al­lié prin­ci­pal de Vik­tor Orbán pour contrô­ler les mé­dias dans la ligne du Fi­desz. Mais de­puis 2015, les deux hommes se sont frois­sés et leurs em­pires mé­dia­tiques ont di­ver­gé. D’autres pratiques sont mises en oeuvre pour fra­gi­li­ser et dis­cré­di­ter les or­ganes de presse les plus op­po­sés po­li­ti­que­ment, comme des di­rec­tives du par­ti pour in­ter­dire aux par­le­men­taires du Fi­desz de ré­pondre à leurs questions (7). Quant aux or­ganes de presse ré­gio­naux, tra­di­tion­nel­le­ment les plus lus par ceux qui consti­tuent le prin­ci­pal sou­tien élec­to­ral du Fi­desz, ils sont tous pro­prié­té de trois en­tre­prises amies du gou­ver­ne­ment et sont ef­fec­ti­ve­ment des clones les uns des autres (8) re­layant sans s’en ca­cher les élé­ments de lan­gage du par­ti.

La classe po­li­tique hon­groise re­pre­nant d’une part les élé­ments de dés­in­for­ma­tion du Krem­lin, et le pay­sage mé­dia­tique hon­grois étant d’autre part qua­si en­tiè­re­ment aux ordres du par­ti au pou­voir, l’ef­fet cu­mu­lé est par­ti­cu­liè­re­ment puis­sant. La Hon­grie sert ain­si de tête de pont pri­vi­lé­giée pour lé­gi­ti­mer et dis­sé­mi­ner les thèses du Krem­lin en Eu­rope. On peut même me­su­rer une amé­lio­ra­tion ré­cente de l’ef­fi­ca­ci­té et de la ra­pi­di­té avec les­quelles les ef­forts de dés­in­for­ma­tion sont re­layés dans les mé­dias hon­grois (9). Une par­ti­cu­la­ri­té ren­force en­core l’ef­fi­ca­ci­té de la pro­pa­gande russe : la confiance que place la po­pu­la­tion hon­groise dans les re­lais d’in­for­ma­tion al­ter­na­tifs, confiance hé­ri­tée par­tiel­le­ment des ca­naux d’in­for­ma­tion sous le ré­gime com­mu­niste, mais qui per­dure pour les nou­velles gé­né­ra­tions (10).

Guerre ad­mi­nis­tra­tive contre la so­cié­té ci­vile

Les or­ga­ni­sa­tions non gou­ver­ne­men­tales qui n’adoptent pas la ligne doc­tri­naire du gou­ver­ne­ment hon­grois étaient pres­su­rées de­puis 2010. Le trait s’est ren­for­cé et ils sont, de­puis l’épreuve de force en­ga­gée avec George So­ros, sys­té­ma­ti­que­ment dé­non­cés comme des agents de l’étran­ger et comme agis­sant contre l’in­té­rêt na­tio­nal. C’est, une dé­cen­nie plus tard, la stra­té­gie de Vla­di­mir Pou­tine ap­pli­quée en Hon­grie. À l’uni­ver­si­té d’été de son par­ti, Vik­tor Orbán ex­pli­quait en 2014 : « Ce ne sont pas des ONG qui s’op­posent à nous, mais des mi­li­tants po­li­tiques ré­mu­né­rés qui tentent d’im­po­ser des in­té­rêts étran­gers ici, en Hon­grie. » Dans le dis­cours, la dif­fé­rence d’opi­nion des ONG est rem­pla­cée par le soup­çon de mer­ce­na­riat et d’an­ti­pa­trio­tisme. Pour en­tra­ver en pratique leur ac­tion, il n’est pas pos­sible d’in­vo­quer le dé­lit d’opi­nion et ce sont plu­tôt les ou­tils ad­mi­nis­tra­tifs qui sont mis en oeuvre.

Par exemple, une ONG sou­mise à un contrôle fis­cal perd tem­po­rai­re­ment son nu­mé­ro de TVA in­tra­com­mu­nau­taire. Elle ne peut donc plus re­ce­voir de do­na­tions. Si des fonds eu­ro­péens lui étaient al­loués, ceux-ci ne peuvent plus non plus lui par­ve­nir. Et le contrôle peut s’éter­ni­ser.

L’ex­pres­sion en ligne de vues contraires aux po­si­tions du gou­ver­ne­ment de­vient éga­le­ment plus ris­quée : de­puis 2014, ou­vrir un simple blog re­quiert l’iden­ti­fi­ca­tion no­mi­na­tive et l’en­re­gis­tre­ment de l’adresse phy­sique de l’au­teur, et sou­met ce­lui-ci aux rè­gle­ments ap­pli­cables à la presse. Un blo­gueur doit donc s’ar­mer d’au­tant de pro­tec­tions (ad­mi­nis­tra­tives, lé­gales, fi­nan­cières) qu’un or­gane de presse s’il s’ap­prête à frois­ser un puis­sant.

Le re­jet des mi­no­ri­tés : une tâche par­ta­gée et po­li­ti­que­ment cli­vante qui li­mite l’em­prise russe

Comme pour d’autres pays d’Eu­rope cen­trale, l’in­fluence de Mos­cou s’est ma­té­ria­li­sée par une in­ter­ven­tion sur les deux plans de la vie po­li­tique : les par­tis de gou­ver­ne­ment, d’une part, pour re­layer son dis­cours sur la scène in­ter­na­tio­nale et re­cher­cher une lé­gi­ti­ma­tion ex­terne par des pays amis ; les grou­pus­cules vio­lents sou­te­nus en sous-main, fac­teurs de dé­sta­bi­li­sa­tion, d’autre part (11).

Vik­tor Orbán a clai­re­ment an­non­cé ses in­ten­tions ain­si que son ad­mi­ra­tion pour la stra­té­gie me­née par Vla­di­mir Pou­tine dans son propre pays ; et la pratique illi­bé­rale de la Hon­grie em­prunte for­te­ment à l’exemple pou­ti­nien.

Mais pour ob­te­nir ses suc­cès en Hon­grie, la Rus­sie a dû d’abord s’ac­com­mo­der d’une par­ti­cu­la­ri­té hon­groise : il existe une so­lu­tion de conti­nui­té entre droite au­to­ri­taire et droite ex­trême, qui em­pêche toute al­liance stable. En ef­fet, le pro­fil de Vik­tor Orbán et son pas­sé d’op­po­sant aux ex­cès du pou­voir com­mu­niste le font pas­ser pour un mo­dé­ré au­près de l’élec­to­rat qui a connu la dic­ta­ture. Son par­ti s’ap­puie sur une base po­pu­laire prin­ci­pa­le­ment âgée et non idéo­lo­gi­sée. À l’op­po­sé, les grou­pus­cules ul­tra­na­tio­na­listes trouvent leur al­lié na­tu­rel sur la scène po­li­tique dans le par­ti ou­ver­te­ment xé­no­phobe et an­ti­sé­mite Job­bik.

L’op­po­si­tion entre Fi­desz et Job­bik tient à plu­sieurs fac­teurs, gé­né­ra­tion­nels, so­cio-éco­no­miques, etc. Une rai­son idéo­lo­gique dé­rive d’une spé­ci­fi­ci­té de l’es­pace po­li­tique hon­grois : ce­lui-ci dis­tingue et op­pose deux formes de re­jet des mi­no­ri­tés. Les mi­no­ri­tés « de l’in­té­rieur » d’un cô­té, es­sen­tiel­le­ment les juifs et les Roms, et de l’autre, les mi­no­ri­tés de l’ex­té­rieur, les mu­sul­mans. Les par­tis Fi­desz et Job­bik s’op­posent sur ce point et fi­na­le­ment per­mettent de cou­vrir à eux deux le champ en­tier des mé­con­ten­te­ments. Fi­desz a spé­cia­li­sé son dis­cours dans le re­jet des en­ne­mis de l’ex­té­rieur, no­tam­ment lors des vagues de ré­fu­giés et de migrants de­puis 2015. Il se pro­clame pour­tant à l’oc­ca­sion dé­fen­seur des mi­no­ri­tés de l’in­té­rieur, af­fi­chant son hos­ti­li­té à toute forme d’an­ti­sé­mi­tisme ou de sen­ti­ment an­ti-rom. D’au­cuns y voient sur­tout une ma­nière de contrer les ac­cu­sa­tions d’in­to­lé­rance en s’op­po­sant po­li­ti­que­ment aux Job­bik tout en re­ven­di­quant de lut­ter contre le mul­ti­cul­tu­ra­lisme. À l’op­po­sé, Job­bik tient un dis­cours ou­ver­te­ment an­ti­sé­mite et an­ti-rom, re­pre­nant les sym­boles na­zis et de­man­dant le fi­chage sys­té­ma­tique des juifs pré­sents dans la banque et au Par­le­ment, mais re­cherche le sou­tien de ré­gimes au­to­ri­taires mu­sul­mans : les grandes fi­gures du par­ti s’af­fichent avec les lea­ders turcs et ira­niens, louant les qua­li­tés de l’is­lam (12).

Le ré­sul­tat de cette di­cho­to­mie spé­ci­fique entre droites au­to­ri­taire et ex­trême est que le conti­nuum des droites na­tio­na­listes que l’on peut ob­ser­ver dans d’autres pays d’Eu­rope cen­trale pré­sente un fos­sé in­fran­chis­sable, y com­pris pour le per­son­nel po­li­tique. Ain­si, la base large sur la­quelle s’ap­puie

La classe po­li­tique hon­groise re­pre­nant d’une part les élé­ments de dés­in­for­ma­tion du Krem­lin, et le pay­sage mé­dia­tique hon­grois étant d’autre part qua­si en­tiè­re­ment aux ordres du par­ti au pou­voir, l’ef­fet cu­mu­lé est par­ti­cu­liè­re­ment puis­sant.

usuel­le­ment l’in­fluence russe est tra­ver­sée par une op­po­si­tion forte qui rend en pratique im­pos­sible son uni­fi­ca­tion. Des al­liances de cir­cons­tance se sont ma­té­ria­li­sées de­puis le re­tour de Vik­tor Orbán au pou­voir en 2010, mais l’an­ta­go­nisme re­fait ra­pi­de­ment sur­face. Ain­si, au len­de­main du ré­fé­ren­dum d’oc­tobre 2016 sur l’im­mi­gra­tion, que le Pre­mier mi­nistre in­ter­pré­tait comme une écla­tante vic­toire mal­gré son in­va­li­di­té, le par­ti Job­bik a non seule­ment dé­non­cé son échec en re­pre­nant les ar­gu­ments de la presse eu­ro­péenne, mais est al­lé jus­qu’à de­man­der sa dé­mis­sion, ce que d’autres par­tis d’op­po­si­tion ne ré­cla­maient pas. De même, lorsque le Fi­desz ne pos­sé­dait pas en­core la ma­jo­ri­té suf­fi­sante au Par­le­ment pour s’as­su­rer l’adop­tion de ré­formes consti­tu­tion­nelles, le vote de Job­bik a plu­sieurs fois fait dé­faut. Les deux par­tis ont alors pa­ru aux ob­ser­va­teurs ex­té­rieurs comme à front ren­ver­sé, Job­bik em­pê­chant Fi­desz d’adop­ter des ré­formes telles que la li­mi­ta­tion de l’in­dé­pen­dance de la jus­tice, ou ren­voyant plus ré­cem­ment de­vant la Cour consti­tu­tion­nelle des lois contro­ver­sées telles que celle dite an­ti-CEU [acro­nyme an­glais pour Uni­ver­si­té d’Eu­rope cen­trale, éta­blis­se­ment fon­dé et sou­te­nu par George So­ros, NDLR].

Une éco­no­mie for­te­ment dé­pen­dante de Bruxelles

Le dis­cours an­ti-bruxel­lois de Fi­desz contraste sin­gu­liè­re­ment avec la ca­pa­ci­té du pays à bé­né­fi­cier des fonds eu­ro­péens. Le ni­veau de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique et in­dus­triel est lar­ge­ment su­pé­rieur à ce­lui des membres en­trés plus ré­cem­ment dans l’Union, et pour­tant le bé­né­fice net que re­tire la Hon­grie du bud­get de l’Union est de loin le plus avan­ta­geux : presque 6 % de la ri­chesse an­nuelle est re­çue de Bruxelles (13). Seuls deux autres pays sont entre 4 et 5 %, la Bul­ga­rie et la Li­tua­nie, les autres re­ce­vant pro­por­tion­nel­le­ment moins de la moi­tié (moins de 3 % de leur ri­chesse) ou ap­por­tant une contri­bu­tion nette au bud­get. Cette sin­gu­la­ri­té s’ex­plique en par­tie par l’ac­ti­visme des col­lec­ti­vi­tés lo­cales à se por­ter can­di­dates aux dif­fé­rents postes d’aide : co­fi­nan­ce­ment de struc­tures d’ac­cueil tou­ris­tique, équi­pe­ments pu­blics, or­ga­nismes de for­ma­tion, etc. Les seuls fonds de co­hé­sion contri­buent pour 3 % à 3,5 % au PIB. L’in­ten­si­té de ces can­di­da­tures s’ex­plique aus­si par la cor­rup­tion. L’ana­lyse des contrats de pas­sa­tion de mar­ché et de té­moi­gnages montre que des ac­cords entre élites po­li­tiques et éco­no­miques per­mettent de gon­fler les coûts des pro­jets co­fi­nan­cés par l’Union et d’en dé­tour­ner les sub­sides (14). Cette cor­rup­tion sys­té­ma­tique des fonds de l’Union a fait l’ob­jet de questions au Par­le­ment eu­ro­péen (voir no­tam­ment la ques­tion P-00667716 d’Ist­van Uj­he­lyi, 2 sep­tembre 2016) et de plu­sieurs scan­dales (no­tam­ment ce­lui concer­nant la ligne M4 du mé­tro de Bu­da­pest). Mais le sys­tème per­siste. Comme nous l’avons vu, le dis­cours russe an­ti-UE est re­pris par les élites hon­groises, sou­vent dans les termes

mêmes éla­bo­rés par Mos­cou. Mais der­rière les pro­pos eu­ro­phobes des élites po­li­tiques se dis­si­mulent deux fac­teurs de dé­pen­dance à l’UE : pour cer­tains, un in­té­rêt di­rect en frau­dant l’Union ; pour tous, la conscience que, dans un pays où la crois­sance est stag­nante et les in­ves­tis­se­ments ex­té­rieurs rares, la sta­bi­li­té so­ciale est for­te­ment dé­pen­dante de ses trans­ferts. La di­cho­to­mie entre dis­cours et in­té­rêts est sou­te­nable tant que l’ap­par­te­nance à l’UE est ac­quise. Mais dans le cas d’une crise grave, quelle pente la classe po­li­tique hon­groise sui­vrait-elle ? Celle de l’in­fluence idéo­lo­gique ou celle de l’in­té­rêt éco­no­mique ? De même, les ef­forts de pro­pa­gande et de dés­in­for­ma­tion sont pa­reille­ment re­layés par les deux en­ne­mis ir­ré­con­ci­liables du jeu po­li­tique. Mais cet équi­libre ré­sis­te­rai­til à une mon­tée des ten­sions en Eu­rope cen­trale ?

De nou­velles forces pro­russes

Les der­nières ini­tia­tives russes en Hon­grie sou­lignent néan­moins une force re­nou­ve­lée. La ca­pa­ci­té d’ac­tion en cas de troubles ne dé­pend pas du nombre d’agents sous pas­se­port di­plo­ma­tique dé­pen­dant du ser­vice de ren­sei­gne­ment mi­li­taire (GRU). La fa­cul­té de per­tur­ber les ser­vices pu­blics, de pro­vo­quer des émeutes ou de me­ner des coups de main dé­pend plu­tôt de la qua­li­té et du nombre des agents dor­mants. La Rus­sie de 1988 et 1989 en avait pré­ci­pi­tam­ment ins­tal­lé le plus grand nombre pos­sible en pres­sen­tant l’in­évi­ta­bi­li­té de la tran­si­tion dé­mo­cra­tique en Eu­rope cen­trale. Mais cette gé­né­ra­tion est dé­sor­mais près de la re­traite. En Hon­grie, une belle oc­ca­sion de ré­gler cette ques­tion de re­nou­vel­le­ment gé­né­ra­tion­nel a été of­ferte ces der­nières an­nées par un pro­gramme très opaque de dé­li­vrance de per­mis de ré­si­dence ( Hun­ga­rian Re­si­den­cy Bond Pro­gram). Trans­pa­ren­cy In­ter­na­tio­nal avait ré­vé­lé, dans un rap­port de Bol­diz­sar Na­gy pu­blié en no­vembre 2016 et in­ti­tu­lé In whose in­ter­est? Sha­dows over the Hun­ga­rian re­si­den­cy bond pro­gram, qu’il était construit et gé­ré par quelques dé­pu­tés, et opé­rait pour le pro­fit d’un nombre res­treint d’in­di­vi­dus in­fluents dans les pays bé­né­fi­ciaires, en par­ti­cu­lier en Chine et en Rus­sie.

Le sys­tème fonc­tionne sur la base de so­cié­tés d’in­ves­tis­se­ment off­shore fac­tu­rant des com­mis­sions al­lant jus­qu’à 30 %, et ne laisse que 30 jours aux ser­vices hon­grois pour ef­fec­tuer des re­cherches sur les de­man­deurs de per­mis de ré­si­dence. Il se pré­sente donc comme l’ou­til idéal pour à la fois cor­rompre les dé­ci­deurs po­li­tiques hon­grois et im­plan­ter les agents dor­mants. Le sys­tème rap­pelle le scan­dale de « l’usine à vi­sas » mon­tée à Mos­cou par un an­cien di­plo­mate hon­grois, Szilárd Kiss. Le consu­lat, entre 2013 et 2015, dé­li­vrait par son en­tre­mise des vi­sas contre bak­chich (jus­qu’à 80 000 eu­ros par vi­sa) aux membres de la pègre russe et des ser­vices se­crets (15). Ces deux ca­naux d’en­trée posent aux ser­vices de contre-es­pion­nage des dé­fis ma­jeurs.

Ain­si, si l’in­fluence russe en Hon­grie est li­mi­tée par la si­tua­tion éco­no­mique au sein de l’UE et les ten­sions au sein de la droite, elle a éga­le­ment su re­cons­ti­tuer ses forces.

Si l’in­fluence russe en Hon­grie est li­mi­tée par la si­tua­tion éco­no­mique au sein de l’UE et les ten­sions au sein de la droite, elle a éga­le­ment su re­cons­ti­tuer ses forces.

ana­lysePar Mi­chaël Bret, éco­no­miste, pré­sident de Par­ti­tus Con­sul­ting, en­sei­gnant (Sciences Po, Inal­co – Langues’O), di­plô­mé de l’ENSAE et de Pa­ris School of Eco­no­mics.Pho­to ci-des­sus :Bu­da­pest, le 2 fé­vrier 2017, Vla­di­mir Pou­tine et le Pre­mier mi­nistre hon­grois, Vik­tor Orbán. À l’ins­tar de cer­tains di­ri­geants eu­ro­péens, ce der­nier plaide pour la le­vée des sanc­tions im­po­sées par l’UE à la Rus­sie en 2014 en ré­ponse à la crise ukrai­nienne, mais sans tou­te­fois fran­chir la ligne rouge qui consis­te­rait à vo­ter contre. Le Pre­mier mi­nistre hon­grois, consi­dé­ré comme un des prin­ci­paux al­liés de V. Pou­tine au sein de l’UE, avait été en fé­vrier 2015 le pre­mier chef d’État ou de gou­ver­ne­ment eu­ro­péen à re­ce­voir le pré­sident russe après le rat­ta­che­ment de la Cri­mée à la Rus­sie. (© Krem­lin.ru)

Pho­to ci-des­sus :Le 16 fé­vrier 2016, la ren­contre entre Vla­di­mir Pou­tine etVik­tor Orbán a clai­re­ment mar­qué la dé­pen­dance de la Hon­grie vis-à-vis de Mos­cou. Le pré­sident russe a rap­pe­lé à cette oc­ca­sion que 75 % des li­vrai­sons de pé­trole et 65 % des li­vrai­sons de gaz en Hon­grie pro­ve­naient de Rus­sie, V. Orbán confir­mant que ces im­por­ta­tions étaient vi­tales pour son pays. La Hon­grie et la Rus­sie sont aus­si liées de­puis 2014 par un prêt contro­ver­sé pour la construc­tion par les Russes de deux nou­veaux ré­ac­teurs à la cen­trale nu­cléaire de Paks, près de Bu­da­pest, des­ti­nés à rem­pla­cer les quatre ac­tuel­le­ment en fonc­tion sur le site, construits dans les an­nées 1980 et qui as­surent la moi­tié de la pro­duc­tion na­tio­nale d’élec­tri­ci­té. Le chan­tier doit com­men­cer en 2018 et le pre­mier ré­ac­teur en­tre­rait en ser­vice en 2023. (© Krem­lin.ru)

Pho­to ci-contre :Le siège so­cial du par­ti po­li­tique Union ci­vique hon­groise, le Fi­desz, à Sze­ged, en Hon­grie, au pou­voir der­rière Vik­tor Orbán de­puis 2010. Le Fi­desz, qui dé­tient la ma­jo­ri­té des deux tiers au Par­le­ment, suit le rythme des chan­ge­ments im­po­sé par son lea­der. Des ré­formes contro­ver­sées de la Consti­tu­tion, des mé­dias, de la jus­tice et du sys­tème élec­to­ral sont adop­tées à la hus­sarde. V. Orbán a ren­for­cé le contrôle sur les ONG et prô­né la mise en place d’un État « illi­bé­ral », ci­tant en exemple la Chine et la Rus­sie. (© Shut­ter­stock)

Pho­to ci-des­sous :Le 4 juin 1920, la cé­ré­mo­nie de si­gna­ture du trai­té de Tria­non. À l’avant, en haut-de-forme, Ágost Benárd, chef de la dé­lé­ga­tion hon­groise, pas­sant de­vant un pi­quet d’hon­neur à Ver­sailles. Puis­sance vain­cue de la Pre­mière Guerre mon­diale, la Hon­grie perd avec ce trai­té deux tiers de son ter­ri­toire et la moi­tié de sa po­pu­la­tion. Presque un siècle après sa si­gna­ture, il pose tou­jours de nom­breux pro­blèmes avec les mi­no­ri­tés hon­groises pré­sentes dans les pays li­mi­trophes et est vé­cu par les Hon­grois comme une in­juste spo­lia­tion. Cette cause mé­mo­rielle consti­tue une im­por­tante arme de mobilisation po­li­tique. LeFi­desz a fait du 4 juin le Jour de l’uni­té na­tio­nale, pour réunir sym­bo­li­que­ment la na­tion sé­pa­rée. (© DR)

Notes(1) I. Tray­nor et S. Wal­ker, « Rus­sian re­sur­gence: how the Krem­lin is ma­king its pre­sence felt across Eu­rope »,The Guar­dian, 16 fé­vrier 2016.(2) C. Oli­vier et N. Hirst, « EU ap­provesHun­ga­ry nu­clear deal amid Oet­tin­ger contro­ver­sy », Po­li­ti­co, 17 no­vembre 2016.(3) FIDH, Hun­ga­ry: de­mo­cra­cy un­der threat, no 684a, no­vembre 2016, et B. No­vak, « Hu­man Plat­form pa­ne­lists com­pareOr­ban’s Hun­ga­ry to Pu­tin’s Rus­sia », The Bu­da­pest Bea­con, 11 fé­vrier 2015.(4) Bá­tor­fy At­ti­la et Szán­thó Zsuz­sa,« [Voix russes et hon­groises] », VS.hu,7 avril 2016 (https://vs.hu/ko­ze­let/ osszes/bi­va­ly­basz­na­di-al­hir­val­lal­ko­zok-eso­ros­zors­zag(5) M. Du­nai, S. Nas­ral­la, « Or­ban al­lies tigh­ten me­dia grip ahead of Hun­ga­ry elec­tion », Reu­ters, 6 dé­cembre 2016.(6) Voir no­tam­ment : C. Kesz­the­lyi, « Gov’t com­mis­sio­ner buys week­ly Fi­gye­lo », Bu­da­pest Bu­si­ness Jour­nal, 6 dé­cembre2016 et « [Ils avaient tous of­fert plus àFi­gye­lo que Ma­ry Sch­midt] », Ma­gyarNe­met, 16 fé­vrier 2017 (https://mno. hu/me­dia/min­den­ki-tob­bet-ajan­lott-afi(7) B. No­vak, « Fi­desz MPs to boy­cottSi­mics­ka “op­po­si­tion” me­dia out­lets »,The Bu­da­pest Bea­con, 17 mars 2015.(8) D. Ré­nyi, « [Ce n’est pas du jour­na­lisme, c’est une arme lourde po­li­tique] », 444. hu, 18 mai 2017 (https://tl­dr.444. hu/2017/05/18/fi­desz­me­dia).(9) P. Er­dé­lyi, « [Les mé­dias pu­blics hon­grois in­tro­duisent la pro­pa­gande de guerre russe telle qu’écrite àMos­cou] », 444.hu, 16 dé­cembre 2016 (https://444.hu/2016/12/16/ama­gyar(10) Zs. Csa­ky, G. Rom­sics, « The Num­bers Game in the Age of In­for­ma­tion War­fare »,In Bet­ween Eu­rope, 14 août 2017.(11) A. Juhász, L. Gyo­ri, P. Krekó,A. Dez­so, “I am Eu­ra­sian”, The Krem­lin connec­tions of the Hun­ga­rian far-right,Po­li­ti­cal Ca­pi­tal et SDI, mars 2015.(12) C. Léo­tard, « Une ex­trême droite qui n’exècre pas l’is­lam », Le Monde di­plo­ma­tique, avril 2014.(13) J. Browne, P. John­son, D. Phil­lips,The Bud­get or the Eu­ro­pean Union: a guide, Londres, IFS Brie­fingNote BN181, avril 2016, p. 43.(14) M. Fa­ze­kas, L. P. King, I. J. Tóth, Hid­den Depths. The Case of Hun­ga­ry, ERCASWor­king Pa­per, no 36, août 2013.(15) C. Tóth, « Hun­ga­rian consu­late in Mos­cow sup­plied EU vi­sas to pros­ti­tutes and cri­mi­nals », The Bu­da­pest Sen­ti­nel, 23 mars 2015.

Pho­to ci-des­sus :Le 2 fé­vrier 2017, quelques mil­liers de per­sonnes ma­ni­festent dans les rues de Bu­da­pest pour pro­tes­ter contre la vi­site du pré­sident russe. Vik­tor Orbán est ac­cu­sé par ses op­po­sants de trop se rap­pro­cher de la Rus­sie. Ce rap­pro­che­ment peut pa­raître sur­pre­nant eu égard au pas­sé du Pre­mier mi­nistre hon­grois, qui s’est fait connaître et élire sur un slo­gan « De­hors les Russes ! » à l’époque où, dans l’op­po­si­tion, il consi­dé­rait ceux qui né­go­ciaient avec Mos­cou comme des traîtres. (© AFP/Fe­renc Is­za)

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