LE PRIN­TEMPS

HARMONISEZ L’IM­PA­TIENCE ET LA PER­SÉ­VÉ­RANCE

Esprit Veggie - - Sommaire - PAR PA­ME­LA WE­BER*

L’éner­gie re­monte! Les cuis­sons à la va­peur conviennent à mer­veille.

Le prin­temps est la sai­son de l’éveil,

le ma­tin de l’an­née. Son éner­gie est as­cen­dante, une as­pi­ra­tion vers le so­leil et sa cha­leur, sa force vi­tale. Pen­sez aux jeunes pousses : quand vous les voyez pour la pre­mière fois, de cou­leur verte fraîche, elles ont dé­jà fait du che­min dans le noir, sous la terre, pour s’en­ra­ci­ner et mon­ter vers la lu­mière. Les jeunes plantes dites « pri­meurs » sont rem­plies de ma­cro et de mi­cro­nu­tri­ments et ren­ferment aus­si une forme d’éner­gie vi­tale, le pra­na, dont parlent les yo­gis.

L’ali­men­ta­tion au prin­temps s’al­lège

par rap­port à celle de l’hi­ver, car le corps n’a plus be­soin de sto­cker des ca­lo­ries pour se te­nir au chaud, même si la fraî­cheur des tem­pé­ra­tures nous rap­pelle que le corps conti­nue à avoir be­soin de cha­leur.

Comme l’éner­gie du prin­temps est as­cen­dante,

la va­peur chaude est une forme de cuis­son qui lui cor­res­pond à mer­veille. L’éner­gie de la va­peur monte vers le haut, tra­ver­sant les ali­ments qui re­posent dans un pa­nier troué au-des­sus de la sur­face de l’eau. Avec une cuis­son à la va­peur, vous équi­li­brez l’éner­gie d’un lé­gume comme la ca­rotte par exemple, qui pousse vers le bas, en lui ap­por­tant le mou­ve­ment et la cha­leur as­cen­dante de la va­peur.

Cette cui­sine lé­gère va ai­der le corps à lâ­cher les ré­serves éner­gé­tiques

dont il n’a plus be­soin puisque la nour­ri­ture fraîche de­vient ac­ces­sible à nou­veau. La cui­sine à la va­peur agit no­tam­ment sur le foie, l’or­gane à l’hon­neur au prin­temps se­lon la mé­de­cine chi­noise. Vé­ri­table usine de fil­tra­tion et de pro­duc­tion, le foie joue un rôle cen­tral dans la san­té au quo­ti­dien. S’il est trop char­gé, il dé­pose dans le corps, sous forme de cel­lu­lite, la ma­tière qu’il n’ar­rive pas à trai­ter. Une sur­charge pon­dé­rale rend le mou­ve­ment plus dif­fi­cile, alors que c’est le mou­ve­ment qui est le propre de l’éner­gie prin­ta­nière.

Le men­tal peut connaître des pics d’im­pa­tience

au prin­temps si les choses ne se font pas au rythme sou­hai­té. Pen­sez à la frus­tra­tion quand les beaux jours tardent à ve­nir ou quand, même sous le so­leil, les tem­pé­ra­tures clé­mentes ne sont pas au ren­dez-vous! Dans la mé­de­cine chi­noise, l’im­pa­tience est un symp­tôme d’un foie en ex­cès d’éner­gie. Notre ali­men­ta­tion peut donc par­ti­ci­per à har­mo­ni­ser l’éner­gie du prin­temps. Pour contre­car­rer les pics d’im­pa­tience et de frus­tra­tion,

n’ou­bliez pas de prendre quelques mo­ments de ré­flexion en gra­ti­tude avant de com­men­cer chaque re­pas : ce­la vous per­met­tra de culti­ver la pa­tience et la per­sé­vé­rance, des qua­li­tés chères à la pra­tique du yo­ga et im­por­tantes dans chaque ins­tant du quo­ti­dien. Et pour­quoi pas dé­co­rer votre table – et même votre as­siette – avec des fleurs, afin de vous ou­vrir à ce que le prin­temps peut vous of­frir de lé­gè­re­té et de beau­té ?

Fon­da­trice du centre NATA (Pa­ris 20ème), Pa­me­la We­ber a pu­blié Yo­ga Food (Man­go, 2016). Son deuxième livre, Re­nouer avec le rythme des sai­sons, vient de pa­raître chez Rus­ti­ca.

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