COUR­RIERS DES LEC­TEURS

Esprit Yoga - - Sommaire -

J'ai 48 ans et je tra­vaille comme ad­joint

tech­nique dans une com­mune. C'est un tra­vail phy­sique avec de la ma­nu­ten­tion dès 7h du ma­tin. Qu'il fasse froid ou chaud, il faut être prêt et dis­po­nible. Je pra­tique le ha­tha yo­ga de­puis huit ans et la mé­di­ta­tion. Le ma­tin je me lève à 5h30 pour ré­veiller mon corps et mon es­prit par des mou­ve­ments d’as­sou­plis­se­ment et des sa­lu­ta­tions au so­leil. Le soir je fais des asa­nas et de la mé­di­ta­tion. Je dois dire que ma pra­tique me rend ou­vert, vo­lon­taire et calme. Je suis moins ma­lade que mes col­lègues et je me blesse aus­si moins. Ce se­rait in­té­res­sant et ori­gi­nal de consa­crer un dos­sier sur le yo­ga dans les mé­tiers ma­nuels. Pour­riez-vous l'en­vi­sa­ger ?

Alain. C’est une ex­cel­lente sug­ges­tion Alain et nous al­lons y ré­flé­chir. En ef­fet nous avons dé­jà par­lé plu­sieurs fois du yo­ga dans le monde du tra­vail, mais tou­jours en ré­fé­rence aux cadres et em­ployés d’en­tre­prise, dont les prin­ci­paux sou­cis sont le stress et la sé­den­ta­ri­té. Il se­ra in­té­res­sant d’ex­plo­rer cette autre fa­cette de la vie pro­fes­sion­nelle, car le tra­vail ma­nuel ap­porte d’autres pro­blèmes et d’autres contraintes.

Je sou­haite faire un com­men­taire au su­jet de la mé­thode Cur­vy Yo­ga fon­dée par An­na Guest­jel­ley (ar­ticle Yo­ga XL, Es­prit Yo­ga 33), dont je suis

la seule pro­fes­seure de Yo­ga cer­ti­fiée en France. Ni obèse ni cur­vy, j’ai tou­jours eu une re­la­tion dif­fi­cile avec l’ac­cep­ta­tion de mon corps, avec la nour­ri­ture aus­si. C’est le lan­gage uti­li­sé par An­na et le mes­sage qu’elle trans­met qui m’ont sé­duit. Elle a créé Cur­vy Yo­ga au dé­part pour les ronds, mais elle s’est vite aper­çue que d’autres (les minces) ve­naient à ses cours parce qu’ils s’y sen­taient ac­cueillis dif­fé­rem­ment et qu’ils s’y sen­taient plus à l’aise.

Anne J'ai trou­vé le dos­sier sur la force dans Es­prit Yo­ga 33 ex­tra­or­di­naire : des mots, des ré­cits qui ont in­ten­sé­ment fait écho à mon propre pas­sé : po­ly­trau­ma­ti­sée après un ac­ci­dent de ski sur­ve­nu

à 22 ans, dans le co­ma pen­dant quatre mois, je suis re­ve­nue pro­gres­si­ve­ment à la vie par et avec le yo­ga. Une dé­cen­nie a été né­ces­saire pour re­trou­ver (presque) toutes mes ca­pa­ci­tés, pour don­ner la vie par trois fois. C'est en­core dans le yo­ga que j'ai pui­sé la force et l'éner­gie pour sur­mon­ter le dé­cès de mon

unique frère et pour éle­ver sa fille or­phe­line. Une nou­velle épreuve sur­vien­dra l'an­née sui­vant avec la nais­sance d'une fille en si­tua­tion de han­di­cap. J'ai même sui­vi une for­ma­tion de pro­fes­seur pour être mieux équi­pée pour ai­der notre fille au quo­ti­dien (elle a 12 ans main­te­nant) dans son dé­ve­lop­pe­ment, pour main­te­nir la sta­bi­li­té, l'équi­libre et l'har­mo­nie de toute la fa­mille. Avec, dans les mo­ments les plus sombres et dif­fi­ciles, une pe­tite phrase de notre gou­rou en tête : « de la friction naît la lu­mière ».

Lau­rence Mer­ci Lau­rence d’avoir par­ta­gé votre his­toire. Votre vie n’a pas été un long fleuve tran­quille, loin

de là. Mais vous avez su ré­agir, vous ap­puyer sur les dif­fi­cul­tés et les drames que vous avez connus pour y trou­ver la force de re­bon­dir, pour mettre votre éner­gie dans un pro­jet de vie. Oui as­su­ré­ment, Lau­rence, de la

friction naît la lu­mière. C’était le vé­ri­table es­prit de notre ar­ticle sur le yo­ga XL. L’ar­ticle parle bien sûr de per­sonne en sur­poids, mais il parle aus­si et sur­tout de non ju­ge­ment, de bien­veillance, d’une ma­nière d’en­sei­gner le yo­ga avec to­lé­rance et dou­ceur, une ma­nière qui peut alors ou­vrir des portes et dé­clen­cher des prises de conscience, et ce, quel que soit le poids de la per­sonne !

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