AU JOUR LE JOUR

Mcla­ren 540C

EVO (France) - - Evo Et Vous Sommaire - Ber­nard

C’était juste avant l’été: dé­part le ven­dre­di pour 2 500 km de routes à par­cou­rir en quatre jours avec comme villes-étapes Ho­cken­heim, Ba­den-ba­den, Lyon pour un an­ni­ver­saire de ma­riage, puis Vienne pour mon an­ni­ver­saire avec la fa­mille et les amis de tou­jours, puis re­tour à Pa­ris le lun­di sui­vant. Mais at­ten­tion aux ba­gages… il faut pou­voir em­por­ter une te­nue adap­tée à chaque ac­ti­vi­té. J’ai donc op­ti­mi­sé la place dis­po­nible dans l’au­to en pre­nant les di­men­sions pré­cises du coffre avant et de la place der­rière les sièges. Fi­na­le­ment, le ré­sul­tat est digne d’une GT comme vous pou­vez le voir sur la pho­to page sui­vante. Au­cun cm3 n’a été per­du. Le tra­jet jus­qu’à Ho­cken­heim est ponc­tué d’orages vio­lents, les es­suie-glaces et la ven­ti­la­tion rem­plissent par­fai­te­ment leur rôle mais la vi­tesse est adap­tée aux condi­tions, sur­tout qu’avec les Pi­rel­li Cor­sa, mieux vaut res­ter humble de­vant le risque d’aqua­pla­ning. La pluie cesse en ar­ri­vant en Allemagne, notre bref pas­sage dans le pays au­ra per­mis de consta­ter que cha­cun res­pecte les li­mi­ta­tions mais aus­si que ce­lui qui met son cli­gno­tant a rai­son. Je pa­ra­mètre la boîte et le châs­sis en mode sport et Ti Mac ac­croche un bon 300 km/h au Coyote. La jour­née est or­ga­ni­sée par Pis­ten­club, un club al­le­mand dont les membres sont tous très sym­pa­thiques et pro­fes­sion­nels. Je suis le seul Fran­çais, avec la seule Mcla­ren, j’ai donc droit à un briefing en an­glais rien que pour moi.

Dans le pad­dock, l’am­biance est celle d’un week-end de course car très peu de par­ti­ci­pants ar­rivent par la route. Mes pre­miers tours per­mettent de prendre la di­men­sion du cir­cuit et des im­menses tri­bunes dignes d’un stade de foot. Je n’ai pas pris de mo­ni­teur et j’ai du mal, mais je m’ac­croche et pour ap­prendre plus vite, je prends la roue de quelques par­ti­ci­pants comme on dit en mo­to.

L après-mi­di, je com­mence à suivre les GT3 qui me dé­po­saient le ma­tin, en pas­sant plus vite dans la pa­ra­bo­li­ka. Mer­ci le châs­sis et le mo­teur vrai­ment au top. En fin de jour­née, les GT3 viennent me voir pour me confir­mer qu’une 570S ça marche… sur­tout que c’est une 540… Ah mince! Les cer­ti­tudes des Porschistes sont un peu ébran­lées mais ils gardent le sou­rire et… font une pho­to.

Il est dé­jà 18h et la jour­née de rêve s’achève par le net­toyage des traces de gomme sur la car­ros­se­rie, le souf­flage des disques (toutes les deux ses­sions), la re­mise à ni­veau de l’huile mo­teur et de la pres­sion des pneus. Di­rec­tion Ba­den-ba­den, pour un re­pos dé­tente bien mé­ri­té dans les ma­gni­fiques thermes. Puis di­rec­tion Lyon sous une cha­leur ac­ca­blante qui dé­montre que la cli­ma­ti­sa­tion rem­plit par­fai­te­ment son rôle. Au vo­lant, ma com­pagne s’éclate en dé­pas­sant ré­gu­liè­re­ment le 250 km/h au mi­lieu d’une cir­cu­la­tion clair­se­mée. Ah, si seule­ment en France… Jus­te­ment, pre­mier ar­rêt en France pour in­ter­ver­tir nos places, c’est moi qui suis pu­ni et vais être obli­gé de rou­ler à 135 km/h. Mais au mo­ment de re­par­tir la clé n’est plus dé­tec­tée, j’es­saie de dé­mar­rer quand même et le mo­teur se lance… ouf ! Un mes­sage d’er­reur ap­pa­raît

LES PORSCHISTES VIENNENT ME DIRE QUE MA 570S MARCHE FORT… SAUF QUE C’EST UNE 540

au ta­bleau de bord mais je n’en tiens pas compte et conti­nue mon che­min.

La fête a lieu à l’hô­tel Er­mi­tage à Saint-cyr au Mont d’or avec une vue ma­gni­fique sur la mé­tro­pole mais l’ac­cès se fait par des pe­tites routes par­se­mées d’im­po­sants dos d’ânes. Du fait du mes­sage d’er­reur, im­pos­sible de sé­lec­tion­ner le lift. Je me sou­viens alors de la phrase de Sté­phane, mon ven­deur Mcla­ren: « Je vous donne mon por­table si vous avez un sou­ci, vous n’hé­si­tez pas! ». On est sa­me­di, il est 20h, je suis plan­té et Sté­phane ré­pond tout de suite !!! Ça, c’est du ser­vice. Il pense que ça vient de la pile de la té­lé­com­mande, puis me de­mande si je n’ai pas mis de la mon­naie dans le bac cen­tral ? Je lui confirme que oui, j’en­lève la mon­naie et tout re­de­vient nor­mal… Mer­ci Sté­phane d’avoir dé­cro­ché !!

Le len­de­main, c’est vi­site chez ma ma­man. Quand je lui ai de­man­dé de de­vi­ner la cou­leur de ma nou­velle voi­ture, elle a ré­pon­du: « C’est fa­cile, ton tri­cycle, tes vé­los et ta pre­mière mo­to étaient rouges donc elle est rouge! ».

Tout est dit ! Le len­de­main ma com­pagne et ma soeur ont convo­qué tous mes potes pour mon an­ni­ver­saire sur­prise. Mon co­pain d’école avec qui nous avons fait toutes les bê­tises pos­sibles vient de s’ache­ter une ma­gni­fique Lo­tus Exige Cup 430 bleue avec la­quelle il re­cule dans Ti Mac !!! Ré­sul­tat : la Lo­tus a le pare-chocs et le dif­fu­seur cas­sés et de mon cô­té, les agrafes du bou­clier ont cé­dé ! Le len­de­main, re­tour à Pa­ris cir­cu­la­tion fluide et un pe­tit 9 l aux 100 km de moyenne en consom­ma­tion. Je contacte l’ate­lier Mcla­ren pour le chan­ge­ment du bou­clier mais la pièce n’est pas dis­po­nible à l’usine et il est même im­pos­sible d’avoir une date de li­vrai­son ap­proxi­ma­tive ! Top le SAV des marques de pres­tige ! Il est hors de ques­tion que je rate mon pro­chain track day à Spa au dé­but de l’été et la dé­ci­sion est prise de dé­mon­ter le bou­clier pour une vé­ri­fi­ca­tion plus ap­pro­fon­die. To­ny le mé­ca­ni­cien Mcla­ren me confirme que les at­taches sont bien cas­sées mais qu’il a fait le né­ces­saire pour que ce­la tienne, je lui fais confiance. La pièce doit ar­ri­ver un mois et de­mi plus tard car la pein­ture est four­nie ex­clu­si­ve­ment par l’usine !

Spa et son rai­dillon res­tent au pro­gramme !

Spa (su­per rap­port qua­li­té prix au pas­sage), on n’y tient plus, il faut qu’on le voie.

« Mais qui ? » me lance ma com­pagne ?

Nous voi­là ga­rés sur le par­king face au… Rai­dillon et là, en vrai, c’est une claque. C’est un mur ! On a la ba­nane, de­puis tout pe­tit, je rêve de cet ins­tant.

Par­mi les amis qui nous re­joignent, il y a une 997 Turbo et la fa­meuse Lo­tus bleue qui a re­cu­lé dans Ti Mac. Elle est dé­jà ré­pa­rée alors que les dé­gâts étaient bien plus im­por­tants, Lo­tus est meilleur que Mcla­ren pour la dis­po­ni­bi­li­té des pièces.

Cette fois, j’ai dé­ci­dé de faire ap­pel à mon ca­ma­rade coach Phi­lippe car le cir­cuit est trop dan­ge­reux et trop com­pli­qué. Pour pro­fi­ter plei­ne­ment de la jour­née, je pré­fère avoir ses pré­cieux conseils. Le jour J, le so­leil est au ren­dez-vous et ne nous quit­te­ra pas de la jour­née. Il s’agit d’une jour­née Pi­rel­li P Ze­ro Ex­pe­rience et l’or­ga­ni­sa­tion est vrai­ment par­faite car elle a pen­sé aux ac­com­pa­gnants et à ceux dont les voi­tures doivent faire des pauses. Tout n’est donc pas axé sur l’au­to­mo­bile, nous trou­vons un tailleur, une marque de montres, un ate­lier mas­sage re­laxa­tion et un si­mu­la­teur. Seule­ment 50 voi­tures sont pré­sentes, de fait, nous avons pu rou­ler sans être gê­nés par le tra­fic, c’est par­fait pour ap­prendre ! Phi­lippe a axé son tra­vail sur les tra­jec­toires, le re­gard et le frei­nage dé­gres­sif afin d’être le plus fluide pos­sible. Pour être ef­fi­cace et me faire plai­sir en même temps, je fais des séances de 5 à 6 tours, avant de ra­vi­tailler et de dé­brie­fer. Les Pi­rel­li Cor­sa peinent à sup­por­ter les ca­pa­ci­tés du châs­sis, vi­ve­ment l’ho­mo­lo­ga­tion des Tro­feo R. Tout le monde parle du rai­dillon de Spa mais Blanchimont reste un gros mor­ceau de bra­voure. « Ça passe à fond », me dit Phi­lippe. Peut-être… mais mon cer­veau re­fuse!! Tou­te­fois, lors­qu’en fin de jour­née tout le monde a la ba­nane parce que le rou­lage s’est bien pas­sé… le sou­ve­nir qui reste gravé c’est bien le Rai­dillon. Lors­qu’il est bien abor­dé avec Ti Mac, j’ar­rive à 260 km/h (au Coyote) aux Combes!

C’est l’heure de l’apé­ri­tif d’adieu sur le cir­cuit, sau­na, ham­mam et pis­cine à l’hô­tel pour éva­cuer la fa­tigue, et on re­fait la jour­née en dî­nant… Ti Mac va se re­po­ser tout l’été au frais dans son ga­rage, en­tou­rée de voi­tures de course qui toutes un jour ou l’autre ont rou­lé sur… le plus beau cir­cuit du monde.

TOUT LE MONDE PARLE DU RAI­DILLON DE SPA MAIS BLANCHIMONT RESTE UN GROS MOR­CEAU DE BRA­VOURE. « ÇA PASSE À FOND » ME DIT PHI­LIPPE. PEUT-ÊTRE… MAIS MON CER­VEAU RE­FUSE

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