ROSSI / MAS­BOU

GP Racing - - Sommaire Gpracingn°7 - Par Michel Turco. Pho­tos Jean-Ai­gnan Mu­seau.

Les deux font la paire. Louis ( Mo­to2) et Alexis ( Mo­to3) forment un sin­gu­lier duo. Coup de pro­jec­teur.

Amis et com­plices, Louis Rossi (à g.) et Alexis Mas­bou se sont rap­pro­chés au fil des ans pour for­mer au­jourd’hui un sin­gu­lier duo dans le monde des Grands Prix. Leur de­vise ? L’union fait la force.

Les traits ti­rés, vi­si­ble­ment in­quiets du bon dé­rou­le­ment de leur soi­rée, Louis Rossi et Alexis Mas­bou s’af­fairent à ré­gler les der­niers dé­tails à quelques mi­nutes du dé­but de la pré­sen­ta­tion de leur nouvelle sai­son. Pré­sen­ta­tion qu’ils ont choi­sie d’or­ga­ni­ser du cô­té du Mans, au pôle eu­ro­péen du che­val. Sa­voir ac­cueillir près de deux mille per­sonnes pour un spec­tacle gra­tuit mê­lant acrobates, dres­seurs, ca­va­liers, ar­ti­fi ciers et tria­listes n’est pas for­cé­ment le pre­mier at­tri­but d’un pi­lote de Grands Prix. Cin­trés dans leur queue- de- pie, tal­kie- wal­kie en main, les deux hommes se dé­mènent comme s’ils étaient à la lutte pour une place sur le po­dium. Deux heures plus tard, les sou­rires ont rem­pla­cé l’in­quié­tude. Le pu­blic s’est ré­ga­lé, et au- de­là du spec­tacle pro­po­sé, tout un tas de per­sonnes ont dé­cou­vert l’uni­vers de Louis et d’Alexis. « Ce­la fai­sait des se­maines qu’on bos­sait

là- des­sus, confi e le pre­mier. Je suis vrai­ment heu­reux car nous avons at­teint les deux ob­jec­tifs que nous nous étions fi xés : ou­vrir notre sport à un maxi­mum de per­sonnes et faire plai­sir à nos par­te­naires. » De­puis qu’il a dé­bar­qué sur la scène in­ter­na­tio­nale, Louis Rossi a tou­jours fait en sorte de fé­dé­rer des éner­gies pour réunir les bud­gets né­ces­saires afi n de cou­rir au plus haut ni­veau. L’an der­nier, en in­té­grant le team Tech3, le Man­ceau pen­sait en­fi n pou­voir le­ver le pied et se consa­crer da­van­tage à sa préparation spor­tive. Il a re­plon­gé cet hiver. « Je n’avais pas le choix, ex­plique- t- il. Si j’avais ga­gné tous les Grands Prix, je n’au­rais pas été dans cette si­tua­tion. » En oc­tobre der­nier, avant même la fi n de sa pre­mière sai­son en Mo­to2, Louis dou­tait de pou­voir re­par­tir pour le cham­pion­nat 2014. Ré­cu­pé­ré par Ze­los – une so­cié­té de ma­na­ge­ment de spor­tifs di­ri­gée par Fred­dy Ta­che­ny et dans la­quelle est im­pli­qué l’an­cien

pi­lote Di­dier de Ra­di­guès –, Louis Rossi a pu re­trou­ver un gui­don au sein de l’équipe es­pa­gnole SAG di­ri­gée par Edu Pe­rales et où cou­rait l’an der­nier Xa­vier Si­meon, un autre pen­sion­naire de l’écu­rie Ze­los. « Je n’ai pas le ta­lent de Mar­quez, mais je bosse, dit fi ère­ment le Man­ceau. Je ne m’ar­rête ja­mais. Je ne suis pas le che­val sur le­quel on pa­rie, mais de­puis quatre ans que je suis en Grands Prix j’ai quand même fait du che­min. Il me faut plus de temps que les autres, je sais que j’ai be­soin en­core d’ex­pé­rience. C’est pour ce­la que je suis très heu­reux d’avoir au­jourd’hui ac­cès à cette équipe avec la­quelle Xa­vier a fait de belles choses l’an der­nier. Je le dois à Ze­los. Plus on grimpe, plus c’est dif­fi cile de mettre ses par­te­naires en avant. Trou­ver des spon­sors est com­pli­qué. »

SOUS LE SMO­CKING OU LE CUIR, LA MÊME TÉ­NA­CI­TÉ

Vo­lon­taire et en­tre­pre­neur dans l’âme, Louis Rossi a tou­jours su fé­dé­rer. En 2011, il avait créé le GFD, le Groupe des Fran­çais en dé­tresse. « On pour­rait aus­si l’ap­pe­ler le GFP, pour Groupe des Fran­çais en per­di­tion » , plai­san­tait alors ce­lui qui était so­cié­taire de l’équipe 125 Mat­teo­ni. Avec Mike Di Me­glio, Valentin De­bise et Alexis Mas­bou, Louis or­ga­ni­sait des séances de tra­vail com­munes du­rant les week- ends de Grands Prix. L’idée était de s’épau­ler les uns les autres pour ten­ter d’avan­cer. « Mike et Valentin nous re­gar­daient rou­ler pen­dant la séance 125 et nous al­lions les voir du bord de la piste pen­sant leur séance Mo­to2. On se re­trou­vait en­suite pour dis­cu­ter et se don­ner des conseils. On re­gar­dait en­semble les vi­déos des es­sais, on par­lait du cir­cuit, on pre­nait des notes sur un plan... On est

plus forts à plu­sieurs que tout seul. » C’est cette der­nière ré­fl exion qui a conduit Alexis Mas­bou à se joindre à Louis pour pré­sen­ter lui aus­si sa sai­son 2014 avec le team On­get­ta de Mir­ko Cec­chi­ni. « On s’est dit qu’à deux, ce se­rait plus fa­cile de faire quelque chose de grand pour mar­quer les es­prits, ex­plique l’Al­bi­geois. Gé­né­ra­le­ment, les pré­sen­ta­tions ne sont ja­mais très gla­mour. Cette fois, je crois qu’on a fait un truc sym­pa. Louis et moi sommes très dif­fé­rents de ca­rac­tère, mais on veut tou­jours al­ler de l’avant et re­pous­ser nos li­mites. Ce­la nous per­met d’être com­plé­men­taires sur ce genre d’or­ga­ni­sa­tion. » Le nou­veau pi­lote du team SAG en convient : « Je suis plus di­rect avec les gens, Alexis a plus de tact. Au fi nal, on s’ap­porte beau­coup l’un à l’autre. » Au­jourd’hui amis, les deux pi­lotes tri­co­lores ont ra­pi­de­ment sym­pa­thi­sé quand Louis a dé­bar­qué en GP. « Alexis n’a ja­mais été avare de conseils avec moi, dit le Man­ceau. Tech­ni­que­ment, il m’a beau­coup ap­por­té. Il a un fee­ling in­croyable avec le pi­lo­tage, chose que je n’ai ja­mais eue. Il m’a ai­dé à de­ve­nir moins bour­rin en m’ex­pli­quant com­ment, tech­ni­que­ment, les choses fonc­tionnent. » De son cô­té, Alexis dit aus­si avoir beau­coup ap­pris de son com­pa­triote. « Louis m’a per­mis de me rendre compte que j’étais par­fois trop gen­til... Il m’a aus­si ai­dé à me mettre plus en avant, chose que j’ai du mal à faire. Cette an­née, c’est la pre­mière sai­son où je suis à peu près se­rein fi nan­ciè­re­ment avant le pre­mier Grand Prix. Au dé­but, j’étais mo­to- mo­to- mo­to. Avec Bro­nec, il fal­lait ne pen­ser qu’à ça, man­ger mo­to, vivre mo­to... Je me suis ren­du compte avec Louis que je ne pou­vais pas fonc­tion­ner comme ça. J’ai be­soin d’éva­cuer, et tra­vailler sur des pro­jets comme ce­lui- ci est un ex­cellent moyen de le faire tout en s’ou­vrant aux autres. »

1- Pour sa deuxième sai­son en Mo­to2, Louis Rossi dis­pose d’un châs­sis Ka­lex, la ré­fé­rence de la ca­té­go­rie. 2- Alexis Mas­bou compte sur l’in­ves­tis­se­ment du HRC en Mo­to3 pour al­ler cher­cher son pre­mier suc­cès en GP. 3, 4, 5 et 6- Au Mans, les deux Fran­çais ont mis les pe­tits plats dans les grands pour pré­sen­ter leur sai­son 2014.

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