LE VI­RAGE

GP Racing - - Sommaire Gpracingn°7 - Par Jean-Ai­gnan Mu­seau. In­fo­gra­phie Laurent Hyn­dri­ckx.

Le « small Corks­krew » de Ca­role où un cer­tain Rossi s’est éten­du en cham­pion­nat d’Eu­rope 125...

Où l’on ap­prend que l’en­chaî­ne­ment des vi­rages Al­pha et Bra­vo sur le tour­ni­quet pa­ri­sien a lais­sé un im­pé­ris­sable sou­ve­nir à... Va­len­ti­no Rossi !

La scène se passe en marge du Grand Prix de La­gu­na Se­ca, en juillet der­nier. Wayne Rai­ney a or­ga­ni­sé dans sa mai­son ( voir GP Ra­cing n° 5), proche du cir­cuit ca­li­for­nien, un bar­be­cue pour quelques co­pains. Va­len­ti­no Rossi est de la par­tie. Dé­cou­vrant le mu­sée où re­posent mo­tos, coupes et autres sou­ve­nirs du double cham­pion du monde amé­ri­cain, Rossi s’ar­rête de­vant une pho­to du maître des lieux au gui­don d’une ma­chine de Su­per­mo­tard. L’image est par­tiel­le­ment ca­chée par un tro­phée où un gui­don do­ré sur­monte une plaque si­glée « Gui­don d’Or 1992 » . Cu­rieux, il s’en­quiert du su­jet et de l’en­droit. « Un Su­per­mo­tard à Ca­role, un petit cir­cuit juste à cô­té de Pa­ris. » « Ah oui, je connais bien. Un tra­cé un peu bi­zarre qui com­mence par un “small Corks­crew” ! Tiens, j’en ai même un sou­ve­nir » , lâche- t- il en mon­trant son au­ri­cu­laire droit à la courbe peu na­tu­relle. Un sou­ve­nir qui re­monte à une course de cham­pion­nat d’Eu­rope 125 mil­lé­sime 1995 où le no­nuple cham­pion du monde dé­bu­tait dans la ca­té­go­rie. Dis­pu­tée dé­but juillet sous de vio­lents orages, la course est mar­quée par deux chutes de l’Apri­lia n° 4. Un mo­ment qua­trième, Rossi se classe fi na­le­ment en neu­vième po­si­tion, Lu­cio Cec­chi­nel­lo s’em­pa­rant de la vic­toire. Le « small Corks­crew » , si cher à Vale, n’est autre que l’en­chaî­ne­ment entre le pre­mier vi­rage ( Al­pha) qui com­mande le se­cond ( Bra­vo) qui, lui- même, plonge vers le troi­sième ( Char­lie) où le petit re­lief après le point de corde de Bra­vo peut, dans l’ima­gi­naire dé­jà dé­bor­dant du jeune Ita­lien, sug­gé­rer le to­bog­gan ca­li­for­nien. Si dans les an­nées 90, les pi­lotes de Su­per­sport comme Éric Ma­hé pro­fi taient de la cas­sure au point de corde pour le­ver la roue avant et ain­si fa­ci­li­ter le chan­ge­ment de cap, Da­vid Che­ca, pre­mier pi­lote à pas­ser sous la mi­nute sur un tour de Ca­role, avoue qu’il gomme to­ta­le­ment la cas­sure à droite après le point de corde de Bra­vo pour en faire une ligne par­fai­te­ment droite jus­qu’au frei­nage de Char­lie. Autre temps, autres moeurs.

Va­len­ti­no Rossi, à l’amorce du « small Corks­crew » à Ca­role en cham­pion­nat d’Eu­rope 125 le 9 juillet 1995. Consé­quence de sa chute à Ca­role, 19 ans plus tard, Va­len­ti­no Rossi a tou­jours l’au­ri­cu­laire droit en forme de... tire-bou­chon !

DA­VID CHE­CA (DÉ­TEN­TEUR DU RE­CORD DE 59’’462 SUR UNE YA­MA­HA R1 DU GMT)

« CA­ROLE EST UN CIR­CUIT TRÈS COM­PLI­QUÉ. AVEC SES VI­RAGES RA­PIDES ET SES VI­RAGES LENTS, IL REND DÉ­LI­CATE LA MISE AU POINT DE LA MO­TO. ET SI ELLE N’EST PAS BIEN RÉGLÉE, IL EST IM­POS­SIBLE D’Y AL­LER VITE. POUR MOI, LE VI­RAGE “BRA­VO” N’EN EST PAS UN. JE L’AS­SO­CIE À “AL­PHA” QUI EST L’UN DES RARES VI­RAGES À GAUCHE DU CIR­CUIT. POUR MAIN­TE­NIR LA TEM­PÉ­RA­TURE SUR CE CÔ­TÉ DU PNEU, JE RESTE AU MAXI­MUM SUR L’ANGLE AFIN DE SOR­TIR COM­PLÈ­TE­MENT À L’EX­TÉ­RIEUR, CE QUI ME PER­MET DE TI­RER DROIT VERS LE FREI­NAGE DE “CHAR­LIE”. C’EST À MON SENS LE SEUL MOYEN DE NE PAS PERDRE TROP DE TEMPS DANS L’EN­CHAέNE­MENT. »

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