CA­SEY STO­NER SON AVIS SUR DU­CA­TI ET CAL CRUTCHLOW

GP Racing - - Retraité - Par Co­lin Young. Tra­duc­tion Élo­die Frioux. Pho­tos Jean-Ai­gnan Mu­seau.

De­puis que Ca­sey Sto­ner a quit­té Du­ca­ti fin 2010, le team de Bo­logne n’a ces­sé de cher­cher un autre sau­veur.

Et ce sau­veur, ce pi­lote qui bri­se­ra leur sort de per­dants en Mo­toGP, n’est tou­jours pas ar­ri­vé. Va­len­ti­no Rossi lui- même, s’y est cas­sé les dents. Alors si l’icône ita­lienne n’a pas pu ins­pi­rer Bor­go Pa­ni­gale, quelles sont les chances pour Cal Crutchlow d’y par­ve­nir en 2014 ? Crutchlow, c’est ce Bri­tan­nique ra­pide, drôle et très cou­ra­geux qui a si­gné avec les rouges pour les ai­der à sor­tir de cette si­tua­tion dé­li­cate. Pour Ca­sey Sto­ner, qui a ga­gné 23 courses et rem­por­té le titre en 2007 avec Du­ca­ti, la ba­taille de Crutchlow se­ra celle de l’es­prit contre la ma­tière. Il a ré­pon­du à nos ques­tions.

Agres­sif et tou­jours plein gaz, le style Crutchlow semble être en théo­rie ce dont la Des­mo­se­di­ci ait be­soin. Qu’en penses-tu ?

CS : Ce se­ra son men­tal et sa ca­pa­ci­té à s’adap­ter qui dé­ter­mi­ne­ront sa réus­site ou son échec. Nom­breux sont ceux qui pensent que le style de Cal convien­dra à la Du­ca­ti, mais le nombre de fois où j’ai en­ten­du cette his­toire n’a rien d’amu­sant. Ce n’est pas une his­toire de style, mais plu­tôt d’at­taque au gui­don de la Du­ca­ti. Mal­heu­reu­se­ment, il y a trop de pi­lotes qui la voient en fond de grille et qui se disent qu’il n’y a rien à faire, qu’on ne peut pas l’amé­lio­rer. C’était comme ça quand je rou­lais pour eux. J’étais de­vant, en pre­mière po­si­tion, et la deuxième Du­ca­ti était loin der­rière. Pour Cal, ça dé­pen­dra de l’état d’es­prit avec le­quel il abor­de­ra la mo­to, et avec un peu de chance, il étouf­fe­ra toutes les cri­tiques et ar­ri­ve­ra à ob­te­nir des ré­sul­tats. Je pense que les pi­lotes doivent ar­rê­ter de se concen­trer sur les ré­sul­tats que j’ai ob­te­nus avec Du­ca­ti. Ce n’est plus la même ma­chine au­jourd’hui

que celle que je pi­lo­tais. Ils doivent l’en­vi­sa­ger comme un nou­veau dé­fi . La mo­to a vrai­ment chan­gé. Je pense que les sen­sa­tions que j’avais à son gui­don ne sont cer­tai­ne­ment plus les mêmes. Elle a tel­le­ment plus que ce train avant dont tout le monde se plaint.

Alors, ce pas­sage chez Du­ca­ti est un bon tour­nant dans la car­rière de Crutchlow ?

CS : Quand je suis pas­sé chez Du­ca­ti en 2007, per­sonne ne nous voyait comme une grande me­nace, mais on est sor­ti du lot et on a ga­gné le cham­pion­nat. Je com­prends exac­te­ment d’où vient Cal et son be­soin d’al­ler de l’avant. Si­gner avec Du­ca­ti est une bonne ma­noeuvre fi nan­ciè­re­ment par­lant, mais si on parle de sa car­rière de pi­lote, je ne suis pas cer­tain du bé­né­fi ce qu’il en ti­re­ra.

Tu as eu de bons mo­ments avec Du­ca­ti, c’est une par­tie im­por­tante de ta car­rière, est-ce que tu res­sens de la sym­pa­thie à leur égard, main­te­nant que ce­la fait trois sai­sons qu’ils n’ont pas rem­por­té de vic­toires ?

CS : J’en avais en 2011, parce que je sa­vais que, quels que soient les ré­sul­tats ob­te­nus par Va­len­ti­no Rossi, il se­rait clair pour tous que s’il ga­gnait ça se­rait grâce à lui et s’il per­dait, ça se­rait la faute de la mo­to. Va­len­ti­no a échoué, et c’est donc à Du­ca­ti d’en prendre la res­pon­sa­bi­li­té. Je ne trouve pas ça juste. Je suis sûr que j’au­rais pu avoir de meilleurs ré­sul­tats que lui sur cette mo­to, sur­tout lors­qu’on consi­dère tout le sou­tien dont il a bé­né­fi cié. Beau­coup de per­sonnes pen­saient que j’étais « simple d’es­prit » à l’époque, mais on sait main­te­nant que ce n’était pas le cas.

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