UN RIEN,

C’EST DÉ­JÀ BEAU­COUP !

GP Racing - - Edito - Alain Le­corre

Ce pe­tit rien qui fait et dé­fait tout. La com­pé­ti­tion mo­to en est truf­fée. Pre­nez le MotoGP. Re­ve­nez une an­née en ar­rière. Juste une an­née. Je vous rap­pelle les faits ? Marc Mar­quez, plus jeune cham­pion du monde MotoGP sor­tant, ve­nait de s’in­vi­ter tout sou­rire et tout clean sur la plus haute marche des dix pre­miers Grands Prix de la sai­son. Dix de suite !!! Il ne do­mi­nait plus, il écra­sait le MotoGP. À tel point qu’on a tous fi ni par se de­man­der si ce mi­not pré- pu­bère n’al­lait pas trans­for­mer nos fan­tasmes de bas­ton en vieux sou­ve­nirs d’une autre époque. Il y avait lui et les autres. Per­sonne ne pou­vait ri­va­li­ser. Ni Ros­si – que l’on an­non­çait plus sou­vent en mai­son de re­traite qu’à la table des rois –, ni Lo­ren­zo – qui sem­blait de­voir prendre ren­dez- vous chez son psy s’il vou­lait re­ve­nir dans le jeu –, ni Pe­dro­sa – qui, bien que bé­né­fi ciant du même ma­tos que le ga­min de Cer­ve­ra ( une Hon­da RCV puis­sante, stable, ma­niable...), brillait par son in­con­sis­tance. Mi­ni- Da­ni de­vait même sa­le­ment ru­mi­ner dans son coin. En ef­fet, après les an­nées Ros­si et les épi­sodes Lo­ren­zo, voi­là que se pro­fi lait une dé­cen­nie Mar­quez dont il se se­rait bien pas­sé... Bref, alors que le jeune af­fo­lait les comp­teurs et bat­tait tous les re­cords, l’ad­ver­si­té – toute ca­pée qu’elle était – ren­trait du bois pour un hi­ver qui s’an­non­çait long et ri­gou­reux... Où en est- on au­jourd’hui ? Eh bien la pé­riode gla­ciaire est ter­mi­née ! Certes, le ga­min gagne en­core de temps en temps, mais il fait des bê­tises. Les ba­garres de ter­ri­toire ont donc re­pris pen­dant la ré­cré et les grands ont res­sor­ti la boîte à gi­fl es. Ré­sul­tat, au­jourd’hui le mi­not est pu­ni et les an­ciens se par­tagent le gâ­teau. Une si­tua­tion tout sim­ple­ment in­ima­gi­nable 12 ou 14 mois au­pa­ra­vant lorsque le jeune pro­dige re­pei­gnait les vieux de cham­pagne tous les week- ends. Ça se joue à quoi ? Com­ment passe- t- on du « + » au « - » ? Du tout au rien ? Ou, en tout cas, au « pas grand- chose » , fi nir deuxième res­tant une bles­sure béante chez ces gens- là ? Ça se joue à rien. Des ré­glages plus fi ns, des car­to­gra­phies plus pré­cises, des choix plus per­ti­nents, une stra­té­gie plus ef­fi cace afi n que le pi­lote soit plus en confi ance et se sente im­bat­table. Une his­toire de men­tal ? As­su­ré­ment ! Une his­toire d’ex­pé­rience sur­tout, qui per­met aux « vieux » de mieux an­ti­ci­per un ho­ri­zon qui se couvre, une séance qui tourne mal ou une course qui dé­rape. Une his­toire d’ego ? Aus­si ! Cer­tains de­vraient d’ailleurs le ranger au fond de leur poche plu­tôt que de ten­ter le diable. Mar­quez qui tombe en Ar­gen­tine en vou­lant suivre Ros­si qui vient de le pas­ser. Lo­ren­zo qui rentre trop tard à Mi­sa­no et s’étale en slicks froids. Peut- être au­raient- ils dû tous faire du Zar­co ( photo) qui, mal­gré une boîte blo­quée et une pre­mière vic­toire qui lui échap­pait au Qa­tar, avait po­si­ti­vé à 100 %, ra­vi qu’il était de ter­mi­ner 8e. Ça se joue à rien mais ça change tout.

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