SÉ­BAS­TIEN ARPUTZO DES­SIN, MO­TO ET DE­SI­GN

GP Racing - - Portrait - Par Michel Turco. Photos Ch­ris­tian Bat­teux et DR.

La pas­sion de la course mène à tout. À la piste, bien sûr, mais aus­si au sty­lo, au crayon, à la paire de ci­seaux, ou en­core à la table à des­sin. Bien connu des pi­lotes fran­çais, Sé­bas­tien Arputzo en a fait son mé­tier de de­si­gner.

De Mar­seille à Toulon, la bous­sole des fans de Grands Prix n’in­dique qu’un seul cap. Ce­lui qui mène au cir­cuit PaulRi­card. Même si l’en­ceinte pro­ven­çale n’ac­cueille plus de­puis long­temps le Conti­nen­tal Cir­cus, tant de pas­sions s’y sont ré­vé­lées que ceux qui ont gran­di dans la ré­gion ont gar­dé pour le lieu une af­fec­tion toute par­ti­cu­lière. Né à Mar­seille en 1983, Sé­bas­tien Arputzo a très tôt ar­pen­té les vi­rages de la Na­tio­nale 8 pour re­joindre le pla­teau du Cas­tel­let. « Mes pa­rents avaient un ma­ga­sin de mo­tos, com­mence- t- il. Le vi­rus m’a vite ga­gné. » Même après le dé­cès de son père, par­ti alors qu’il est en­core tout jeune, Sé­bas­tien ne rate ja­mais le moindre évé­ne­ment or­ga­ni­sé sur le cir­cuit Paul- Ri­card. « Ma mère m’y em­me­nait ré­gu­liè­re­ment, pour­suit- il. Il y avait là- bas comme un ai­mant. » Le ga­min y étanche sa soif d’adré­na­line et sa pas­sion pour cet uni­vers qui le fascine étran­ge­ment. Quand il dé­mé­nage à Cu­gesles- Pins, Sé­bas­tien peut pra­ti­que­ment en­tendre de son lit les mo­teurs qui tournent sur la piste. Entre deux vi­sites à ses idoles, il des­sine in­las­sa­ble­ment dans sa chambre. Des mo­tos bien sûr. « Mon uni­vers s’ins­cri­vait entre le Joe Bar Team et les illus­tra­tions de Gi­glio. » En gran­dis­sant, le ga­min prend de l’au­dace pour se frayer un che­min dans le pad­dock. « Je cas­sais les pieds aux vi­giles pour qu’ils me laissent en­trer dans les stands, se sou­vient- il. Je leur mon­trais mes des­sins pour les convaincre... » Dé­ter­mi­né et convain­cu que là se trouve sa voie, il fi nit par faire connais­sance avec Ar­naud Vincent et Ran­dy de Pu­niet. Il des­si­ne­ra les mas­cottes des deux pi­lotes fran­çais, le la­pin du pre­mier, le diable du se­cond. En 1999, à l’oc­ca­sion du der­nier Grand Prix de France or­ga­ni­sé sur le cir­cuit Paul- Ri­card, il par­vient même à ren­con­trer Va­len­ti­no Ros­si, alors en route pour le titre de cham­pion du monde 250. « Je vou­lais échan­ger l’un de mes des­sins avec l’une de ses che­mises, se marre Sé­bas­tien. Il m’a em­me­né à son cam­ping- car et m’a même de­man­dé de lui en faire un autre pour le garde- boue de sa mo­to. » À la même époque, grâce aux frères Cham­bon qui le mettent en re­la­tion avec La­zer, le jeune Arputzo réa­lise sa pre­mière déco pour un casque de série. Doué pour le des­sin, il s’ins­crit à Mar­seille dans une école pour suivre un cur­sus en Arts Ap­pli­qués. Quand il en sort avec son bre­vet de tech­ni­cien, il ob­tient un pe­tit ar­ticle dans La Pro­vence, le quo­ti­dien mar­seillais. Alain Oli­vier tombe des­sus et l’em­bauche. Sé­bas­tien tra­vaille­ra deux ans avec le re­gret­té en­du­riste, re­con­ver­ti dans la déco de casques et dé­cé­dé ac­ci­den­tel­le­ment il y a bien­tôt cinq ans. En 2005, le Su­diste dé­cide de vo­ler de ses propres ailes et de mon­ter sa so­cié­té, AS De­si­gn. Son plus gros client se­ra Franck Fa­zio et la marque de gants Five pour la­quelle il des­sine en­core

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