L’at­taque des drones a com­men­cé. Dix en­gins vo­lants à iden­ti­fier d’ur­gence.

L’in­va­sion a com­men­cé… Du ci­né­ma au bâ­ti­ment en pas­sant par la sphère des loi­sirs. Com­ment s’y re­trou­ver dans cette grande foire du drone ? GQ vous pré­sente dix en­gins vo­lants à iden­ti­fier d’ur­gence.

GQ (France) - - Sommaire - Par Jean-phi­lippe Laurent et Fa­brice Tas­sel Pho­to Mat­thew Beedle

Les drones de­vraient bien­tôt man­quer d’es­pace dans les airs. Quand ces en­gins à la mode, dont les ventes ont en­core aug­men­té à Noël, ne sur­volent pas illé­ga­le­ment nos cen­trales nu­cléaires, Google, Ama­zon et DHL rêvent de les trans­for­mer en livreurs 2.0. Ils in­ves­tissent la pub et bous­culent les médias. Fin no­vembre, le jour­na­liste bri­tan­nique Dan­ny Cooke sur­vo­lait Tcher­no­byl avec un drone ca­mé­ra. L’art contem­po­rain comme le di­ver­tis­se­ment n’y ont pas échap­pé avec des ob­jets aus­si hé­té­ro­clites que Rising Car­pet, le ta­pis de prières vo­lant de Mous­sa Sarr, ou Drone Bo­ning, le pre­mier por­no vu du ciel. Sans ou­blier l’im­pres­sion­nante pour­suite en mo­to sur les toits d’istanbul du der­nier James Bond, Sky­fall (2012) qu’un hé­li­co­ptère mi­nia­ture de la so­cié­té belge Flying-cam a per­mis de fil­mer. Mais sur­tout, pe­tites en­tre­prises et par­ti­cu­liers sont dé­sor­mais ap­pe­lés à se les ap­pro­prier pour en in­ven­ter leur propre usage.

Le boom tri­co­lore Une ré­vo­lu­tion ? « Le sec­teur fait l’ob­jet d’un em­bal­le­ment mé­dia­tique », tem­père Em­ma­nuel de Maistre, pré­sident de la Fé­dé­ra­tion pro­fes­sion­nelle du drone ci­vil et di­ri­geant de l’opé­ra­teur Red­bird. Le terme gé­né­rique « drone » dé­signe aus­si bien les ap­pa­reils de loi­sir que ceux uti­li­sés à des fins pro­fes­sion­nelles. Glo­ba­le­ment, la fi­lière est en­core jeune. La com­mer­cia­li­sa­tion des pre­miers mo­dèles ré­créa­tifs, à l’image de L’AR Drone du fran­çais Parrot, un des poids lourds du sec­teur dont 750 000 exem­plaires se sont dé­jà écou­lés, date de 2010. De­puis 2012, un seul pays dans le monde ré­gle­mente l’uti­li­sa­tion pro­fes­sion­nelle des drones : la France. Dy­na­mique, le sec­teur hexa­go­nal s’est for­te­ment dé­ve­lop­pé – les opé­ra­teurs sont pas­sés de 60 en 2012 à 1 000 en 2014 – mais son chiffre d’af­faires reste mo­deste, entre 50 et 100 mil­lions d’eu­ros. Pour l’ins­tant. Car, en se per­fec­tion­nant, les drones de­vraient vite trou­ver de nou­veaux dé­bou­chés comme le bâ­ti­ment. Le Groupe Bouygues en pos­sède dé­jà six pour

La pro­duc­tion de pho­tos et de vi­déos re­pré­sente en­core 90 % des usages pro­fes­sion­nels.

ins­pec­ter di­vers ou­vrages comme le nou­veau mu­sée Vuit­ton et son toit aux formes com­plexes. Tou­te­fois, la pro­duc­tion de pho­tos et de vi­déos re­pré­sente en­core 90 % des usages pro­fes­sion­nels contre 10 % pour des ser­vices aux in­dus­triels (car­to­gra­phie, ins­pec­tion des rails ou des routes, ou du ré­seau élec­trique…).

Google et Fa­ce­book s’im­pa­tientent Aux États-unis, pre­mier mar­ché po­ten­tiel du drone ci­vil pro­fes­sion­nel, leur uti­li­sa­tion à des fins com­mer­ciales est en­core in­ter­dite, sauf dé­ro­ga­tion ex­cep­tion­nelle, pour le ci­né­ma par exemple. Google, Fa­ce­book, Ama­zon s’im­pa­tientent mais leurs mo­ti­va­tions in­ter­rogent. La li­vrai­son de co­lis pour­rait n’être qu’un pré­texte. « Google, Fa­ce­book et Ama­zon dans une moindre me­sure, vivent du trai­te­ment et de la va­lo­ri­sa­tion de l’in­for­ma­tion. Or, les drones sont d’abord des ou­tils de cap­ta­tion de don­nées », ana­lyse Em­ma­nuel de Maistre. Celles et ceux qui ima­ginent dé­jà être li­vrés par les airs de­vront être pa­tients. La tech­no­lo­gie per­met­tant à un drone d’iden­ti­fier et d’évi­ter les obs­tacles sur sa route est com­plexe à mettre au point. Avant d’être lé­ga­li­sée, elle de­vra prou­ver qu’un drone au­to­nome n’est pas un dan­ger pour les per­sonnes sur­vo­lées, pas plus que pour les autres ap­pa­reils qu’il pour­rait être ame­né à croi­ser en vol. Les ob­ser­va­teurs les plus op­ti­mistes pré­disent l’avè­ne­ment de tels sys­tèmes pour 2020. De­main en somme. D’autres ex­perts, peut-être plus réa­listes, es­timent qu’il fau­dra au moins pa­tien­ter jus­qu’en 2050.

Les ob­ser­va­teurs les plus op­ti­mistes pré­disent une gé­né­ra­li­sa­tion des drones dans l’es­pace pu­blic dès 2020.

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