Sexe entre amis, par maïa ma­zau­rette

Le oui sans en­trave

GQ (France) - - Sommaire -

C’est ar­ri­vé comme ça, une ren­contre chez des amis, en soi­rée, au bar, l’al­cool a peut-être joué un rôle. Vous l’avez em­bras­sée et elle s’est lais­sée faire, vous l’avez ra­me­née en taxi et elle a sui­vi le mou­ve­ment, vous l’avez désha­billée… et vous avez com­men­cé à vous po­ser des ques­tions – est-elle ti­mide ou pas in­té­res­sée ? Aime-telle les hommes en si­tua­tion de contrôle ou veut-elle me dé­cou­ra­ger ? Les dé­fen­seurs de la zone grise par­le­raient d’éro­tisme du se­cret, de non-dits, de sou­sen­ten­dus, voire de prises de risque. Mais dans la vraie vie : bof. Per­sonne n’a en­vie de se re­trou­ver face à des par­te­naires aux mo­ti­va­tions floues. Per­sonne ne veut de sexe hé­si­tant, en de­mi-teinte, in­quiet. Pour mettre fin au si­lence as­sour­dis­sant du consen­te­ment fé­mi­nin (et à ses dé­sas­treuses consé­quences), les mi­li­tantes fé­mi­nistes amé­ri­caines de­mandent dé­sor­mais un « oui » ex­pli­cite. Cette ma­nière, certes bru­tale, de re­dé­fi­nir le consen­te­ment, ap­pelle deux ré­ac­tions pos­sibles : la pa­nique ou le sou­la­ge­ment. Je re­com­mande le sou­la­ge­ment, dé­jà parce que c’est moins fa­ti­gant, mais aus­si parce qu’il est dans votre in­té­rêt, sexuel et nar­cis­sique, d’in­ter­agir avec des par­te­naires aux dé­si­rs clairs. Vous mé­ri­tez d’être pla­qué contre une porte et que quel­qu’un vous dise : « J’ai en­vie de toi main­te­nant. » Seu­le­ment, nous ne vi­vons pas sur des cam­pus amé­ri­cains, alors, com­ment ob­te­nir ce consen­te­ment ex­pli­cite ? Pen­dant la phase de séduction, uti­li­sez une vieille tech­nique de vir­tuose de la drague: re­fu­sez toute pas­si­vi­té fé­mi­nine. Con­crè­te­ment, chaque fois que vous pas­sez une étape, re­cu­lez d’un pas. Ça s’ap­pelle la jouer « hard-to-get », et cette stra­té­gie rap­pelle à l’uni­vers que vous êtes un mec qui se mé­rite. Si vous avez don­né le pre­mier bai­ser, at­ten­dez qu’elle vienne à vous pour le deuxième. Si vous vou­lez la ra­me­ner chez vous, de­man­dez-lui : « Qu’est-ce qu’on fait main­te­nant ? » – et tant qu’elle n’a pas ré­pon­du qu’elle vou­lait vous rac­com­pa­gner, ne pre­nez pas l’ini­tia­tive à sa place. N’en­le­vez pas vos vê­te­ments: si vous avez ôté son sou­tien-gorge, c’est à elle de vous désha­biller – sauf si vous por­tez les bottes de Fran­cis La­lanne, au­quel cas elle est exemp­tée. Est-ce que ça pren­dra plus de temps ? Peut-être, mais vous êtes en train de créer de la ten­sion sexuelle. Vous pou­vez prendre les deux tiers des dé­ci­sions, mais ja­mais la to­ta­li­té, même avec une par­te­naire conser­va­trice.

Si ça coince, trou­vez une autre amante! Celle-ci ne veut pas vrai­ment de vous. Fran­che­ment, au­cune femme mo­ti­vée ne lais­se­rait la ti­mi­di­té contra­rier une fa­bu­leuse séance de sexe. Au­cune femme en­thou­siaste ne don­ne­rait la prio­ri­té aux codes so­ciaux du pa­léo­li­thique. Vous lais­se­rez peut-être pas­ser quelques oc­ca­sions, certes, mais aus­si quan­ti­té de sueurs froides, de ma­laises… Le consen­te­ment se dé­fi­nit par l’en­vie – qui se tra­duit par des mecs pla­qués contre des portes. Il n’y a pas d’étoiles de mer: seu­le­ment des hommes qui ac­ceptent de cou­cher avec des mol­lusques. Vous ne vou­lez pas être cet homme-là : vous valez tel­le­ment mieux.

Une femme mo­ti­vée ne laisse pas la ti­mi­di­té gâ­cher une fa­bu­leuse séance de sexe.

Qui ne dit mot ne consent pas tou­jours. Sa­chez com­prendre le « oui » d’une femme sans for­cé­ment al­ler jus­qu’à po­ser la ques­tion.

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