Ci­né­ma/mu­sique idris el­ba, le touche-à-co­ol

Pour beau­coup, il est Strin­ger Bell, l’un des hé­ros de la sé­rie culte The Wire. Pour d’autres, il est ce­lui qui a in­car­né Man­de­la au ci­né­ma. Ce mois-ci, le Bri­tan­nique rend hom­mage à l’icône dé­funte en mu­sique. Alors, Idris El­ba, ar­tiste com­plet ? Ren­cont

GQ (France) - - Sommaire - Par Ma­rie Ai­mée

De pas­sage à Pa­ris pour le tour­nage de Bas­tille Day, film d’ac­tion avec Ri­chard Mad­den (Game of Th­rones) et Char­lotte Le Bon, la star de The Wire fait des heures sup pour as­su­rer la pro­mo de l’al­bum Mi Man­de­la, qu’il a pro­duit. Onze titres aux so­no­ri­tés sud-afri­caines, nés de sa fas­ci­na­tion pour l’icône dé­funte qu’il in­car­nait fin 2013 dans Un long che­min vers la li­ber­té. El­ba pro­duc­teur ? Le touche-à-tout ajoute là une nouvelle ligne à son drôle de CV.

« J’ai la même ap­proche de la mu­sique et des rôles. Swit­cher d’un uni­vers à l’autre, c’est mon kiff.»

LA RÉ­VÉ­LA­TION TÉ­LÉ­VI­SÉE

Ab Fab, New York Po­lice Ju­di­ciaire, Les Ex­perts… Idris El­ba a mul­ti­plié les pe­tits rôles dans des sé­ries avant d’être ré­vé­lé par The Wire ( Sur écoute en VF), chef-d’oeuvre aus­cul­tant la so­cié­té amé­ri­caine par le biais du tra­fic de drogue à Bal­ti­more. De 2002 à 2004, il est Strin­ger Bell, un caïd du mi­lieu. « Je n’avais rien dé­cro­ché de­puis quatre ans, ma femme était en­ceinte de 8 mois. Sans The Wire, on était fou­tus. Re­tour en An­gle­terre à la case dé­part. » De­puis, il a cam­pé Luther (2010-2013), flic de la crim’ an­glaise dé­pres­sif et in­sou­mis, qui lui a va­lu un Gol­den Globe.

LA STAR HOL­LY­WOO­DIENNE

Thor (2011), Pro­me­theus (2012), Pa­ci­fic Rim (2013)… Por­té par son suc­cès à la té­lé, El­ba en­chaîne les rôles mus­clés sur grand écran. Avant d’ob­te­nir une re­con­nais­sance pu­blique en in­car­nant Man­de­la en 2013. « J’ai la même ap­proche de la mu­sique et des rôles : il n’y a pas de per­son­nage que je re­fuse d’in­ter­pré­ter. Swit­cher, c’est mon kiff », confie El­ba. Avant Bas­tille Day où il campe un agent de la CIA, on le re­trou­ve­ra le 25 fé­vrier dans Gun­man de Pierre Mo­rel ( Ta­ken) aux cô­tés de Sean Penn. Et on mur­mure qu’il se­rait du cas­ting de X-men Apo­ca­lypse (mai 2016).

LE CO­MÉ­DIEN EN­GA­GÉ

Né à Londres d’un père sierra-léo­nais et d’une mère gha­néenne, El­ba fait des choix de rôle en­ga­gés. De­puis Man­de­la, il a par­ti­ci­pé à un té­lé­film HBO sur le gé­no­cide rwan­dais, et se­ra dans Beasts of No Na­tion de Ca­ry Fu­ku­na­ga ( True De­tec­tive), l’his­toire d’un en­fant-sol­dat en Afrique de l’ouest. « Je n’ai ja­mais su ex­pli­quer aux jour­na­listes l’ef­fet fou que ça m’a fait de jouer Man­de­la. Mon al­bum est là pour tra­duire cette pé­riode ver­ti­gi­neuse de ma vie. »

LE PI­LOTE PAS­SION­NÉ

L’ac­teur an­glais est un fou de ba­gnoles. « Jeune, j’avais une Ford Fies­ta XR2I. J’étais le roi de Sho­re­ditch (un quar­tier de l’est de Londres, ndlr). J’ai tra­vaillé dans un ga­rage, dor­mi dans ma voi­ture en ar­ri­vant aux États-unis et même été ou­vrier chez Ford. » Il vient d’ailleurs de tour­ner une mi­ni-sé­rie pour Dis­co­ve­ry Chan­nel qui l’em­mène aus­si bien en Fin­lande sur les traces du pi­lote de lé­gende Ari Va­ta­nen qu’au Ja­pon à la dé­cou­verte du drift, cet art du dé­ra­page. Un bon ré­su­mé de sa car­rière.

LE MU­SI­CIEN ÉCLEC­TIQUE

En­re­gis­tré entre Johannesburg, Londres et le Ma­li, Idris El­ba Pre­sents Mi Man­de­la al­terne plages dan­santes et pla­nantes. Réunis­sant au pas­sage la crème des ar­tistes sud-afri­cains (Ma­ho­tel­la Queens, Phu­ze­khe­mi­si…) et an­glo-saxons (George The Poet, Co­dy Ches­nutt…). « Ce disque est dé­dié à mon père. Il ne l’en­ten­dra ja­mais, il est dé­cé­dé en sep­tembre 2013, mais c’est lui qui m’a pous­sé à le faire. Sur la po­chette ma lettre ma­nus­crite lui est adres­sée. » Chez El­ba, l’amour du son re­monte à très loin. « Il y a une pho­to de moi à 4 ans en train de chan­ter du Mar­vin Gaye de­bout sur une table, se sou­vient-il. Je sais juste que la mu­sique a tou­jours fait par­tie de ma vie. » Ami du rap­peur Pha­roahe Monch ou du groupe pop folk Mum­ford & Sons, El­ba en­re­gis­trait dès 2006 un maxi hip-hop/soul, tout en ma­niant les pla­tines sous l’alias DJ Big Driis the Lon­do­ner. « On est plus libre, plus hon­nête avec la mu­sique qu’à tra­vers le jeu d’ac­teur, au­cun doute là-des­sus. Mais à choi­sir entre le ci­né­ma et la mu­sique, je garde les films. Et je mets de la mu­sique de­dans ! »

« On est plus libre, plus hon­nête avec la mu­sique qu’à tra­vers le jeu d’ac­teur, mais à choi­sir, je garde les films. »

Dans la sé­rie The Wire, son per­son­nage (Strin­ger Bell) tente d’in­té­grer les codes des écoles

de com­merce au tra­fic de drogues.

Pour Ken­neth Bra­nagh, Idris El­ba en­file le cos­tume

d’heim­dall, gar­dien du Bi­fröst, dans Thor (2011).

Après avoir in­car­né Nel­son Man­de­la sur grand écran, Idris El­ba lui consacre un disque.

La po­chette du disque d’idris El­ba.

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