Dé­cryp­tage

Pour le mo­ment, ils marchent dans les pas des stars Jup­pé, Sar­ko­zy ou Le Maire. Mais les che­vau-lé­gers de la droite Be­noist Ap­pa­ru, Thierry So­lère, Gé­rald Dar­ma­nin, Édouard Phi­lippe et Franck Ries­ter ont aus­si une idée bien pré­cise de leur des­tin. GQ s’es

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Ob­jec­tif 2017 ou 2022… les nou­veaux sni­pers de la droite.

’est une bande de qua­dras, parfois moins. Tous, dé­jà, dé­pu­té ou maire. Un soir par mois, quand leurs agen­das sur­char­gés les ont fait conver­ger à Pa­ris, ils prennent la di­rec­tion du Bel­lo­ta-bel­lo­ta, l’en­seigne des ama­teurs de jam­bon ibé­rique. Ils ont deux spots, l’un dans le 6e ar­ron­dis­se­ment, l’autre dans le 7e. À chaque fois : une pe­tite salle avec des tables en mé­tal gris bros­sé, des azu­le­jos bleus et blancs au mur, une cave cli­ma­ti­sée, des pa­ta ne­gra sus­pen­dus, des bou­teilles de rio­ja. Ici, pas d’écran té­lé pour les matchs de foot ou de rug­by : on mange et on parle. De po­li­tique, parfois, car nous sommes en plein dans le quar­tier des mi­nis­tères. L’ini­tia­teur de ces ren­dez-vous, Thierry So­lère, n’a be­soin que de cinq mi­nutes de marche pour re­joindre un de ses res­tau­rants fa­vo­ris de­puis l’hô­tel par­ti­cu­lier du conseil ré­gio­nal d’île-de-france, où il pré­side le groupe Les Ré­pu­bli­cains, juste le temps de ré­gler un énième sou­ci dans l’or­ga­ni­sa­tion de la pri­maire de droite, fin no­vembre. Parfois, il ar­rive au res­to en dé­brie­fant avec Franck Ries­ter, un autre ha­bi­tué, une réunion au QG de Bru­no Le Maire, leur pou­lain pour la pri­maire, si­tué à deux pas. En pre­nant place à table, Be­noist Ap­pa­ru se ré­jouit à l’idée de re­trou­ver des sa­veurs pas si éloi­gnées de sa ville na­tale, Tou­louse. De son cô­té, Édouard Phi­lippe peut, s’il en a en­vie, s’ache­ter une paire de bou­tons de man­chette pour sa col­lec­tion dans les nom­breuses bou­tiques chics du quar­tier. Et Gé­rald Dar­ma­nin, le ben­ja­min du groupe, dé­boule le por­table vis­sé à l’oreille : son job de co­or­di­na­teur de la cam­pagne de Ni­co­las Sar­ko­zy ne lui laisse plus une se­conde. Aux tables voi­sines, où l’on s’est ha­bi­tué à les voir de­puis deux ans qu’ils fré­quentent les lieux, on tend l’oreille pour écou­ter ces mous­que­taires dont la tête évoque va­gue­ment quelque chose. S’ils ne passent pas sou­vent aux « 20 Heures », squat­tés par les

mi­nistres et leurs aî­nés, ce sont d’ex­cel­lents sol­dats pour les ma­ti­nales d’ité­lé et BFM, tôt le­vés et tou­jours dis­po­nibles. Si vous ne les connais­sez pas en­core, nul doute que dans une poi­gnée de mois, ce se­ra le cas. La pri­maire sur toutes les lèvres Ils ont presque l’âge de l’ado­les­cence en po­li­tique. Comme des ga­mins en pleine crois­sance, ils sont af­fa­més. De suc­cès, de pou­voir, de coups pen­dables, de postes pres­ti­gieux. Af­fa­més, et im­pa­tients. Il reste sept mois avant mai 2017. Sept mois avant que sur leurs por­tables ne s’af­fiche le numéro pro­vi­den­tiel… si la droite l’em­porte : ce­lui du fu­tur pré­sident de la Ré­pu­blique qui leur pro­po­se­ra « l’in­té­rieur », « Ber­cy », « la rue de Va­lois », ou « la place Ven­dôme ». « Sar­ko­zy ou un autre, c’est la com­po­si­tion du gou­ver­ne­ment qui compte pour nous », lâche froi­de­ment l’un des convives. Pour l’ins­tant, ils rêvent à huis clos. Si l’un d’entre eux dé­cro­chait Ma­ti­gnon, leurs dî­ners au­raient pris tout leur sens : bâ­tir un ré­seau pour que leur gé­né­ra­tion, celle des se­ven­ties, prenne la main. En at­ten­dant ce coup de fil qui peut chan­ger leur vie, les cinq com­pères rient beau­coup, entre le jam­bon pa­ta ne­gra et le fro­mage man­che­go. Comme dans un Clue­do ver­sion po­li­tique, ils in­ventent leurs pro­chains jeux de rôles. « Pro­fes­seur Be­noist », rue de Gre­nelle avec les palmes aca­dé­miques, « Ré­vé­rend Franck », à la Culture rue de Va­lois. Pas de « Ma­de­moi­selle Rose » dans cette vi­rile as­sem­blée. Les convives cra­va­tés, bien que dé­fen­seurs de la pa­ri­té en po­li­tique, se réunissent entre hommes : un quin­tet d’élus LR (Les Ré­pu­bli­cains) blancs ; gé­né­ra­le­ment d’ori­gine pro­vin­ciale ; is­sus d’une classe moyenne boos­tée par l’am­bi­tion so­ciale plu­tôt que nés avec une cuillère en ar­gent dans la bouche ; de droite par tra­di­tion fa­mi­liale ; adeptes de la mé­ri­to­cra­tie ; convain­cus de pou­voir re­va­lo­ri­ser aux yeux de leurs conci­toyens l’image d’une des fi­gures les plus hon­nies de l’époque : celle de l’homme po­li­tique. Ça tombe bien, ils ont du pain sur la planche pour les mois qui viennent. Ces der­niers temps, la pri­maire de leur camp, qui se dé­rou­le­ra les 20 et 27 no­vembre, est de­ve­nue « LE » su­jet phare des agapes. Avec sa cas­quette de « cas­tor ju­nior » de la pri­maire, of­ferte par Ni­co­las Sar­ko­zy au nom de l’équi­té entre les can­di­dats, Thierry So­lère, 45 ans, a ob­te­nu le sup­plé­ment de no­to­rié­té qui manque en­core à ses amis. En quelques mois, le pu­blic a dé­cou­vert sa bouille de dé­lé­gué de classe, genre dy­na­mique, loyal et cool en toutes cir- cons­tances. « Il a le cô­té bull­do­zer de Ni­co­las Sar­ko­zy, l’in­tel­li­gence d’alain Jup­pé, le sé­rieux de Fran­çois Fillon et le franc-par­ler de Na­dine Mo­ra­no », ré­sume Bru­no Le Maire, son pou­lain, jus­te­ment, dans la com­pé­ti­tion pour l’in­ves­ti­ture. Sou­vent, après avoir re­fait leur monde, les amis ter­minent la soirée chez lui, à Bou­logne. « Nous sommes liés par une so­li­da­ri­té gé­né­ra­tion­nelle », ex­plique Thierry So­lère à la veille des vacances d’été, dé­con­trac­té dans son vaste bu­reau du conseil ré­gio­nal d’île-de-france.

So­lère le dis­si­dent Li­bé­ral as­su­mé et gaul­liste so­cial, Thierry So­lère in­carne mieux que per­sonne cette nou­velle gé­né­ra­tion de po­li­tiques de droite dé­com­plexés, prompts à bous­cu­ler les pro­to­coles et les hié­rar­chies afin de cro­quer le pou­voir dès que pos­sible. Son aven­ture dé­bute il y a seule­ment quatre ans, lors­qu’il quitte son poste de « consul­tant se­nior » chez De­loitte, le géant de l’au­dit. En po­li­tique, il est alors mis­ter no­bo­dy. Il faut per­cer. Coin­cé dans la file d’at­tente de L’UMP, il ne prend pas en­core pour mo­dèle son ac­tuel men­tor Bru­no Le Maire, mais le maître alors in­con­tes­té de tous les jeunes af­fa­més de droite, le roi de la dra­ma­tur­gie po­li­tique : Ni­co­las Sar­ko­zy, my­thique maire de Neuilly à 27 ans ayant li­qui­dé le dra­gon Charles Pas­qua. À l’oc­ca­sion des élec­tions lé­gis­la­tives de 2012, So­lère dé­cide d’en­rayer la mé­ca­nique des vieux élus sor­tants et fa­ta­le­ment ré­in­ves­tis, et se lance dans la com­pé­ti­tion. La guerre est fé­roce, mais la jeune pousse reste sur le car­reau : ex­clu de L’UMP, il se pré­sente à Bou­logne-billan­court en can­di­dat dis­si­dent. Sar­ko­zy pa­ra­chute alors Claude Guéant, mi­nistre de l’in­té­rieur. So­lère ne lâche rien, trime dur sous l’oeil de la DGSE qui écoute ses té­lé­phones, lit ses mails et le fi­loche, dans une mys­té­rieuse opé­ra­tion qui ne prouve qu’une chose : le dis­si­dent in­quiète. Contre toute at­tente, il gagne fa­ci­le­ment son siège de dé­pu­té des Hauts-de-Seine. Il ne faut pas trois heures à la famille hy­po­crite pour fé­li­ci­ter le vain­queur… et le re---

Pour Édouard Phi­lippe, la po­li­tique se ré­sume à ce choix : « Être ce­lui qui prend les dé­ci­sions, ou ce­lui qui les su­bit. »

prendre dans ses rangs. Mo­rale de l’his­toire : « En po­li­tique, c’est mal­heur aux vain­cus », dit-il. Au­jourd’hui au coeur du réac­teur, au car­re­four des po­tins du par­ti, Thierry So­lère pousse ses pions. S’ils sont ob­sé­dés par 2017, les ha­bi­tués du Bel­lo­ta-bel­lo­ta n’ou­blient sur­tout pas de re­gar­der dé­jà plus loin. Vers 2022, par exemple.

<< Comme chez Le­clerc>>

Puisque la po­li­tique est une course de fond, 2022, c’est de­main. Au­tour du Volcan de

ja­mon ibé­ri­co, la spé­cia­li­té mai­son du Bel­lo­ta-bel­lo­ta, et tout en échan­geant leurs pro­nos­tics sur la course à la pré­si­den­tielle, les pu­ta­tifs mi­nis­trables constatent qu’ils ne doivent pas traî­ner. Dans la con­ver­sa­tion, un gim­mick : « Faire de la po­li­tique au­tre­ment ». Ou com­ment ré­en­chan­ter la po­li­tique, me­na­cée par la cote dé­plo­rable des élus, la pous­sée du po­pu­lisme et autres maux qui s’abattent sur leur caste. « Le sys­tème est à bout de souffle, la classe po­li­tique aus­si, il faut mon­trer aux Fran­çais qu’on doit se ré­for­mer nous-mêmes », res­sasse Franck Ries­ter. Peu­têtre mon­tre­ront-ils leurs dif­fé­rences une fois au pou­voir. En at­ten­dant, ils font le job à l’an­cienne, comme ils l’ont ap­pris au­près de Chi­rac ou de Sar­ko­zy : en re­mon­tant pas à pas vers la lu­mière, à force de tra­vail, de convic­tions, d’ab­né­ga­tion. « Pire que les Ordres, ce mé­tier, peste l’un de ces im­pa­tients contra­riés, toute la vie y passe. » Cha­cun peut dé­jà ra­con­ter sa « tra­ver­sée du dé­sert », l’ap­pren­tis­sage de l’échec, in­con­tour­nable sur le sen­tier de la gloire. À table, aux cô­tés du ban­lieu­sard So­lère, on trouve quatre ba­rons de pro­vince qui ont un pied dans le na­tio­nal, l’autre dans le lo­cal. Si l’on n’est pas fé­ru de rou­lette russe comme lui, se consti­tuer un fief élec­to­ral, un pré bien car­ré, reste le moyen le plus ef­fi­cace pour per­cer. Un pas­se­port pour le bu­reau po­li­tique, puis les por­te­feuilles au gou­ver­ne­ment… « On ne ri­gole pas avec les man­dats. Si vous n’êtes pas élu, vous n’êtes pas res­pec­té, les jeunes au­raient tort de l’ou­blier », aver­tit Pierre Cha­ron, 65 ans, en­tré en po­li­tique au RPR de Chi­rac dans les an­nées 1970 et tou­jours membre du bu­reau po­li­tique de LR. Ce sar­ko­zyste rond et jo­vial, fai­seur de rois, que les jeunes ap­pellent Pa­py, pour­suit : « La po­li­tique, c’est comme chez Le­clerc, il faut faire tous les mé­tiers, com­men­cer par les em­bal­lages… » Em­bal­ler, ça le connaît. Gé­rald Dar­ma­nin, 34 ans, le ben­ja­min de la bande, est le plus cha­ris­ma­tique des convives du Bel­lo­ta-bel­lo­ta. Ce­lui que ses co­pains sur­nomment

« Dar’ Ma­lin » a été élu dé­pu­té du Nord à 30 ans et maire de Tour­coing à 32. Jus­qu’à fin août, il est res­té l’homme mys­tère du Clue­do. Cour­ti­sé par Alain Jup­pé, Bru­no Le Maire et Na­tha­lie Kos­cius­ko-mo­ri­zet, il ré­pé­tait à qui vou­lait l’en­tendre qu’il ne sen­tait pas « d’en­vie de Ni­co­las Sar­ko­zy » dans l’élec­to­rat, et a fait traî­ner le sus­pense pen­dant des mois. Puis il y a eu… l’in­vi­ta­tion es­ti­vale au Cap Nègre, la luxueuse ré­si­dence de la famille de Car­la Bru­ni. Et, le 20 août, c’est Sar­ko qu’il a choi­si, alors que, il y a moins de deux ans, il ne sem­blait pas près de lui faire al­lé­geance : « J’ai été élu dé­pu­té quand il a per­du et maire quand il n’était pas pré­sident de ma famille po­li­tique. Je rends ser­vice mais je ne lui dois pas grand­chose. » Seuls ses potes sa­vaient qu’il re­tour­ne­rait sa veste. « Mon pe­tit doigt me dit qu’il ral­lie­ra Ni­co­las », nous confiait ain­si Thierry So­lère en juillet.

La re­vanche du sur­doué

Même s’il a envoyé pro­me­ner GQ pour cette en­quête, Gé­rald Dar­ma­nin a une tra­jec­toire qui re­tient l’at­ten­tion : fils du peuple né à Va­len­ciennes d’un père te­nan­cier de bar puis bou­qui­niste et d’une mère femme de mé­nage qui, se­lon la lé­gende, se sont sai­gnés pour of­frir à « leur » Gé­rald un bon ly­cée pri­vé pa­ri­sien. Dans le sa­lon trône un por­trait de De Gaulle, hom­mage à la pas­sion du grand-père, ti­railleur al­gé­rien de l’ar­mée coloniale, pour le gé­né­ral. Le jeune Gé­rald prend sa carte au RPR à 16 ans après avoir en­ten­du un dis­cours de Phi­lippe Sé­guin, une des grandes fi­gures du gaul­lisme so­cial. Il en­chaîne par Sciences Po Lille où il « choi­sit Ray­mond Bou­don plu­tôt que Pierre Bour­dieu » car il ne croit pas « au dé­ter­mi­nisme so­cial ». Son mo­teur : « Être un en­fant de pauvres car on a plus faim que les autres. » Après les élec­tions ré­gio­nales de 2015 ga­gnées par son ami Xa­vier Ber­trand, Dar­ma­nin de­vient vice-pré­sident de la ré­gion Nord-Pas-de-ca­lais-pi­car­die, re­bap­ti­sée de­puis Hauts-de-france. Il re­nonce à son man­dat de dé­pu­té et rend toutes ses cas­quettes au par­ti, fai­sant le choix de son im­plan­ta­tion lo­cale et de la conquête des classes po­pu­laires. Il peau­fine ce tra­vail de ter­rain, ne ces­sant d’échan­ger par mail et SMS avec ses ad­mi­nis­trés. Son en­ga­ge­ment au­près de Sar­ko­zy l’a ra­me­né plus fré­quem­ment à Pa­ris, ce­pen­dant. C’est là qu’il tisse sa toile mé­tho­di­que­ment sous sa cas­quette de co­or­di­na­teur de la cam­pagne de l’an­cien pré­sident. Ce qui lui laisse peu de temps pour ses pas­sions pour le foot et la chan­son française.

Le « sur­doué de la bande » en im­pose même à Be­noist Ap­pa­ru, 46 ans, bras droit d’alain Jup­pé et autre ha­bi­tué des dî­ners men­suels, qui se pro­longent parfois sur sa ter­rasse pa­ri­sienne. Ap­pa­ru est dé­jà un vé­té­ran : an­cien mi­nistre de Ni­co­las Sar­ko­zy, dé­pu­té de la Marne et maire de Châ­lons-en-champagne, il est le meilleur pour rou­ler des mé­ca­niques et mar­te­ler des « élé­ments de lan­gage » sur BFM TV. Car­ré, aus­si sé­rieux que son men­tor bor­de­lais, il a éga­le­ment choi­si de prendre ra­cine en pro­vince. Son mo­dèle Alain Jup­pé ne s’est-il pas po­sé, et im­po­sé à Bor­deaux en 1995, à l’âge de 50 ans, d’où il a en­ta­mé sa (très) longue marche vers l’élysée ? Pour Ap­pa­ru, il fau­drait néan­moins que les choses aillent un peu plus vite… Par­ti­san d’une droite « ou­verte et gé­né­reuse », il a été en 2013 un des deux dé­pu­tés UMP à se dé­cla­rer fa­vo­rable au mariage ho­mo­sexuel.

La guerre de 2022

L’autre dé­pu­té, c‘était Franck Ries­ter, 42 ans, qui trace dis­crè­te­ment sa route en Seine-et-Marne. « Un fief, c’est la lé­gi­ti­mi­té, l’in­dé­pen­dance. On ne doit plus rien à per­sonne, sauf à ceux qui nous ont élus », dit-il. Cet homme aux traits ju­vé­niles sous le gris ar­gent de ses che­veux est dé­pu­té et maire LR de Cou­lom­miers, la ville où les Ries­ter tiennent le ga­rage Peu­geot de père en fils. Pour émer­ger, il lui a fal­lu s’éman­ci­per de Guy Drut, son men­tor un peu trop di­rec­tif, avant de se lais­ser por­ter par la vague Sar­ko­zy de 2007, et, plus com­pli­qué, se faire ré­élire en 2012. Cet ho­mo­sexuel re­ven- di­qué, une trans­pa­rence rare dans son camp, est plein de douceur et de dé­ter­mi­na­tion. Il est convain­cu qu’il faut ré­for­mer et sur­tout ra­jeu­nir la bou­tique LR de la cave au gre­nier : « Si­non, c’est la ca­tas­trophe en 2022. J’es­père que les plus vieux vont le com­prendre. » La liste des in­ves­ti­tures pour les lé­gis­la­tives de 2017, close après bien des pa­labres, semble lui don­ner rai­son : il y au­ra da­van­tage de nou­veaux que d’an­ciens sur les pan­neaux élec­to­raux. Comme dans l’équipe pré­si­den­tielle de Ni­co­las Sar­ko­zy, où les nou­velles têtes se bous­culent pour être sur la photo ? « C’est de la pure stra­té­gie mar­ke­ting de sa part, se mé­fie Ries­ter, il s’en­toure de jeunes parce que ce­la pro­fite à son image. » Lui est dé­jà en cam­pagne dans son fief, prêt à guer­royer contre un FN estimé à 40 %. Être élu dé­pu­té pour une troi­sième fois se­ra à ses yeux la seule fa­çon d’être « lé­gi­time », et pour­quoi pas mi­nistre dans le sillage de Bru­no Le Maire, son pou­lain pour la pri­maire. Il s’in­té­resse aus­si de près à tous les su­jets qui concernent les mé­dias, ça ne peut pas nuire au car­net d’adresses. Le cin­quième lar­ron, Édouard Phi­lippe, sou­tient Alain Jup­pé – dans sa jeu­nesse à Sciences Po, sa pré­fé­rence al­lait éton­nam­ment à Mi­chel Ro­card dont l’évic­tion de la di­rec­tion du Par­ti so­cia­liste l’a pré­ci­pi­té dans les bras de la droite. En bon élève de LR, cet élu normand de 45 ans par­tage la même cer­ti­tude que l’ap­pa­rat­chik Pierre Cha­ron et ses com­pa­gnons de table : sans man­dat lo­cal, un po­li­tique n’est rien. Lui qui confie avoir vu le film Le Par­rain cin­quante fois est ac­cro­ché à sa ville du Havre comme Cor­leone à son village de Si­cile, île où l’élu aime pas­ser ses vacances. En 2001, cet an­cien avo­cat et conseiller d’état fan de Stan­ley Ku­brick et de la sé­rie À la Mai­son-blanche, rencontre son pro­tec­teur, An­toine Ru­fe­nacht, qui fut le maire du Havre pen­dant quinze ans avant de lui lé­guer la ville en douceur en 2010. « Si Édouard de­vait choi­sir entre dé­pu­té et maire, il est im­pen­sable qu’il laisse Le Havre », as­sure un ami. Pour Édouard Phi­lippe, la po­li­tique se ré­su­me­rait à ce choix : « Être ce­lui qui prend les dé­ci­sions, ou ce­lui qui les su­bit ? » Si les man­dats lo­caux de ces cinq-là rem­plissent certes leurs agen­das, 2017 et 2022 les ob­sèdent. C’est dé­jà l’heure de mi­ser. À 47 ans, Bru­no Le Maire, le troi­sième homme de la pri­maire avec Sar­ko­zy et Jup­pé, est le seul « vrai » pré­si­den­tiable du groupe, dans sept mois ou dans cinq ans. La « so­li­da­ri­té gé­né­ra­tion­nelle », chère à Thierry So­lère les amène parfois à in­vi­ter à leur table cet énarque nor­ma­lien au re­gard bleu acier, ex-mi­nistre, écri­vain de qua­li­té qui rê­vait d’être pi­lote de chasse. Entre le dau­phin de Sar­ko­zy, Laurent Wau­quiez, 41 ans, sa par­ka rouge d’homme qui ne craint pas les in­tem­pé­ries, sa confi­dence mal­heu­reuse sur sa fré­quen­ta­tion de You­porn, et Le Maire, et son am­bi­tion de « re­nou­ve­ler les élites po­li­tiques » (y com­pris en sup­pri­mant L’ENA), ils ont choi­si : « Bru­no a de l’am­bi­tion et du ta­lent, Wau­quiez n’a que l’am­bi­tion », ex­plique un des convives. Aux Ré­pu­bli­cains, cer­tains voient dé­jà entre ces deux-là « LE » duel de 2022. « Avec Bru­no Le Maire et Laurent Wau­quiez, vous n’avez rien vu : ce se­ra la pro­chaine guerre », a an­non­cé fin juillet dans le jour­nal L’opi­nion Ber­nard Ac­coyer, vieux rou­tier de la droite. Le Maire a dé­jà de la bou­teille, il sait ma­nier le sub­jonc­tif et tâ­ter le cul des vaches. En juin, il s’est vu re­mettre le Grand prix de l’hu­mour po­li­tique, dé­cer­né par les jour­na­listes à l’au­teur de la meilleure saillie de l’an­née, vo­lon­taire ou pas. « Mon in­tel­li­gence est un obs­tacle », avait-il dit, sans qu’on sache si c’était du lard ou du jam­bon. Pour ses deux che­va­liers de la table ronde, les dé­pu­tés Thierry So­lère et Franck Ries­ter, pas de doute : « Bru­no », qui n’est pas le plus mo­deste des hommes, n’a pas fait de se­cond de­gré.

Tuer les pères (et les grands-pères) Mais avant 2022, il y a le ga­lop d’es­sai de 2017, et d’abord cette pri­maire. Nos cinq sol­dats sont tous am­bi­tieux, com­plices et lu­cides : si Le Maire re­pré­sente l’ave­nir, cha­cun sait que la course hi­ver­nale se joue­ra entre Sar­ko­zy et Jup­pé. In­utile, dès lors, de gas­piller temps et éner­gie dans un com­bat qui n’au­ra plus lieu d’être le 27 no­vembre, quand, après avoir sou­te­nu trois can­di­dats dif­fé­rents, ils se­ront tous au garde-à-vous der­rière le ga­gnant. Au Bel­lo­ta-bel­lo­ta, ils s’écharpent sur les dos­siers sé­rieux : la mon­tée du FN et du chô­mage, le « tout-sé­cu­ri­taire », le cu­mul des man­dats, su­jet sen­sible pour les pro­vin­ciaux de la bande. Puis ils se ré­con­ci­lient à l’aide de leur man­tra, la convic­tion que l’époque et le be­soin de chan­ge­ment leur se­ront as­sez fa­vo­rables pour mon­ter d’un cran : « On se rend

Le mo­teur de Gé­rald Dar­ma­nin ? « Être un en­fant de pauvres car on a plus faim que les autres . » .

bien compte qu’on est à la fin d’un jeu de l’oie, mise un convive, le par­cours du jeune gis­car­dien, ou chi­ra­quien, qui passe par toutes les cases pour ter­mi­ner dans un grand mi­nis­tère, c’est ter­mi­né. Sar­ko­zy a bous­cu­lé la donne en 2007 en nom­mant tout un tas de jeunes mi­nistres in­ex­pé­ri­men­tés. On ne re­vien­dra pas en ar­rière. » Si le charme des tempes argentées peut en­core opé­rer à l’élysée et Ma­ti­gnon, ce se­rait fi­ni au gou­ver­ne­ment : « Les Fran­çais ne veulent plus de vieux mi­nistres be­don­nants », as­sure l’un deux, qui sait qu’il n’au­ra pas tou­jours 40 ans et joue contre la montre. À gauche, ils ont tous en tête le cas Ma­cron qui, du haut de ses 38 ans (et sans avoir ja­mais été élu), a bou­le­ver­sé les codes en quelques mois. « En termes de ra­jeu­nis­se­ment, de­puis Na­jat Val­laud-bel­ka­cem et Em­ma­nuel Ma­cron, la gauche a un temps d’avance sur nous », re­con­naît So­lère. « Pour­quoi êtes-vous de droite à votre âge ? », a d’ailleurs un jour de­man­dé Mar­tine Au­bry à Gé­rald Dar­ma­nin. « Pour­quoi êtes-vous en­core de gauche avec votre ex­pé­rience ? », lui avait-il ré­pli­qué. Le jeu­nisme, ini­tié par Sar­ko­zy en 2007 (Ra­ma Yade, Ra­chi­da Da­ti) est dans l’air du temps. Le temps presse, pour eux qui res­pirent « po­li­tique » de­puis leur ado­les­cence. Geof­froy Di­dier, la ri­sée

Pour par­ve­nir à ses fins, cette gé­né­ra­tion de­vra tuer les pères, un autre pas­sage obli­gé en po­li­tique. Et avant les pères, les grands-pères, (EX-UMP, voire EX-RPR, et même EX-UDR), tou­jours bien verts chez Les Ré­pu­bli­cains, et qui at­tendent cette nou­velle gé­né­ra­tion au tour­nant. Les cro­co­diles res­tent lé­gion dans le ma­ri­got po­li­tique. Jean-pierre Raf­fa­rin, par exemple. À 68 ans, le bon sa­ma­ri­tain de la droite dit sou­vent qu’il aime la jeu­nesse. Après le meeting sau­vage d’em­ma­nuel Ma­cron à la Mu­tua­li­té le 12 juillet, il a lan­cé : « Très fran­che­ment, je dis à Ma­nuel Valls : il faut s’ha­bi­tuer à ce qu’il y ait des as­pi­ra­tions à l’au­to­no­mie dans une équipe po­li­tique. » Noble re­marque, mais elle s’ap­plique au PS et pas à sa per­sonne. Qua­rante ans après avoir dé­bu­té sa car­rière comme jeune gis­car­dien, Raf­fa­rin conti­nue de se battre comme un lion dans la nou­velle cage LR. À l’au­tomne 2014, il s’est je­té à fond dans le com­bat pour la pré­si­dence du Sé­nat, ce pa­lais des Mé­di­cis si pro­pice aux com­plots. Il a été poi­gnar­dé dans le dos par son ben­ja­min, Gé­rard Lar­cher, 67 ans, pi­lier de la mai­son de­puis 1986. La po­li­tique est un élixir de jeu­nesse. Comme dit sou­vent Pa­trick De­ved­jian, 72 ans et tou­jours dé­pu­té : « Tant que vous n’avez pas 80 ans de man­dat, vous êtes jeune. » « Sur les sept dé­pu­tés de droite des Hauts-de-seine, le plus jeune après moi a 70 ans », re­marque Thierry So­lère qui, bien que père de quatre en­fants, a l’im­pres­sion de ra­jeu­nir de­puis qu’il a quit­té la vie ci­vile pour la po­li­tique. La jeu­nesse, sur­tout en po­li­tique, peut conduire à faire de grosses bé­vues. Geof­froy Di­dier, une autre des jeunes pousses des Ré­pu­bli­cains, est de­ve­nu la ri­sée des dî­ners « Be­lot­ta ». Le contre-exemple. C’est un peu l’his­toire d’un ex­cès de vi­tesse : en mars, à 40 ans tout ronds, ce jeune homme au phy­sique de pre­mier de la classe pu­blie un livre pro­gram­ma­tique : La Fronde Na­tio­nale. Puis, sans pré­ve­nir qui­conque, il se pré­sente en so­lo à la pri­maire avec l’es­poir de se pla­cer pour 2022, voire 2027. « Qui es-tu pour te pré­sen­ter ? Tu n’as ja­mais vu un élec­teur ! », gronde Thierry So­lère sur les pla­teaux té­lé, sou­dai­ne­ment ou­blieux de la « so­li­da­ri­té gé­né­ra­tion­nelle »… et de ses premiers pas de dis­si­dent ! Chez Sar­ko­zy, on tombe des nues. Pour Pierre Cha­ron, « la té­lé­réa­li­té » lui se­rait mon­tée à la tête : « Quand Co­pé était pré­sident du par­ti, les vieux ne pas­saient pas à la té­lé. Mais il y avait tou­jours un mec qui avait vu Geof­froy Di­dier sur BFM TV. » « J’ai fait ce que Ni­co­las Sar­ko­zy m’a ap­pris : “En po­li­tique, il faut prendre !” » se dé­fend l’au­da­cieux. Prendre oui, mais pas à n’im­porte qui : « C’est Sar­ko­zy qui l’a im­po­sé aux der­nières ré­gio­nales, et main­te­nant, Sar­ko­zy n’est pas content : l’aven­ture s’ar­rête ici pour Geof­froy », tonne Pierre Cha­ron. Les chances de l’im­per­ti­nent d’ob­te­nir « les si­gna­tures », sé­same pour concou­rir à la pri­maire, se­raient dé­sor­mais proches de zé­ro. Au­tant que celles de par­ti­ci­per aux dî­ners Bel­lo­ta. « Il se ri­di­cu­lise, af­firme un autre du club des cinq, qui peut ima­gi­ner un ins­tant Geof­froy Di­dier pré­sident de la Ré­pu­blique ? Qui le connaît ? »

« Sur les sept dé­pu­tés de droite des Hauts-de-seine, le plus jeune après moi a 70 ans » THIERRY SO­LÈRE ( 4 5 ANS )

Geof­froy Di­dier a tou­jours été im­pa­tient. Comme la bande des cinq, ac­crocs à « L’heure de vé­ri­té » dès leur plus jeune âge, l’an­cien pro­té­gé de Brice Hor­te­feux tombe dans la po­li­tique tout pe­tit. Son « kif » de­puis qu’il est en­fant, c’est de visiter les grands lieux de l’his­toire po­li­tique française. Co­lom­bey-lesDeux-églises, Mont­bou­dif, la pa­trie de Pom­pi­dou, le châ­teau de Bi­ty, pro­prié­té des Chi­rac en Cor­rèze, le ci­me­tière de Jar­nac où est en­ter­ré Fran­çois Mit­ter­rand, l’hô­tel Au Vieux Mor­van, où il pas­sait ses nuits élec­to­rales, le Mont Beu­vray cher à Mon­te­bourg… Il rate la vague de 2007, dé­cide de griller les étapes. Il crée La Droite forte, un cou­rant po­li­tique qui car­tonne au congrès de L’UMP en 2012 : 28 %, dix points de mieux que Jean-pierre Raf­fa­rin avec son cou­rant hu­ma­niste ! À cette époque, il fonc­tionne en duo avec un autre jeune am­bi­tieux, Guillaume Pel­tier, 40 ans, for­mé au Front na­tio­nal. Le bi­nôme se sent pous­ser des ailes. Trois an­nées de suite, en juillet, ils or­ga­nisent une Fête de la Vio­lette dans le Loir-et-cher. En 2015, Ni­co­las Sar­ko­zy y fait un ta­bac de­vant 4 000 mi­li­tants. C’était la der­nière édi­tion. Après que Geof­froy Di­dier a été re­ca­dré par Sar­ko­zy, la fête a été an­nu­lée.

il e re era u u Les deux co­pains ont ti­ré des le­çons op­po­sées de leur échec. Geof­froy Di­dier per­siste : se­lon lui, per­sonne à LR n’a en­core in­té­gré « le nou­veau lo­gi­ciel » en po­li­tique : « Moi, j’ai connu le RPR en sui­vant ma mère dans les mee­tings… C’est fi­ni tout ça, il n’est plus be­soin d’être un élu ou un baron lo­cal pour exis­ter. » Soit la po­si­tion exac­te­ment in­verse de celle de notre quin­tet. Seul dans son coin, dé­sor­mais loin des dî­ners entre amis et des cou­loirs de la mai­son LR, il veut tou­jours faire sau­ter la dé­mar­ca­tion gauche-droite et le mur des gé­né­ra­tions – pour l’ins­tant. Guillaume Pel­tier, lui, est ren­tré dans le rang : « En France, c’est com­pli­qué de faire émer­ger une nou­velle gé­né­ra­tion, consta­teil dou­ce­ment, mais à force de té­na­ci­té et de convic­tion, on fi­nit par y ar­ri­ver… Il faut sa­voir être mo­deste et ac­cep­ter le temps long. » Maire de Neung-sur-beu­vron, 1 200 ha­bi­tants, chef d’une pe­tite en­tre­prise de lo­gi­ciels pour PME, sar­ko­zyste dé­cla­ré, Guillaume Pel­tier est dans la boucle des lé­gis­la­tives de 2017 en Centre-val de Loire. Le dé­but de la res­pec­ta­bi­li­té et de la sé­ré­ni­té, bref de la ma­tu­ri­té. Et l’en­vie de du­rer. Mais l’entrée au club des ama­teurs de Bel­lo­ta lui reste ce­pen­dant fermée. Un gouffre sé­pare le jeune loup édu­qué au FN et ces cinq hé­ri­tiers du gaul­lisme so­cial, liés par leurs convic­tions ré­pu­bli­caines et eu­ro­péennes, et qui se si­gnalent ré­gu­liè­re­ment par des prises de po­si­tion plus mo­dé­rées que beau­coup de leurs aî­nés LR. Gé­rald Dar­ma­nin, par exemple, s’est fait re­mar­quer au dé­but de l’été par un texte, « Plai­doyer pour un is­lam fran­çais », dans le­quel il es­time que « la France doit of­frir aux mu­sul­mans la chance d’une adap­ta­tion de l’is­lam au monde mo­derne. La droite est com­plè­te­ment pas­sée à cô­té du su­jet ». En mai, Be­noist Ap­pa­ru a été l’une des très rares voix, droite et gauche confon­dues, à dé­plo­rer l’an­nu­la­tion du concert du rap­peur Black M lors de la com­mé­mo­ra­tion de Ver­dun. Franck Ries­ter, de son cô­té, n’hé­site pas à af­fir­mer que la droite ne re­vien­dra pas sur le mariage gay, quitte à dé­ce­voir le noyau dur de l’élec­to­rat LR. Et Édouard Phi­lippe est un des ar­ti­sans de « l’iden­ti­té heu­reuse » dé­fen­due par Alain Jup­pé, mé­lange d’uni­té na­tio­nale et de di­ver­si­té. La cam­pagne va leur don­ner l’oc­ca­sion de se faire da­van­tage connaître et de pous­ser leurs po­si­tions. L’exer­cice se­ra com­pli­qué. Sept mois du­rant, les cinq mous­que­taires vont mar­cher sur un fil, entre la dé­fense de leurs convic­tions per­son­nelles et l’obli­ga­tion d’al­ler por­ter la pa­role du can­di­dat de droite, un exer­cice dif­fi­cile, sur­tout si l’axe dur de Ni­co­las Sar­ko­zy do­mine. Car une cam­pagne c’est aus­si le temps des jeunes « sni­pers » qui, et plus en­core en pleine « Bf­mi­sa­tion » de la vie po­li­tique, sont mis­sion­nés pour al­ler, entre deux dî­ners ibé­riques, tor­piller les po­si­tions de la gauche. Leur jour vien­dra, ce­pen­dant. Ni­co­las Sar­ko­zy le dit sou­vent : « Dans la vie, on part tous sur la même ligne, mais on n’ar­rive pas tous en même temps. » Par­mi les qua­dras LR, tous n’ac­cé­de­ront pas à la fonc­tion su­prême. À Pa­ris, dans le LoirC­her, le Nord ou la Nor­man­die, cha­cun est en piste. Et cha­cun croit à son étoile.

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