120 MI­NUTES… À Mon­reale en Si­cile, le dé­fi­lé ba­roque de Dolce & Gab­ba­na.

Pour sa col­lec­tion Al­ta Sar­to­ria, le duo Dolce & Gab­ba­na s’est ins­pi­ré de la somp­tueuse ca­thé­drale de Mon­reale, en Si­cile. Plon­gée dans les cou­lisses du dé­fi­lé.

GQ (France) - - Sommaire - Par Béline Dolat

20 H PLACE DU VIL­LAGE DE MON­REALE, SI­CILE.

La tem­pé­ra­ture com­mence à peine à bais­ser. En ce jour ca­ni­cu­laire de juillet, le ther­mo­mètre est mon­té au- de­là des 40 de­grés. Le car­ton d’in­vi­ta­tion au dé­fi­lé Al­ta Sar­to­ria (la col­lec­tion cou­ture masculine, ndlr) de Dolce & Gab­ba­na in­di­quait « te­nue de cock­tail » . Con­trai­re­ment aux idées re­çues, la mon­dia­li­sa­tion n’a pas en­core tout lis­sé. Ain­si, l’idée que l’on se fait de la « te­nue de cock­tail » – en­ten­dez « ha­billée mais pas trop » –, dif­fère se­lon les na­tio­na­li­tés et les sta­tuts. Quand les jour­na­listes fran­çais ou ita­liens jouent les pe­tits ma­lins en che­mise blanche, pan­ta­lon de lin et slip­pers, les clients chi­nois, in­diens ou ka­za­khs osent les paillettes ou le py­ja­ma de soie. Face au duo­mo di Mon­reale, flam­boyant édi­fice du XIIE siècle et syn­thèse des cultures arabe, nor­mande et by­zan­tine, les in­vi­tés vont et viennent un verre à la main, dé­cou­vrant dans des condi­tions uniques l’édi­fice clas­sé au Pa­tri­moine mon­dial de l’unesco. On écoute Tos­ca – ver­sion Pa­va­rot­ti –, des pe­tites f illes en robe mai­son sla­loment entre les re­li­gieuses de la ca­thé­drale et, de­puis leurs bal­cons, les ha­bi­tants de Mon­reale f ilment la scène avec des smart­phones. Bien­ve­nue en Si­cile.

21 H OUI, LA HAUTE COU­TURE POUR HOMME EXISTE

À la nuit tom­bée, les man­ne­quins des­cendent d’un opu­lent écha­fau­dage cou­leur or mat et par­courent le po­dium po­sé sur la place, au­tour de la sta­tue du roi Guillaume II de Si­cile. Tra­duc­tion lit­té­rale – et par­fai­te­ment as­su­mée par les créa­teurs Do­me­ni­co Dolce et Ste­fa­no Gab­ba­na – de l’es­thé­tique or­ne­men­tale du duo­mo, la col­lec­tion Al­ta Sar­to­ria re­prend les mo­tifs des mo­saïques by­zan­tines et des dé­tails ara­bi­sants de l’édi­fice. Djel­la­bas, chaus­sons, sweat­shirts et man­teaux d’ap­pa­rat au patch­work chris­tique : la col­lec­tion ne se li­mite pas aux traditionnels cos­tumes pour homme. Il s’agit bien de haute cou­ture. Avec toute la vir­tuo­si­té ar­tis­tique, le sa­voir- faire ar­ti­sa­nal et l’em­phase que ce­la im­plique. Sur un groupe What­sapp, les clients com­mu­niquent en di­rect avec les ven­deurs et leur in­diquent les mo­dèles choisis. See now, buy now… et wear­now, aus­si.

22 H DέNER AU CLOÎTRE

Dès le dî­ner, ser­vi dans le cloître at­te­nant au duo­mo, cer­tains convives portent des pièces du dé­fi­lé. Gastronomie si­ci­lienne, bons pains, bons vins et chan­teur ita­lien, les créa­teurs passent de table en table, sa­luent et trinquent. Les en­fants jouent à ca­che­cache, des dan­seuses en toge di­ver­tissent les convives entre deux plats. Est- ce une fête de fa­mille, un ma­riage, un bap­tême ? Les Dolce & Gab­ba­na livrent ici leur ver­sion du luxe à la si­ci­lienne. Un grand mezze by­zan­tin où clients ri­chis­simes et dé­com­plexés cô­toient les membres de leur fa­mille, leurs amis et la presse. On est loin des sa­lons feu­trés du centre de Pa­ris. 23 heures, il fait tou­jours 38 de­grés.

UN TEMPLE D’OR DANS LA BAIE DE PALERME Le dôme, éri­gé à la gloire de la chré­tien­té et ri­che­ment or­né, mé­lange ré­fé­rences by­zan­tines, mu­sul­manes et nor­mandes dans une folle ma­gni­fi­cence.

OPULENCE BA­ROQUE Djel­la­bas, chaus­sons or­nés de pier­re­ries, sweat- shirts bro­dés et mo­tifs chris­tiques : le sa­voir- faire de la mai­son s’ex­prime avec pro­fu­sion.

ÉLÉ­GANTE DIS­CRÉ­TION Les deux créa­teurs, so­bre­ment vê­tus de noir, vien­dront sa­luer clients, amis, fa­mille et jour­na­listes pen­dant le dî­ner.

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