SUR LES ÉCRANS : 50 NUANCES DE JUS­TIN

Entre des rôles im­pro­bables au ci­né­ma et des pas­sages té­lé­vi­sés cultes, Jus­tin Tim­ber­lake s’est for­gée une car­rière d’ac­teur rare et sin­gu­lier.

GQ (France) - - Mise En Scène - Par Étienne Me­nu

BLACK SNAKE MOAN

2006 Dans ce film mé­con­nu de Craig Bre­wer ( qui a de­puis réa­li­sé des épi­sodes de la sé­rie Em­pire), Tim­ber­lake in­carne Ron­nie, le ma­ri mi­li­taire, fra­gile et co­cu d’une Ch­ris­ti­na Ric­ci sex

ad­dict. Alors qu’il sert en Irak, sa femme s’en­fonce dans la dé­bauche avant d’être re­cueillie par un ex- blues­man très croyant ( Sa­muel L. Jack­son) qui lui im­pose une cure de dés­in­tox DIY, à base de chaînes et de sé­ques­tra­tion. Ron­nie/ Jus­tin, lui, re­vient du front avec un bon vieux trau­ma des fa­milles. Au­tant vous dire qu’il ne va pas tout de suite se mettre à chan­ter « Rock Your Bo­dy » .

DICK IN A BOX

2006 Ce n’est pas parce qu’on est un sex- sym­bol glo­bal et un ar­tiste de tout pre­mier plan que l’on ne doit pas, par­fois, se per­mettre de faire n’im­porte quoi. Ain­si, quand, en 2006, le trio d’au­teurs co­miques Lo­ne­ly Is­land pro­pose à JT de tour­ner pour le « Sa­tur­day Night Live » un clip qui pa­ro­die le R& B sa­lace du dé­but des an­nées 1990, il ac­cepte aus­si­tôt. Ça donne cette chan­son qui parle d’in­tro­duire son membre dans un pa­quet ca­deau et d’al­ler l’of­frir à sa dul­ci­née. Une sé­quence vrai­ment très chic dans la­quelle Jus­tin dé­ploie tout son ta­lent co­mique et son sens de l’au­to­dé­ri­sion.

SOUTHLAND TALES

2007 Film de SF à la fois culte et fleuve de Ri­chard Kel­ly (Don­nie­dar­ko), Southland

Tales avait pris le par­ti de cas­ter des stars très mains­tream – Dwayne John­son/ The Rock, Sa­rah Michelle Gel­lar (Buf­fy), Seann William Scott ( le Sti­fler d’ame­ri­can Pie), et donc Tim­ber­lake – pour les plon­ger dans une dys­to­pie post- Ma­trix qui lais­sa ses pro­duc­teurs si per­plexes qu’ils en re­cu­lèrent la sor­tie de près d’un an pour le faire re­mon­ter. Jus­tin joue le nar­ra­teur cra­mé de cette in­trigue dé­jà pas évi­dente à suivre – cra­mé parce qu’il re­vient, là en­core, de la guerre d’irak.

SO­CIAL NET­WORK

2010 Avec Sexeen­trea­mis, le chef- d’oeuvre de Da­vid Fin­cher sur les dé­buts de Fa­ce­book est peut- être le seul film qui montre un Tim­ber­lake co­ol, sexy et brillant, soit un per­son­nage plu­tôt proche de ce­lui qu’il est dans la réa­li­té, ou du moins en in­ter­view. Dans le rôle de Sean Par­ker, geek gé­nial et sé­duc­teur qui a dé­jà fait for­tune avec Naps­ter quand il s’in­té­resse au pro­jet nais­sant de Mark Zu­cker­berg, Jus­tin ajoute au rythme fré­né­tique de la mise en scène un sens de la syn­cope dont peu d’autres ac­teurs au­raient été ca­pables.

IN­SIDE LLEWYN DA­VIS

2013 Jus­tin en boy- scout, ra­vi de la crèche, li­mite pu­ceau ? Très bien, c’est pos­sible ! On avait dé­jà vu l’ac­teur- chan­teur en prof un peu niais dans Bad­tea­cher ( 2011), don­nant la ré­plique à son ex Ca­me­ron Diaz, et on a ado­ré le re­voir dans le très beau In­si­del­lewyn­da­vis des frères Coen. Un rôle de mu­si­cien rin­gard et co­cu ( dé­ci­dé­ment), joué avec beau­coup de pré­ci­sion et un plai­sir pal­pable, face à un Os­car Isaac lo­ser mais cha­ris­ma­tique. Men­tion spé­ciale au com­bo re­gard fixe/col­lier de barbe/pull en V orange.

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