“ON PEUT MÊME FAIRE DES MOEL­LEUX AU CHO­CO­LAT ! ”

Car­ré d’agneau, fi­let de do­rade et poire po­chée au ca­ra­mel… Pour la di­rec­trice mar­ke­ting de We­ber, la fo­lie du bar­be­cue à la fran­çaise, c’est d’abord une grande his­toire de cui­sine en plein air.

Grand Seigneur - - Grand Angle - O.M.

Ca­the­rine Massot, de­puis quand les bar­be­cues We­ber ren­contrent-ils un tel suc­cès en France ?

— C.M. : La marque a été créée aux ÉtatsU­nis en 1952 par George Ste­phen, as­sem­bleur de plaques d’acier dans l’usine We­ber Bro­thers Me­tal Works, et s’est dé­ve­lop­pée en France dans les an­nées 2000. Très vite, la ren­contre entre la culture fran­çaise de la gas­tro­no­mie, cen­trée sur l’in­té­rieur de la mai­son, et celle amé­ri­caine du bar­be­cue, dans le jar­din, nous a ame­nés à pro­po­ser une cui­sine « out­door ». Plus dé­com­plexée, sur­fant sur des va­leurs de li­ber­té, de fun, de con­vi­via­li­té, avec des re­cettes fran­çaises adap­tées aux cuis­sons du bar­be­cue. Quelle dif­fé­rence entre la culture fran­çaise du bar­be­cue et celle amé­ri­caine ?

C.M. : Les Amé­ri­cains pri­vi­lé­gient des cuis­sons longues et fu­mées avec des sauces Bar­be­cue très au­then­tiques mais plu­tôt su­crées. Alors que les Fran­çais pré­fèrent re­vi­si­ter leurs propres re­cettes au bar­be­cue avec, par exemple, un

car­ré d’agneau en croûte de pis­tache, un jam­bon cuit aux herbes, un mi­jo­té de pou­let à l’ail et aux tomates... Il faut dire que grâce au cou­vercle, ils ont pu cui­si­ner au bar­be­cue dif­fé­rem­ment, faire de la cuis­son in­di­recte, des rô­tis, des des­serts, alors qu’au­pa­ra­vant le bar­be­cue se li­mi­tait prin­ci­pa­le­ment aux grillades. La cuis­son avec un cou­vercle fer­mé, ça change quoi ?

C.M. : Beau­coup de choses ! D’abord, on peut plus fa­ci­le­ment ré­gu­ler la tem­pé­ra­ture avec des cla­pets en haut et en bas, des ther­mo­mètres in­té­grés. On ne craint plus les pous­sées de vent qui pou­vaient faire flam­ber le bar­be­cue comme avant avec des foyers ou­verts. En­suite, on conserve beau­coup plus ef­fi­ca­ce­ment le moel­leux, le jus et les sa­veurs avec le cou­vercle qui agit un peu comme sur une cas­se­role. Et on peut éga­le­ment s’es­sayer à d’autres mé­thodes de cuis­son comme les braises, mais sans be­soin de les tou­cher ou de souf­fler des­sus grâce à une bien meilleure cir­cu­la­tion de l’air.

Que peut-on pré­pa­rer comme des­serts avec un bar­be­cue We­ber ?

C.M. : Écou­tez, j’étais à Saintes-Ma­ries-de-laMer pour le Cham­pion­nat de France de bar­be­cue il y a quelques se­maines et j’ai vrai­ment été im­pres­sion­née par la créa­ti­vi­té des can­di­dats. Ils ar­rivent à faire des moel­leux au cho­co­lat, des poires po­chées au ca­ra­mel, du pain per­du à la plan­cha, etc. En fait, il n’y a que les glaces qu’on ne puisse pas pré­pa­rer avec un bar­be­cue ! (Rires.) Le ther­mo­mètre connec­té sur un bar­be­cue, c’est un gad­get ?

C.M. : C’est bien plus que ça ! C’est une in­no­va­tion qui nous éloigne dé­fi­ni­ti­ve­ment du bar­be­cue fas­ti­dieux et cra­mé avec une sonde pla­cée au coeur des ali­ments qui per­met, par exemple, de suivre à dis­tance les cuis­sons par­ti­cu­lières de quatre steaks en même temps. On sé­lec­tionne le type de viande et les cuis­sons sou­hai­tées, et l’ap­pli­ca­tion nous alerte quand c’est prêt, même lé­gè­re­ment un peu avant pour lais­ser à la viande le temps de re­po­ser. Avec toutes ces in­no­va­tions, le bar­be­cue est-il en­fin sor­ti du do­maine ré­ser­vé aux hommes ?

C.M. : En tous cas, on voit bien que les femmes s’y in­té­ressent de plus en plus et ap­portent une touche tou­jours plus créa­tive au bar­be­cue. Même si ça reste en­core as­sez mas­cu­lin et que les femmes ap­pré­cient éga­le­ment que les hommes prennent la main… Ce­la peut-il évo­luer avec les cours de la Grill Aca­de­my, l’école de bar­be­cue We­ber ?

C.M. : Évi­dem­ment, c’est dé­jà le cas. Aux ÉtatsU­nis, on dit sou­vent pour s’amu­ser que les ama­teurs de bar­be­cues sont les nou­veaux « hé­ros du jar­din ». C’est-à-dire que les hommes re­viennent un pe­tit peu à leur ADN des ca­vernes : maî­tri­ser le feu, faire man­ger sa fille au­tour de la braise... Eh bien, c’est jus­te­ment cet as­pect­là du bar­be­cue, qui plaît tant aux hommes, que les femmes com­mencent à s’ap­pro­prier avec, entre autres, des bar­be­cues à gaz ou élec­triques dont les in­no­va­tions rendent la maî­trise en­core plus fa­cile.

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