PAS­SÉ LE COEUR DOWN TOWN, L’HO­RI­ZON IM­MÉ­DIAT D’AU­CK­LAND RE­DE­VIENT IM­MÉ­DIA­TE­MENT UN PUZZLE DE QUAR­TIERS CALMES…

Grands Reportages - - Dossier Nouvelle-zélande 48 Heures -

Mount Eden est l’un de points de vue les plus connus d’Au­ck­land, plus cou­ru que One Tree Hill, dans Corn­wall Park. Émer­geant au-des­sus des quar­tiers chics, il offre une vue à 360 de­grés sur la ville, la baie et ses grandes ban­lieues. On y monte pour une pho­to ou un foo­ting. Les ama­teurs de voile peuvent ob­ser­ver à la ju­melle les ré­gates dans la baie. Les pas­sion­nés de rugby s’y ex­ta­sient face à la for­te­resse toute proche d’Eden Parc, le stade de rugby le plus cé­lèbre du monde. Et l’on y com­prend en­fin qu’Au­ck­land est réel­le­ment construite sur une cin­quan­taine de vol­cans en­dor­mis. La­gons, cra­tères, cônes et îles : le re­lief en­tier est des­si­né des feux de la terre. La ville flotte juste à la sé­pa­ra­tion des plaques aus­tra­liennes et pa­ci­fiques. La der­nière érup­tion ? Il y a 700 ans « seu­le­ment » que le Ran­gi­to­to, un vol­can bou­clier, est ap­pa­ru au large de North Head…

c’est un peu comme prendre le fer­ry-boat de Manhattan pour Sta­ten Is­land. Down­ton, un bout de gare ma­ri­time. Une di­zaine de mi­nutes de na­vi­ga­tion sur Wai­te­ma­na Har­bour. Et toute la city de­vient un monde vu d’un tout autre monde. Le voyage com­mence entre Via­duct Ar­bour et Queens Warf, à deux pas de Bri­to­mart. Pas­sé Quay Street, le Wa­ter Front, un peu com­pres­sé sous les buil­dings, se niche

Une soi­rée à De­von­port,

entre les fa­çades de verres et la baie. Coups de si­rènes. Grappes de com­mu­ters pas réel­le­ment pres­sés. Files d’at­tentes de voi­tures et de taxis. Bal­let pré­cis des fer­ry-boats sillon­nant la baie d’Ha­ru­ra­ki vers les îles de Ran­gi­to­to ou de Wai­heke. Pa­que­bots de croi­sière. Au­tour des Pier et des ter­mi­naux, il ne faut pas man­quer, avant d’em­bar­quer la struc­ture du Cloud (une che­nille claire de 180 mètres de long, construite pour ac­cueillir écrans géants et fans lors de la coupe du monde de rugby en 2011), ni les fa­çades ed­war­diennes su­per­be­ment ré­no­vées de l’AFT, l’Au­ck­land Fer­ry Ter­mi­nal, ni le bloc de Shed 10, le der­nier sur­vi­vant des en­tre­pôts his­to­riques d’Au­ck­land.

En moins d’un quart d’heure de tra­ver­sée.

De­von­port est un mi­cro­vil­lage où le temps semble s’être ar­rê­té. Les « He­ri­tage Buil­dings » abritent pe­tits bis­trots, pubs, ga­le­ries d’ar­ti­sans et d’art. On peut se lais­ser glis­ser vers North Head, et la base na­vale de Tor­pe­do bay. Mais le ren­dez-vous du soir le plus émou­vant de De­von­port est ailleurs. Quelques mi­nutes de marche pour re­mon­ter Vic­to­ria Road. Puis les la­cets de Kerr Street. Chaque soir, des vi­si­teurs si­len­cieux se re­trouvent sur les trois bancs de Mount Vic­to­ria Re­serve pour as­sis­ter à la mon­tée de la nuit sur Au­ck­land et sa baie im­mense…

Un ma­tin, dé­part pour l’Au­ck­land War Me­mo­rial Mu­seum.

Ou plus sim­ple­ment l’AM, l’Au­ck­land Mu­seum. Pro­ba­ble­ment l’un des bâ­ti­ments clas­siques les plus im­pres­sion­nants de la ville. Mais sur­tout, mal­gré son nom, la plus re­mar­quable col­lec­tion d’art pre­mier de tout l’hé­mi­sphère Sud. Im­man­quables dans les 15 hec­tares de ga­zon ver­doyant du plus vaste parc de la ville (Au­ck­land Do­main), ses co­lonnes néo­clas­siques et ses es­ca­liers mo­nu­men­taux datent des an­nées trente. Mais le tra­vail de col­lecte eth­no­lo­gique re­monte à plus de 150 ans dé­sor­mais. Gau­guin, dit-on, y se­rait ve­nu cro­quer cer­taines sculp­tures mao­ries. Au­jourd’hui, les sec­tions concernent l’en­semble des uni­vers po­ly­né­siens du pa­ci­fique, qui se ré­pondent dans des salles su­per­be­ment mises en re­la­tion et en pers­pec­tive. Pièces maî­tresses des mondes pa­ci­fiques, tous re­pré­sen­tés, de la

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