DU­RANT L’ÉTREINTE, LES JEUNES FILLES APINAYÉ MORDENT LES SOUR­CILS DE LEUR PAR­TE­NAIRE

Grands Reportages - - L’art De La Séduction Brésil / Amazonie -

jeune femme était ma­riée avec, de pré­fé­rence, un cou­sin croi­sé. De nos jours, elle pré­fère at­tendre quelques an­nées avant d'ac­cep­ter le ma­riage ar­ran­gé par ses pa­rents. Elle pro­fite de cette pé­riode pour flir­ter avec un par­te­naire de son choix. Le jeu de sé­duc­tion se ca­rac­té­rise par l'ex­trême dis­cré­tion des deux amants et se li­mite à l'échange de re­gards et à quelques mots pro­non­cés à voix basse. Le ren­dez- vous est tou­jours fixé à l'ex­té­rieur du vil­lage. En jour­née, le gar­çon se di­rige en pre­mier vers la ri­vière, sui­vi quelques ins­tants plus tard par la jeune fille. Cette sor­tie diurne à la vue de tous ali­mente les ra­gots mais ne sou­lève au­cune contes- ta­tion. La nuit, le gar­çon frôle la pa­roi de paille de l'ha­bi­ta­tion pour si­gna­ler le ren­dez- vous. La fille at­tend que la fa­mille s'en­dorme pour le re­joindre. Elle de­vra être de re­tour avant l'aube. Quelques groupes amé­rin­diens ont des fa­çons sin­gu­lières de manifester leur ten­dresse en­vers les amou­reux. C'est le cas des jeunes filles Apinayé ( To­can­tins) qui, du­rant l'étreinte, mordent les sour­cils de leur par­te­naire avec les dents, les ar­rachent et les crachent avec bruit. Les Xin­gua­nos sont plus dis­crets et rares sont les gestes d'af­fec­tion en pu­blic.

consa­crées à la cé­lé­bra­tion des ri­tuels sont des mo­ments op­por­tuns pour se mon­trer. Les hommes dans leur es­pace ré­ser­vé pour­suivent la trans­for­ma­tion des corps en y des­si­nant des mo­tifs ins­pi­rés de la faune lo­cale. Ils se parent d'or­ne­ments re­pré­sen­tant des es­prits qui les me­nacent sans cesse lors des sor­ties en fo­rêt. La sé­duc­tion est alors di­ri­gée non seule­ment pour at­ti­rer l'at­ten­tion des membres des autres com­mu­nau­tés, mais éga­le­ment pour ama­douer une pléiade d'en­ti­tés sur­na­tu­relles aux pou­voirs dan­ge­reux. Les femmes pro­fitent elles aus­si de l'oc­ca­sion pour re­vê­tir leurs pa­rures. Elles se pré­sentent, sur la place cen­trale, à la vue de tous. Les plus jeunes d'entre elles dansent avec les hommes des tri­bus in­vi­tées sans être au­to­ri­sées à leur adres­ser la pa­role. Com­mence alors un jeu de sé­duc­tion ba­sé sur l'évi­te­ment. Un com­por­te­ment que de­vront adop­ter les hommes lors des pre­mières an­nées de ma­riage, du­rant les­quelles ils ré­si­de­ront dans la de­meure de leur épouse.

du HautXin­gu s'exerce éga­le­ment dans les re­la­tions avec le monde ex­té­rieur. Les Amé­rin­diens am­pli­fient quelques traits cultu­rels pour lé­gi­ti­mer leur in­dia­ni­té. Tout le monde y trouve son compte : les té­lé­vi­sions in­ter­na­tio­nales montrent un Éden pri­mi­tif, dans le­quel évo­lue le mo­dèle idyl­lique de l'In­dien vi­vant en par­faite har­mo­nie avec la na­ture, et le gou­ver­ne­ment bré­si­lien glo­ri­fie sa po­li­tique in­di­gé­niste. Pour les Amé­rin­diens, ce moyen de sé­duc­tion per­met de re­ven­di­quer leurs droits en of­frant, comme l'écrit l'an­thro­po­logue bré­si­lienne Apa­re­ci­da Vi­la­ça, « une fa­çon blanche d'être In­dien » .

Les ren­contres in­ter­eth­niques

Le pou­voir de sé­duc­tion des po­pu­la­tions

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