CHERS AMIS,

Grands Reportages - - Édito - AN­THO­NY NICOLAZZI Ré­dac­teur en chef

Que vous sou­hai­ter, en ce dé­but jan­vier, si ce n’est (du fond du coeur, vrai­ment) une très belle et douce an­née 2017 ! Il faut avouer que les pers­pec­tives ac­tuelles ‒ de la chute d’Alep ou des nou­velles me­naces sur Pal­myre à la prise de fonc­tions de Do­nald Trump et de son ca­bi­net de cli­ma­tos­cep­tiques ‒ ne nous en­cou­ragent guère aux fan­fa­ron­nades. Pire ! En po­li­tique comme en voyage, l’homme a de fâ­cheuses ten­dances mou­ton­nières. À l’orée de la pro­chaine pré­si­den­tielle fran­çaise, par­tout ou presque la « real po­li­tik » l’em­porte, dé­fen­dant ici les in­té­rêts de la Grande Rus­sie, là ceux de l’Ame­ri­can Way of Life ou du Bri­tain First. Le monde de cette fin 2016 ne voit plus guère son sa­lut que dans la dé­fense de ses in­té­rêts propres, je­tant l’op­probre sur ceux qui ‒ de l’ONU à l’Union eu­ro­péenne ‒ n’ont su faire état d’ar­gu­ments ou de dé­ci­sions po­li­tiques en me­sure d’ins­tau­rer du­ra­ble­ment un monde juste et pa­ci­fique, mû par le seul in­té­rêt col­lec­tif. L’échec de l’Eu­rope ‒ il faut bien ap­pe­ler les choses par ce qu’elles sont, fussent-elles tem­po­raires, de l’ONU ou du FMI… est aus­si ce­lui d’une cer­taine éco­no­mie mon­dia­li­sée qu’elles ont contri­bué à éta­blir, et qui a tant pro­fi­té aux puis­sants, et si peu aux « sans-dents » qui com­posent les qua­tre­vingt-dix-neuf pour cent res­tants de la pla­nète. Le vote po­pu­liste de ces an­nées 2010 n’en est que la ré­sul­tante im­pla­cable. Sauf que… qui croit-on pu­nir, si ce n’est… nous-mêmes ? Il m’ar­rive, par bon­heur, d’éteindre la té­lé­vi­sion, mon té­lé­phone mo­bile, et de me cou­per de ce brou­ha­ha mé­dia­tique. À l’ère des smart­phones et des mes­sa­ge­ries ins­tan­ta­nées, cer­tai­ne­ment n’a-t-on ja­mais au­tant com­mu­ni­qué. Mais sans doute ne s’est-on ja­mais aus­si peu par­lé. C’est fou ce que l’on peut cau­ser, écou­ter, lors­qu’on ar­pente le globe, loin de tout. Du gar­dien de re­fuge à la mé­na­gère mal­gache, du ber­ger zans­kar­pa au pê­cheur is­lan­dais, tout est pré­texte à la dis­cus­sion, à l’échange, au sou­rire. Le GPS est un ou­til for­mi­dable ; et da­van­tage en­core lors­qu’il tombe en rade et qu’il nous im­pose de de­man­der notre che­min. Un voyage n’est ja­mais aus­si « réus­si » que lors­qu’il crée ce dia­logue avec l’autre. Sans doute est-ce là notre fil conduc­teur, re­nou­ve­lé à chaque nu­mé­ro, dès lors que nous nous pen­chons sur nos som­maires. Trou­ver les che­mins de tra­verse qui nous mènent à l’es­sence même d’un lieu, à ses ha­bi­tants, à ses in­times. Certes, il n’y a pas une ma­nière unique de voya­ger ; il est tout aus­si louable de se lan­cer sur les grands mythes de l’Ouest amé­ri­cain, pour évo­quer le thème à l’hon­neur de ce nu­mé­ro, que d’ap­pro­fon­dir la dé­cou­verte sur des sec­teurs net­te­ment plus confi­den­tiels tels que Grand Stair­case Es­ca­lante ou la haute Sier­ra Ne­va­da du Yosemite. À cha­cun, son propre choix, en conscience, en li­ber­té, avec exi­gence et lu­ci­di­té. Tout ce que l’on vous sou­haite pour 2017… À com­men­cer par le 23 avril pro­chain. Très bonne an­née 2017…

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