CROIX DE FER

CHAINE DES FIZ

Grimper - - SOMMAIRE -

Pour ceux qui ont l’ha­bi­tude de grim­per au coeur de la val­lée de l’Arve, à Balme, à la Ma­la­dière, aux Tours d’Areu ou en­core aux Vuardes, le­vez la tête ! Telle une sen­ti­nelle, le Pi­lier de la Croix de Fer se tient ma­jes­tueu­se­ment au-des­sus de vous et n’at­tend plus que votre vi­site.

Avec

sa forme de fer à che­val, la chaîne des Fiz s’étend de­puis Sa­moëns au nord, Sal­lanches au sud et Cluses à l’ouest. Telle une suc­ces­sion de rem­parts dis­crets pro­té­geant le mas­sif du Mont-Blanc, les Fiz re­gorgent de pé­pites et mé­ritent am­ple­ment le dé­tour. En ef­fet, que ce soit avec la pa­roi d’An­terne ou en­core les pointes d’Ayères, ce mas­sif pro­pose quelques-unes des plus belles fa­laises de France ! Le Pi­lier de la Croix de Fer, si­tué plus au sud de ces grandes faces ne dé­mé­rite pas, bien au contraire. Ce bas­tion tant convoi­té, voit sa pre­mière as­cen­sion réa­li­sée en 1955 par Wol­schlag et Gam­bo­ni. À cette époque, la dif­fi­cul­té et l’en­ga­ge­ment de cette en­tre­prise en font l’une des ou­ver­tures mar­quantes des Pré-Alpes. Preuve que ce pi­lier s’im­pose comme l’une des faces prin­ci­pales de la val­lée. Grim­per à la Croix de Fer de­mande un peu de sang-froid. Je vous laisse ima­gi­ner. Avec son som­met culmi­nant à plus de 1800 mètres au-des­sus de la val­lée, cette face pro­pose une es­ca­lade très aé­rienne, ce­la ne gê­nant cer­tai­ne­ment pas les adeptes du vide, bien au contraire. Ici, il n’est pas vrai­ment sûr de croi­ser une autre cor­dée. Si vous ai­mez la tran­quilli­té, cette fa­laise est faite pour vous. En ef­fet, son ap­proche étant re­la­ti­ve­ment un peu longue et com­pli­quée, on ne peut pas dire que les grim­peurs se poussent au por­tillon, à tort car le jeu en vaut la chan­delle. Quelques voies par­courent ces deux cent cin­quante mètres de ver­ti­ca­li­té. “Ni Dieu, ni Maître“l’une d’entre elles, est très cer­tai­ne­ment l’une des plus belles et des plus ho­mo­gènes. L’es­ca­lade y est tout en fi­nesse sur un su­perbe ro­cher très adhé­rent. Cette ligne par­court dalles et di­èdres un peu à droite du fil du pi­lier. L’équi­pe­ment re­la­ti­ve­ment spor­tif de­mande un peu de marge no­tam­ment pour la lon­gueur la plus dure en 6c. Vous pou­vez éga­le­ment dé­cou­vrir le Pi­lier de la Croix de Fer avec “L’Al­ba­tros“, l’un des autres iti­né­raires ma­jeurs de la face. Ce der­nier si­tué à gauche du “Pi­lier Clas­sique“, pro­pose un che­mi­ne­ment aé­rien en 6c+ max. Les der­nières lon­gueurs sont de toute beau­té sur un cal­caire de très bonne qua­li­té. Reste le pi­lier clas­sique dans un ni­veau moindre en 6b+ max (6a obli­ga­toire). Le ro­cher un peu mé­diocre dans les pre­mières lon­gueurs, de­vient plus com­pact par la suite. Cette ligne n’est peut-être pas la plus belle des trois, mais son che­mi­ne­ment, sa dif­fi­cul­té et son his­toire en font un iti­né­raire in­té­res­sant qui mé­rite le dé­tour.

Page de droite, Yann Bor­gnet aux prises de la der­nière lon­gueur

en 6c+ de “L’Al­ba­tros” lors de l’en­chaî­ne­ment qu’il réa­li­sa dans la chaîne des Fiz cou­rant 2013 avec ses com­pa­gnons de cor­dée, Ré­mi

Du­houx et Ch­ris­tophe Du­ma­rest. Ci-contre, ouille, aïe, ouille, le cal­caire d’al­ti­tude ça use quand même bien la peau !

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.