ÇA VA SAIGNER !

L’ABAT­TOIR

Grimper - - FALAISE -

Entre Fin­dus qui éti­quette ses la­sagnes « pur boeuf » pour f in­ale­ment y trou­ver du che­val et le scan­dale de l’abat­toir d’Alès (oh… ciel ! que d’images hor­ribles hantent nos es­prits de car­ni­vores in­avoués), diff icile de faire l’ac­tu avec L’abat­toir de Gre­noble. Et pour­tant, du boeuf, des chèvres, des pou­lettes et leur pou­let (et sû­re­ment même des ânes) il en passe, des coupes tran­chantes, on en voit, des anec­dotes, on en a. La pre­mière de celles-ci : la ro­mance à l’ori­gine de cette his­toire…

Tout grim­peur qu’on est, on n’ima­gine ja­mais trop les dé­buts d’une pa­reille aven­ture, ou alors on l’idéa­lise : « Wéééééééééééé bon en fait euh, les gars sont des achar­nés, ils fouinent, ils bar­tassent et fi­nissent par trou­ver des trucs. Puis voi­là quoi. » Alors, c’est vrai, dans pas mal de cas, et pour ne pas dé­mordre à cette pen­sée com­mune, j’avoue que c’est sou­vent un peu ça. Peut-être que nos an­ciens avaient la tâche plus fa­cile. En même temps, quand on voit la vire de Com­boire de­puis le su­per­mar­ché, les Ghes­quiers, Vi­gier, Ga­bo­riau, Ca­let et autres qui sont pas­sés par la cu­vette n’ont pas dû pas­ser beau­coup de temps à iden­ti­fier leurs ob­jec­tifs. En re­vanche, je se­rais cu­rieux de sa­voir s’ils l’avaient de­mi-molle comme nous une fois au pied du caillou en­fin ap­pro­ché… Sauf que dans le cas de L’abat­toir, l’his­toire est tout autre… Tout a com­men­cé par une af­faire de flair et de ro­mance… Flo est un per­son­nage sin­gu­lier, à mi-che­min entre l’hu­main et l’Ar­dé­chois, croi­sé san­glier, as­cen­dant belle étoile… voyez ? Du flair, il en a, au­tant que de tee-shirts pour l’Ar­dèche libre. Al­lez sa­voir pour­quoi, il s’est mis à la grimpe tard, mais ce qui est sûr, c’est qu’il a bien fait. Après être pas­sé par Gre­noble et y avoir fait ses armes, il dé­cide de ten­ter l’aven­ture mar­seillaise pour la fin de ses études. Mais comme le fond de cu­vette sen­tait bon la ver­ti­ca­li­té de ses pa­rois li­mi­trophes, il s’y ré­ins­talle, avec Kri­kri, sa douce. Et c’est elle qui est à l’ori­gine de L’abat­toir. Si si ! C’est pas des bo­bards (même si avec Flo, beau­coup de choses se disent et se dé­cident à l’apé­ro­bar) ! On rem­bo­bine. « Flo, t’as grim­pé 12 fois en 4 jours, et je ne parle pas de nos af­faires alors ça te di­rait de te chan­ger les idées, on part se faire une ran­do ? » Qu’à ce­la ne tienne, Flo au grand flair sent le vent tour­ner. Il lui faut ré­duire la voi­lure avant que le vent ne lui souffle dans les bronches conju­gales et ne lui fasse pé­ter le mât phal­lique (pire, il pour­rait cra­quer le frein d’une prise trop ferme et se re­trou­ver à dor­mir sur la bé­quille…). Il ac­cepte donc, non sans une pe­tite ar­rière-pen­sée… « Ok ! Le Né­ron, ça te dit ? » Le Né­ron, mon­tagne quelque part bien connue de tous les ci­ta­dins de l’ag­glo gre­no­bloise même si bien sou­vent on passe de­vant tout en l’igno­rant. Elle a été sous le feu des pro­jec­teurs (ou sim­ple­ment des flammes) en 2003 et de­puis, ses abords ont été in­ter­dits par ar­rê­té mu­ni­ci­pal (sauf pour les chas­seurs a prio­ri…). Qu’à ce­la ne tienne, Flo y équipe un sec­teur qu’il nomme le Gou­pil en 2013 et sent de tout son flair que le po­ten­tiel ne se li­mite pas à cette barre. Et même si les an­ciens y ont opé­ré bien avant avec le sec­teur de Nar­bonne, équi­pé par Lu­do Pin et Her­vé Ron­deau, tout ne semble pas en­core avoir été fait…

Ran­do ro­mance

Voi­là donc le couple par­ti en ran­do prin­ta­nière. Les feuilles ta­pissent en­core ce sous-bois d’un ocre que seuls les san­gliers semblent vou­loir ar­pen­ter. De temps à autre, on y en­tend un trai­ler qui au­rait lu le Mon­tagnes Mag n° 422 mais qui n’au­rait pas en­core lu les brèves d’oc­tobre 2016 sur les os­se­ments hu­mains re­trou­vés… Et c’est jus­te­ment ces feuilles au sol qui fi­na­le­ment ar­rangent les af­faires de Flo car il sait, en tant qu’équi­peur au bon flair et à belle étoile, qu’on voit plus loin en sous-bois. En tout cas, c’est ce qu’il es­père en se­cret… « Woh pu­tain ! » Au bout de quelque temps à ro­man­cer, le flair re­prend son pou­voir de li­bé­ra­teur d’adré­na­line. Flo dis­tingue à tra­vers les bran­chages un pied de fa­laise bleu co­balt. « Kri­kri, je monte en speed voir là­haut… » et voi­là qu’il plante Kri­kri (sans jeu de mot bien sûr) de­vant l’exal­tante at­trac­tion ver­ti­cale qu’il dis­tingue. Kri­kri com­prend alors que l’an­née fu­ture prend à ce mo­ment même une autre tour­nure… Ar­ri­vé sous le caillou, lit­té­ra­le­ment des­sous car ça penche quand même, Flo se re­met pé­ni­ble­ment d’un

Ci-des­sous gé­né­ra­tion Open Source : la grimpe 2.0 ver­sion to­po dis­po au pied de la fa­laise et échanges en­flam­més par sty­los BIC in­ter­po­sés. Page de droite Ni­co Pe­lor­son pris en fla­grant dé­lit de concas­sage de croûtes pour ve­nir à bout d'“Amet­sa“. Un so­lide 9a d'après l'in­té­res­sé at­ten­dant pa­tiem­ment un nou­veau pré­ten­dant. L'ap­pel est lan­cé !

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