JÉ­RÔME CHA­PUT

«Re­tour aux Sources»

Grimper - - FACE DE BLEAU -

Globe Clim­ber au­rait pu s’im­po­ser comme sous-titre pour pré­sen­ter Jé­rome Cha­put, tel­le­ment cette so­cié­té qu’il di­rige est à son image. Sé­mi­naires et team-buil­ding avec les en­tre­prises, évé­ne­ments et com­pé­ti­tions d’es­ca­lade comme le Rock Tour et le Re­tour aux Sources, trips grimpe, en­ca­dre­ment de groupes, ou­ver­ture, photos… Globe Clim­ber dé­borde d’ac­ti­vi­tés, d’idées et de pro­jets. Ren­contre avec son fon­da­teur Jé­rôme Cha­put, un grim­peur plu­tôt dis­cret sur ses réa­li­sa­tions, alors que celles-ci sont au plus haut ni­veau à Bleau, tout comme dans sa vie pro­fes­sion­nelle.

GR : Ta boîte, Globe Clim­ber, se sert de l’es­ca­lade comme sup­port à beau­coup d’ac­ti­vi­tés, avec des clients as­sez dif­fé­rents. Est-ce que votre offre tourne sur­tout au­tour des voyages et de l’évé­ne­men­tiel ? JC : Oui, mais on fait aus­si beau­coup de sé­mi­naires avec les en­tre­prises, par­fois uni­que­ment au­tour de l’es­ca­lade, par­fois orien­tés pour tra­vailler plu­tôt sur les no­tions de dé­fi ou de confiance. Ça marche très bien, et c’est tou­jours éton­nant de voir un dé­bu­tant de­vant un bloc en fo­rêt qui se dit « j’y ar­ri­ve­rai ja­mais », et qui le ré­pète dix fois dans la séance… Du coup, on peut faire un pa­ral­lèle avec le tra­vail dans l’en­tre­prise, où beau­coup de gens se sentent in­com­pé­tents de­vant tel ou tel nou­veau pro­jet et re­fusent toute ac­tion, alors qu’ils peuvent y ar­ri­ver s’ils sont ac­com­pa­gnés par un groupe mo­ti­vant et bien pen­sant, par exemple. L’autre thème qu’on pro­pose aux en­tre­prises et pour le­quel on s’ap­puie sur l’es­ca­lade consiste à tra­vailler sur le mé­lange d’in­di­vi­dua­li­té et d’es­prit d’équipe. Quand on grimpe on est tout seul, c’est une ac­ti­vi­té très in­di­vi­duelle, mais en réa­li­té le groupe aide beau­coup, comme on peut le consta­ter en pra­ti­quant le bloc. GR : Quand a com­men­cé l’aven­ture Globe Clim­ber ? JC : On s’est lan­cé en fé­vrier 2015. En fait, on est cinq ac­tion­naires, Jeff Baud, Marc Leh­ner, Sé­bas­tien Bach, ma co­pine et moi. Voi­là pour le mon­tage de cette SAS (So­cié­té par Ac­tions Sim­pli­fiée). Lu­cas Mé­né­gat­ti a re­joint la so­cié­té en oc­tobre 2015, et de­puis, nous sommes tous les deux à tout or­ga­ni­ser. GR : Le « Re­tour aux Sources » a été votre pre­mier évé­ne­ment phare. Qu’est ce qui vous a don­né l’idée de vous lan­cer là-de­dans ? JC : C’est un pro­jet de longue date en fait. En tant que com­pé­ti­teur, quand j’étais jeune, je suis al­lé un peu par­tout en France, mais à Fon­tai­ne­bleau il n’y avait ja­mais de com­pé­ti­tions. J’ai tou­jours trou­vé ça dingue ! Pour­tant, le bloc est né ici, à Bleau, et il y a des com­pé­ti­tions par­tout dans le monde et dans tous les coins de France, mais ici rien ! Donc c’est un truc qui traî­nait dans ma tête de­puis très long­temps. Quand j’ai lan­cé la boîte en 2015, ça m’a per­mis de ren­con­trer beau­coup de gens sur Fon­tai­ne­bleau, dont le di­rec­teur du Grand Par­quet. Ce do­maine dé­dié au che­val cher­chait à se di­ver­si­fier, et j’étais al­lé le voir un peu au cu­lot en lui pro­po­sant de faire un évé­ne­ment mul­ti-ac­ti­vi­tés. L’idée était d’as­so­cier l’es­ca­lade à d’autres ac­ti­vi­tés, comme le VTT, la course à pied ou autre, peu im­porte, mais en tout cas de faire un ras­sem­ble­ment, avec aus­si un concert. À l’époque il m’avait ré­pon­du que son tra­vail n’était pas d’or­ga­ni­ser des évé­ne­ments, mais d’en­tre­te­nir un site d’ac­cueil… Donc c’était tom­bé à l’eau. Et puis, l’an­née der­nière, une amie m’a dit qu’elle or­ga­ni­sait une ren­contre éco­no­mique pour les en­tre­prises en louant une se­maine le Grand Par­quet, alors je lui ai pro­po­sé de lui prendre deux jours sur cette lo­ca­tion. Ain­si, ça lui re­ve­nait un peu moins cher, et à nous aus­si, que ce soit pour les tentes, le bar, etc. Et c’est là que ça a réel­le­ment dé­mar­ré. GR : Est-ce qu’il y a des aides ou des sub­ven­tions de la ré­gion pour or­ga­ni­ser un évé­ne­ment d’am­pleur comme ce­lui-là ? JC : En fait, c’était as­sez com­pli­qué. Si tu montes un évé­ne­ment tou­ris­tique, tu peux ob­te­nir des aides au­près de la ré­gion, mais pas si c’est un évé­ne­ment spor­tif. C’est pour cette rai­son que dans le mon­tage du dos­sier, on a mis l’ac­ti­vi­té es­ca­lade au sein de beau­coup d’autres, avec la pé­tanque, les chiens de traî­neau, la sla­ck­line, les concerts, etc. Et là, les aides étaient consé­quentes. Mais re­tour­ne­ment de si­tua­tion, moins de deux mois avant le ras­sem­ble­ment, le 22 avril, j’ap­pre­nais qu’on n’au­rait rien de ce qui était pré­vu ! Donc il y a eu des

mo­ments com­pli­qués, tout du long de l’or­ga­ni­sa­tion, mais je te­nais à al­ler quand même au bout parce que je suis per­sua­dé que le plus dif­fi­cile dans ce genre de fes­ti­val, c’est la pre­mière an­née. Alors j’ai per­sé­vé­ré, il y a eu mille obs­tacles, mais tous mes ré­seaux de connais­sances ont bien ai­dé à tous les ni­veaux. GR : Et comment se po­si­tionne la ville de Fon­tai­ne­bleau ? Tu as ren­con­tré la Mai­rie, j’ima­gine ? JC : Ce qui est sûr, c’est que la mu­ni­ci­pa­li­té ne voit et ne pense que “châ­teau“et “che­val“. Fon­tai­ne­bleau se pré­sente d'ailleurs comme “La ca­pi­tale du che­val“... De­puis main­te­nant deux ans qu’on tra­vaille ici, on a un par­te­na­riat avec l’Of­fice du Tou­risme, et on a pas mal de clients, des écoles, des en­tre­prises… Mais l’es­ca­lade reste tou­jours as­sez loin dans l’es­prit des élus. On m’a même de­man­dé de faire par­tie du Con­seil d’Ad­mi­nis­tra­tion de Fon­tai­ne­bleau Tou­risme, alors que quand on connaît les bud­gets, il n’y a rien pour l’es­ca­lade. D’un autre cô­té, c’est dif­fi­cile de voir les re­tom­bées éco­no­miques ap­por­tées par les grim­peurs, vu qu’ils ne se montrent pas sou­vent dans les grands hô­tels ou res­tau­rants hup­pés de la ville ! On es­saye de mon­trer que les re­tom­bées sont pour­tant réelles pour toute la ré­gion, mais ça prend du temps et les choses avancent pe­tit à pe­tit. GR : La pre­mière édi­tion du Re­tour aux Sources a été as­sez per­tur­bée par la mé­téo. Dé­goû­té, ou prêt à re­com­men­cer ? JC : Il y a plein de gens qui ont fait des re­tours très po­si­tifs. En tout cas, ceux qui se sont dé­pla­cés étaient les plus mo­ti­vés ! Tous ceux qui sont ve­nus m’ont dit que je n’avais pas eu de chance avec la mé­téo, mais qu’il fal­lait être fort et re­com­men­cer, et que l’an­née pro­chaine ce se­rait le top… La plu­part des gens a trou­vé que c’était bien or­ga­ni­sé, et n’ima­gi­nait pas que ce se­rait aus­si “gros“. Qua­si­ment per­sonne ne connaissait le Grand Par­quet et tous ont trou­vé l’en­droit très classe. C’est vrai qu’avant tout, je vou­lais un beau cadre, et que ce do­maine est par­ti­cu­liè­re­ment agréable au sein de la fo­rêt. Et on a pu y mon­ter aus­si un “bon vrai gros pan“im­po­sant, et une grosse scène pour les concerts… La plu­part des gens se sont dit « tu t’es pas fou­tu de nous » ! GR : Quel bi­lan tu tires de ce pre­mier opus de Re­tour aux Sources ? JC : Je ne te cache pas que j’ai per­du un peu d’ar­gent, mais de toute fa­çon ça ne pou­vait pas être pire… On est quand même par­ve­nu à main­te­nir la com­pé­ti­tion, avec un ré­sul­tat as­sez réus­si grâce à la ral­longe du di­manche ma­tin, mais pour ce qui est de l’évé­ne­ment du sa­me­di soir, avec les concerts an­nu­lés pour cause de pluie in­ces­sante, c'était la ca­tas­trophe. En tout cas, je dis bra­vo aux grim­peurs car pour les qua­lifs du ven­dre­di soir, avec des seaux d’eau juste avant le dé­mar­rage, j’ai été agréa­ble­ment surpris par leur mo­ti­va­tion, alors que moi à ce mo­ment-là j’étais au fond du trou. GR : Est-ce que tu sais dé­jà si tu vas pou­voir re­com­men­cer l’an pro­chain ? JC : Je ne sais pas vrai­ment en­core, mais je vais faire en sorte que oui. Je ne sais pas non plus si ça va se faire de la même ma­nière. Cette pre­mière fois se vou­lait aus­si un test pour mon­trer no­tam­ment à la Com­mu­nau­té d’Ag­glo­mé­ra­tions que l’évé­ne­ment al­lait ame­ner du monde. Mais bon, vu les condi­tions… On es­time qu’en­vi­ron 700 per­sonnes sont ve­nues sur les deux jours et de­mi, ce qui est très peu, mais avec cette pluie il fal­lait être ex­trê­me­ment mo­ti­vé. S’il avait fait beau, on au­rait peut-

être eu trois fois plus de monde ? En tout cas, mon ob­jec­tif est bien de re­faire un fes­ti­val à Bleau. C’est un rêve que j’avais de­puis des an­nées, on l’a fait une pre­mière fois, et je compte bien mettre à nou­veau de l’éner­gie pour faire une deuxième édi­tion. Et puis j’ai quand même ache­té le mur d’es­ca­lade et j’ai bien l’in­ten­tion de m’en res­ser­vir ! Pour les par­te­naires du fes­ti­val, j’avais fait un ta­rif pré­fé­ren­tiel pour l’an­née de lan­ce­ment, j’es­père que ceux qui ont ré­pon­du pré­sent re­vien­dront. Et si oui, on fe­ra quelque chose de for­cé­ment mieux. Je ne sais pas si j’ar­ri­ve­rai à en mo­ti­ver d’autres, mais en tout cas ceux qui nous ont sui­vis sur ce fes­ti­val l’ont fait parce qu’ils croient à son potentiel et ap­pré­cient la phi­lo­so­phie de ce genre d’évé­ne­ment à Fon­tai­ne­bleau. Et puis, c’est une vraie force d’avoir créé le Rock Tour, parce que ça per­met d’avoir une conti­nui­té dans la re­la­tion avec les par­te­naires et les grim­peurs. GR : Il y avait aus­si peu de bleau­sards ? JC : C’était la pre­mière édi­tion, et par ailleurs les bleau­sards sont aus­si les pre­miers à re­gar­der la mé­téo… Je me mets à leur place, si je vois qu’il va pleu­voir pen­dant deux jours, je n’ai pas très en­vie de m’ins­crire à une com­pé­ti­tion en plein air ! Et puis c’est dif­fi­cile de faire bou­ger tous les bleau­sards… GR : Tu peux nous par­ler de tes dé­buts en es­ca­lade ? JC : Là, je suis sur Me­lun, mais tout pe­tit j’ha­bi­tais à Chailly-en-Bière, à 200 mètres de chez Pascal Ga­gneux. Vers 11-12 ans, on pas­sait notre temps à faire du vé­lo en fo­rêt, mais Oli­vier, le grand frère de Pascal, lui, fai­sait de l’es­ca­lade. Un jour, au col­lège, Pascal me dit : « viens, on va au Cu­vier et je te prête des chaussons ». Du coup, on s’est ins­crits en­suite au club De­gré+ de Pon­thier­ry, et on a vrai­ment dé­mar­ré la grimpe. Tous les mer­cre­dis, les week-ends et les va­cances, pen­dant des an­nées et des mil­liers d’heures, on était en fo­rêt avec Pascal, beau­coup au Cu­vier vu qu’on se dé­pla­çait à vé­lo et qu’on ha­bi­tait à 3 ki­lo­mètres, et un peu au Ro­cher Ca­non. Vers 16 ans on com­men­çait à avoir un bon ni­veau, et les gars du club nous em­me­naient avec eux en voi­ture dans d’autres sites. C’était hy­per sym­pa, et par exemple découvrir l’Isa­tis m’avait bluf­fé ! Quand on al­lait au Rem­part, on était tout le temps tout seul à cette époque. Après, on a été au­to­nomes, mais j’ai conti­nué à grim­per quand même avec cer­tains, comme la lé­gende de la fo­rêt alias Pa­trick Arias, l’un des pre­miers à nous avoir em­me­nés un peu par­tout. Grâce au club, on a pu faire de la com­pé­ti­tion, ce qui per­met de pro­gres­ser je trouve, et aus­si es­sayer des voies, où au dé­part on était des grosses quiches, mais où pe­tit à pe­tit on s’est amé­lio­rés. On a même fait de la grande voie avec Pascal quand il pas­sait son B.E., et aus­si des voyages. C’est ça qui m’a don­né en­vie de mon­ter cette boîte, parce qu’il me semble qu’il faut faire sor­tir les gens des salles. GR : Sor­tir de sa salle, c’est pas évident, si ? Comment ça se passe quand tu ac­com­pagnes des gens qui dé­couvrent le ro­cher ? JC : Le plus hal­lu­ci­nant avec les gens qui sortent des “nou­velles salles“, c’est à quel point ils ne savent pas tom­ber ! C’est as­sez dingue. S’il y en avait da­van­tage qui al­laient seuls en fo­rêt, ils se fe­raient for­cé­ment mal ra­pi­de­ment. GR : Il a aus­si le “Red Bull Con­test“qui a vo­ca­tion de sor­tir des grim­peurs des salles… Tu en penses quoi ? JC : Au dé­part, j'ai été contac­té pour par­ti­ci­per à l’or­ga­ni­sa­tion, mais je n’ai pas vrai­ment com­pris le concept. Ça peut être fun d’al­ler grim­per avec plein de gens, pour­quoi pas ? Mais s’il s’agit par exemple de grim­per au Cul de Chien, où tout le monde a dé­jà fait tous les pas­sages, je ne vois pas le cô­té per­for­mance. On peut ap­pe­ler ça un ras­sem­ble­ment plu­tôt qu’une com­pé­ti­tion. Faire mille fois le même bloc ça peut-être ri­go­lo, mais pour bien connaître les vain­queurs per­son­nel­le­ment, je peux dire que s’ils avaient vou­lu, ils au­raient pu faire deux fois plus, mais ils ont ar­rê­té parce que les gens en avaient marre aus­si… Red Bull a sor­ti des belles images en di­sant que c’était gé­nial, mais en fait non. Et puis le cô­té res­pect de la fo­rêt… Mais bon, ça fait grim­per plein de gens, même si le concept m’échappe. C’est sur­tout une his­toire de phi­lo­so­phie, et c’est aus­si pour ça que j’ai créé le Rock Tour, pour lan­cer un évé­ne­ment en ac­cord avec mes convic­tions. GR : Quelle a été la ge­nèse du Rock Tour, et quelle est le for­mat de cette com­pé­ti­tion iti­né­rante ? JC : D’abord, j’ai tou­jours vou­lu que les spor­tifs vivent plus di­gne­ment, parce que je trouve que c’est un bou­lot de ouf que de s’en­traî­ner pour les com­pé­ti­tions. Quand je vois des grim­peurs de très bon ni­veau qui vivent de ma­nière pré­caire, et qui ga­lèrent avec des pe­tits bou­lots, ça me dé­prime. Je me suis dit qu’on pou­vait mettre en place un cir­cuit de com­pé­ti­tions avec les grandes salles, qui amè­ne­raient aus­si de bons “price mo­ney“pour les spor­tifs. Au­jourd’hui, ce n’est pas en­core suf­fi­sant, mais ça va s’amé­lio­rer. C’est aus­si l’oc­ca­sion pour nos par­te­naires de découvrir des grim­peurs. J’ai­me­rais beau­coup contri­buer au dé­ve­lop­pe­ment de ce genre de “bu­si­ness sain“. Les marques spon­so­risent fi­nan­ciè­re­ment des ath­lètes, et les ath­lètes sou­tiennent réel­le­ment la marque par des ac­tions concrètes. Et je crois vrai­ment que si les grandes marques, les grandes salles, voire la Fé­dé, in­ves­tis­saient un peu plus sur les grim­peurs de haut ni­veau, c’est tout le mi­lieu de l’es­ca­lade fran­çais qui en bé­né­fi­cie­rait. Par ailleurs, les com­pé­ti­tions-type or­ga­ni­sées par la Fé­dé ne me plaisent plus. Les blocs sont tout de suite hy­per sé­lec­tifs, et ça ne laisse pas vrai­ment de place au plai­sir de grim­per et ce, quel que soit le ni­veau. Tout est bien or­ga­ni­sé pour la fi­nale, tan­dis que les qua­lifs sont faites au ra­bais, avec le moins de ges­tion pos­sible. Donc je me suis dit qu’on pou­vait faire un cir­cuit de com­pé­ti­tions en open to­tal, qu’on soit li­cen­cié ou non, où cha­cun pour­rait se ga­ver d’es­ca­lade quel que soit le ni­veau, avec beau­coup de blocs de qua­lifs tout en as­su­rant un pla­teau fi­nal pour le show. Je vou­lais re­créer des com­pé­ti­tions qui font vi­brer et de­puis 2015, fran­che­ment, ça marche bien. C’est pour ça aus­si que le Re­tour aux Sources me te­nait à coeur, pour fi­nir en fo­rêt. Même si on reste sur struc­ture ar­ti­fi­cielle, pour gar­der le cô­té vraie com­pé­ti­tion. Mais ça n’em­pêche pas que le gars qui est en fi­nale, s’il a chaud, il peut en­le­ver son t-shirt ! GR : Il te reste quand même du temps pour Bleau ? JC : Beau­coup moins de­puis le bac et les études de ges­tion op­tion fi­nance, avec tout le cur­sus en ap­pren­tis­sage sur Pa­ris… Mais de­puis que j’ai mon­té Globe Clim­ber, c’est très va­riable et ça dé­pend des mo­ments. Là, il fait chaud et ça fait deux se­maines et de­mie que j’ai pas été en fo­rêt, mais l’hi­ver, dès que ça colle un peu, si j’ai un peu moins de bou­lot, hop je vais y faire un tour. Gé­né­ra­le­ment je fais au moins une séance par se­maine en fo­rêt, et une séance en salle à Bloc’Age, à Ar­bonne. Si je peux en faire plus, j’en fais plus ! Et quand je pars en va­cances, même si ça fait long­temps que ça ne m’est pas ar­ri­vé, je pars grim­per.

GR : Des blocs qui t’ont mar­qué par­ti­cu­liè­re­ment ? JC : Il y en a plein. Mon pre­mier 8a avec “Atré­sie“quand j’avais 18 ans. Je crois que c’est le bloc que j’ai le plus tra­vaillé, et sou­vent tout seul, parce qu’il n’y avait per­sonne au Rem­part à cette époque-là. “Khéops“aus­si m’a mar­qué, parce qu’avec Pascal on pas­sait sou­vent de­vant quand on es­sayait de faire le cir­cuit noir, avec ses co­ta­tions en 4 ou 5 mais qui sont sur­dures ! Ça don­nait l’im­pres­sion d’être du 7b, alors on l’es­sayait aus­si, jus­qu’à ce qu’on ap­prenne que c’était du 8b. Fi­na­le­ment, un 31 dé­cembre avec mon pote Lu­do Le­fèbvre, il m’a pris l’en­vie de ré­es­sayer et je l’ai fait, mais c’est al­lé tel­le­ment vite qu’après j’ai eu presque un coup de blues, avec le sen­ti­ment que je ne fe­rais plus ja­mais une telle perf, que c’était un énorme coup de chance qui ne se re­pro­dui­rait plus. GR : Ton ni­veau maxi­mum ac­tuel­le­ment ? JC : Dans les co­ta­tions, “Jour de Chasse“à Re­closes, mais c’est un peu pa­reil… Se­lon moi le plus dur que j’ai fait ce se­rait “Big Gol­den“, vu que je ne tra­vaille pas beau­coup les blocs, alors que ce­lui-là, je l’ai beau­coup es­sayé. D’abord parce que j’ai un pro­blème d’an­giome à l’an­nu­laire gauche et que j’ai dû le faire sans la prise d’épaule à main gauche. GR : An­giome, Què­sa­co ? JC : Ah c’est dé­gueu­lasse je te pré­viens, c’est une boule de sang, tu vois là, sous la pre­mière pha­lange de l’an­nu­laire main gauche. La pre­mière fois que j’ai eu ça, c’était vers 18 ans et je me suis fait opé­rer, mais ça reste très dou­lou­reux dès que je cogne le doigt ou que j’ap­puie des­sus. À l’époque, avant l’opé­ra­tion, ça me fai­sait un mal de chien tout le temps, main­te­nant c’est juste quand je mets de la pres­sion des­sus. GR : Mais comment tu grimpes avec ça ? JC : En fait, j’ai ap­pris à ne pas ap­puyer des­sus. Je ne suis pas très fort en ré­glette et si je ferme tous les doigts, je mets l’an­nu­laire en re­trait et il prend moins de pres­sion… Sur plats, c’est moins com­pli­qué pour gé­rer, je m’adapte ! Je le pro­tège tou­jours plus ou moins in­cons­ciem­ment, parce que si je le heurte, je chiale ! Et puis je trouve ça moche, mais ça ne se re­marque pas trop. Ar­jan de Kock, un gars avec qui j’es­sayais “Gour­man­dise“(8b du Rem­part), l’avait vu tout de suite en l’ap­pe­lant “Ma­gic Fin­ger“et ça m’avait in­ter­pel­lé, ce cô­té po­si­tif, vu que je cherche tou­jours un peu à le ca­cher et que j’au­rais plu­tôt ten­dance à l’ap­pe­ler mon doigt pour­ri. Je pen­sais que ça m’em­pê­che­rait tou­jours de faire cer­tains blocs, dont “Big Gol­den“, mais fi­na­le­ment j’ai pu y ar­ri­ver, en fai­sant sans la ré­glette ! GR : Peu d’ou­ver­tures, par contre, de ta part ? JC : Oui, en gé­né­ral, quand j’ouvre c’est par opportunisme, par exemple si un truc n’est pas fait près de ce qu’on es­saye avec des potes. Le der­nier c’était au Mont Mo­rillon, “Fé­dé­ra­clure“, nom­mé suite à une mau­vaise ex­pé­rience avec la Fé­dé à l’époque. Un bloc pas ma­jeur, mais une bonne base en com­pres­sion, dans les 8a+ as­sis. Il ne doit même tou­jours pas être dans bleau.info, à ma connais­sance seul Pascal Ga­gneux l’au­rait re­fait. Un autre plus beau, ou­vert par ha­sard, est “Fur­tif“ver­sion droite, vu que j’étais par­ti as­sis sur le pi­lier, per­sua­dé que To­ny l’avait fait comme ça… C’est quand je l’ai ap­pe­lé pour lui dire com­bien le bloc était ma­gni­fique qu’il m’a dit être par­ti de­bout à gauche ! Donc une ou­ver­ture, mais pas vrai­ment vo­lon­taire. GR : Éton­nante quand même ton his­toire d’an­giome, sur­tout quand on a une idée de tout ce que tu as fait à Bleau… JC : J’ai une grande gueule, mais j’en parle pas trop !

Jé­rôme en pleine réussite de "Su­per-Tan­ker" 8b+, au Cu­vier-Rem­part.

Au bu­reau il faut par­fois sa­voir se dé­tendre. © Lu­cas Mé­né­gat­ti

Sé­rie d'aff iches des Rock Tour or­ga­ni­sés par Globe Clim­ber.

"Pe­ter Pan" 7b+, au Ro­cher du Mau­vais Pas­sage, un bon pas­sage d'échauf­fe­ment pour Jé­rôme.

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