Sa­raGi­rau­deau, pied au plan­cher

Infrarouge - - INTERVIEW DÉCOUVERTE - Par Her­vé Prou­teau.

La scène lui réus­sit pen­dant que le ci­né­ma la fuit ! Sa­ra tient avec brio le rôle prin­ci­pal de « l’Alouette » au théâtre du Mont­par­nasse. L’oc­ca­sion de faire connais­sance avec ce vi­sage que vous pour­riez bien re­croi­ser pen­dant les cin­quante pro­chaines an­nées !

Pré­sen­tez-vous en quelques mots ?

Je crois que je suis per­fec­tion­niste, pa­tiente, to­lé­rante, po­si­tive et… im­pa­tiente !

Une vraie date clé de votre par­cours ?

Mon bac : la fin d’une vie, le dé­but d’une autre ! Parce que les Mo­lières, j’étais au dé­but de ma car­rière, et le pa­ra­doxe, c’est qu’en­suite, je n’ai pas tra­vaillé pen­dant plu­sieurs mois ! (Elle a re­çu le Mo­lière 2007 de la « Ré­vé­la­tion fé­mi­nine », ndlr)

Que faites-vous pour vous faire re­mar­quer ?

Me ca­cher ! Comme je suis très ti­mide et ré­ser­vée, je n’ai jamais été ca­pable de dé­cro­cher mon té­lé­phone ! Je ne sais pas me vendre.

Par­mi les qua­li­tés que l’on vous trouve, quelle est la plus vraie ?

Ta­len­tueuse ! Non, je ri­gole… Drôle et gé­né­reuse.

Votre pe­tit truc en plus ?

Mon éner­gie. Même lorsque je suis très fa­ti­guée, mon corps a des res­sources in­croyables.

Un dé­faut ou des la­cunes dans le jeu ?

Faire sem­blant de rire, c’est très dif­fi­cile. J’es­saye d’avoir une sin­cé­ri­té ex­trême dans tout ce que je joue. L’am­biance jo­viale et le rire sont dif­fi­ciles à créer. Je crois qu’il me manque une tech­nique pour ar­ri­ver à rire na­tu­rel­le­ment…

Votre truc contre le trac ?

J’écoute de la mu­sique clas­sique, je chan­tonne, mais je sa­voure le trac, car ça me fait peur et j’aime ce mo­ment-là ! J’ai un trac « fra­gi­li­sa­teur », mais pas des­truc­teur. La troupe, c’est le meilleur re­mède contre le trac !

Avan­tages et in­con­vé­nients d’être une « fille de » ?

(Annie Du­pe­rey et Ber­nard Gi­rau­deau, ndlr) Vis à vis de ses pa­rents comme vis à vis des jour­na­listes, c’est com­pli­qué d’ex­pri­mer son mal-être, alors qu’on a un gros coup de pro­jec­teur qui ar­rive très vite… C’est un tel avan­tage qu’on n’a pas le droit de se plaindre. Mais c’est d’au­tant plus dé­li­cat d’exis­ter par soi-même, et trou­blant lorsque le pu­blic ne voit par­fois que l’un de vos pa­rents en vous !

Un ar­tiste « dé­ca­lé » qui sort du lot ?

Alain Cham­fort, avec nota mment s on c l i p Bam­bou, qui date un peu, mais gé­nial !

Un mo­ment par­ti­cu­liè­re­ment lou­pé ? Cas­ting, tour­nage, pro­mo ?

Ma ren­contre avec JeanPierre Jeu­net, qui a du­ré 5 mi­nutes. J’avais en­vie de le tuer et de me tuer ! Les plus grands fours sont sou­vent ceux qui durent le moins long­temps ! Il n’y a pas eu d’al­chi­mie entre nous…

Une illu­sion ou un es­poir qui per­siste ?

D ’a v o i r ce que je n’ai pas ! Je suis gour­mande alors que je suis dé­jà com­blée par le théâtre, mais je rê­ve­rais de faire aus­si du ci­né­ma.

Une com­pa­rai­son flat­teuse ?

On me parle sou­vent d’une pe­tite res­sem­blance phy­sique avec la co­mé­dienne a mér i c a i n e Ma g g i e Gyl­len­haal. Et des faux airs a v e c Cha r l o t t e Gains­bourg, une dou­ceur, ma pe­tite voix…

Une jo­lie ren­contre qui n’a pas en­core eu lieu ?

Za­bou Breit­man, qui aborde des su­jets que j’aime.

A qui di­riez-vous « oui », presque sans ré­flé­chir ?

A James Thier­rée, qui est de­ve­nu un ami. Mais nous n’avons pas en­core eu l’oc­ca­sion de tra­vailler en­semble. Il sau­rait sans au­cun doute me faire don­ner le meilleur de moi-même.

Le truc qui vous agace un peu dans votre mé­tier ?

L’as­cen­sion trop ra­pide par­fois, sur­tout au ci­né­ma, le star sys­tème. Au théâtre, une car­rière s’ins­talle len­te­ment et pour long­temps.

La faute de goût pour la­quelle vous avez le plus d’in­dul­gence?

Le bout de pa­pier toi­lette res­té ac­cro­ché au pan­ta­lon ou à la jupe !

Un par­te­naire mas­cu­lin que ce­la ne vous gê­ne­rait vrai­ment pas de de­voir em­bras­ser pour une scène ?

Joa­quim Phoe­nix, même si ça ne risque pas trop d’ar­ri­ver. Qui sait ?

Un « beau mec » qui fait cra­quer toutes vos co­pines, sauf vous ?

Ro­bert Pat­tin­son.

Ce­lui que vous êtes presque la seule à trou­ver cra­quant ?

Sh­rek.

Un « ta­lent » qu’on ne vous connaît pas en­core ?

Chan­teuse ! Je ne le suis pas, mais j’ai, pa­raît-il, un pe­tit truc dans la voix…

Où ne risque-t-on vrai­ment pas de vous croi­ser ?

Dans une boite de nuit : je m’en­nuie !

Un su­per­flu qui vous plaît bien ?

Ache­ter des fringues… que je ne mets fi­na­le­ment pas ! Et je fais pa­reil pour ma fille !

Un film que vous n’avez tou­jours pas vu ?

« Chan­tons sous la pluie ».

Une ex­pres­sion qui vous sym­bo­lise bien ?

Je suis « naze » en ex­pres­sion et en dic­ton !

De quoi avez-vous peur de man­quer par­fois, à part de temps ?

D’amour… comme tout le monde, non ?

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