Nou­veauTer­ry… toire ol­fac­tif

Infrarouge - - INTERVIEW BEAUTÉ - Par Aude Ber­nard-Treille.

La Touche Éclat, pro­duit phare d’YSL, l’Huile Pro­di­gieuse Or de Nuxe, c’est elle. Ter­ry de Gunz­burg, la sur­douée du ma­quillage qui a pas­sé 15 ans au­près d’Yves Saint Laurent et qui a créé sa marque By Ter­ry en 2000, lance sa col­lec­tion de Haute Par­fu­me­rie. Ren­contre.

Pe­tite, par quel mé­tier étiez-vous at­ti­rée ?

Je rê­vais d’un mé­tier qui n’exis­tait pas, je vou­lais être utile et tour­née vers les autres, en étant à la fois un peu in­fir­mière, un peu sal­tim­banque et sur­tout reine !

Quel a été votre pre­mier par­fum ?

Mon pre­mier contact à la mo­lé­cule ol­fac­tive re­monte à quand j’étais nour­ris­son avec de l’eau de rose et de l’eau de fleur d’oran­ger, mais mon pre­mier par­fum d’ado, c’était Eau de Lan­côme. J’étais fas­ci­née par ce fla­con gi­vré.

Votre fibre créa­trice s’est ré­vé­lée d’abord avec les cou­leurs, pour­quoi la créa­tion d’un par­fum après tant an­nées ?

Je dis sou­vent que je pas­sais d’un pré­nom à un nom et c’est comme une fin d’ana­lyse qui a bien tour­né. Dans mon ADN, j’ai cette ex­per­tise de la cou­leur et ce­la n’a jamais été un par­cours d’ap­pren­tis­sage. Or, la science ol­fac­tive est comme la pâ­tis­se­rie, on ne peut pas se trom­per ou im­pro­vi­ser et ce­la a pris du temps car je vou­lais dé­pouiller mon ap­proche au par­fum. J’avais une idée très pré­cise de ce que je n’ai­mais pas et je sa­vais qu’en par­tant d’une fleur par exemple, je vou­lais ra­con­ter autre chose que l ’ex­pres­sion fi­gu­ra­tive de cette fleur.

Ex­pli­quez-nous ce qu’est la « haute par­fu­me­rie »

C’est comme la haute couture, la haute joaille­rie, la haute cou­leur, c’est quelque chose qui est fait avec de très belles ma­tières et qui ex­prime un vrai sa­voir-faire. Sur plus de 5000 mo­lé­cules et ma­tières de l’orgue à par­fum, il y a 500 ma­tières na­tu­relles, mais on en uti­lise peu. Pour moi, il fal­lait tra­vailler avec très peu de notes mais ex­trê­me­ment bien choi­sies et de qua­li­té su­prême. Au­jourd’hui, on coupe la haute couture au la­ser, les ma­tières sont d’une qua­li­té in­ouïe : j’ai fait le même choix.

Pour­quoi lan­cer 5 fragrances en même temps ?

Les 5 se sont im­po­sées à moi au fur et à me­sure de mon tra­vail et je ne pou­vais plus choi­sir ni m’en pas­ser. Ce­la m’a per­mis de construire un sillage mul­tiple car ils se portent un à un ou de fa­çon mé­lan­gée sur une par­tie de la peau et créent un sillage sur me­sure ab­so­lu­ment re­ten­tis­sant.

On ar­rive à re­pro­duire presque toutes les odeurs, mais qu’est-ce qui se­rait dif­fi­cile de mettre en bou­teille ?

L’odeur de la pre­mière ren­contre ou du coup de foudre, il y a un truc in­dé­fi­nis­sable qui se pro­duit en fonc­tion de cha­cun.

Ci­tez-nous un sou­ve­nir ol­fac­tif qui vous fait voya­ger ?

La fleur d’oran­ger qui m’em­mène par­tout aus­si bien sur les terres d’Orient que dans les jar­dins pro­ven­çaux ou en­core dans l’Oran­ge­rie du châ­teau de Ver­sailles. Je l’ai uti­li­sée dans Lu­mière d’épices, elle y est qua­si vir­gi­nale, en­core fer­mée, en bou­ton, ca­res­sée par le pre­mier vent et le so­leil du ma­tin.

Une odeur d’en­fance ?

La rose, j’ai gran­di avec cette odeur, le vi­sage net­toyé avec de l’eau de rose, c’est cultu­rel, c’est gé­né­tique ; de mère en fille, on se passe le secret de l’eau de rose.

Une adresse où vous vous sen­tez bien ?

Chez moi. Que ce soit à Pa­ris, à Londres, à Saint-Ré­my-de-Pro­vence, j’aime être chez moi, dans mon uni­vers.

Vous avez cô­toyé les plus grands cou­tu­riers, de qui re­te­nez-vous un conseil en par­ti­cu­lier ?

Yves Saint Laurent qui di­sait «

Rien n’est im­pos­sible, pour­vu qu’il y ait l’ équilibre

». L’équilibre, c’est quelque chose qui tient à un mil­li­mètre, à une once en plus ou en moins. Un ta­lent ver­ti­gi­neux peut être par­fai­te­ment équi­li­bré et être dé­sta­bi­li­sé à plat.

Est-ce plus fa­cile de ma­quiller une femme que de conseiller un par­fum ?

Oui, car je ne crée pas des par­fums pour un type de femmes, mais pour une émo­tion et un jeu entre un sens et l’âme. En­suite, on se l’ap­pri­voise ou pas. En re­vanche, quand il s’agit de ma­quiller, je sais tout de suite ce qui va mettre en va­leur quel­qu’un en ac­cen­tuant ou es­tom­pant des traits.

Quelle mode est votre pire cau­che­mar ?

La mode grunge !

www.by­ter­ry.com

Je me fais ré­gu­liè­re­ment un fix de Fla­grant dé­lice que je mets sur chaque poi­gnet.

Fla­grant Dé­lice, Rêve Opu­lent, Par­ti Pris, Lu­mières d’Epices, Ombre Mer­cure sont les cinq fragrances de la col­lec­tion de haute par­fu­me­rie de Ter­ry de Gunz­burg à dé­cou­vrir dans ses bou­tiques 21 et 36 pas­sage Vé­ro-Do­dat 75001 Pa­ris.

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