Et­la ten­dresse, bor­del !

Infrarouge - - HUMEUR - Par Victoria Bou­te­loup-McInnes.

JThe BB Blondes : nous ai­mons la mode, la beau­té, les bi­joux. Mais pas seule­ment. e ne sais pas vous, mais moi, là, j’ai be­soin de câ­lins. C’est sû­re­ment en­core un coup d’oc­tobre et de son cor­tège de S.A.D (Sea­so­nal Au­tum Di­sor­der) ou dé­pres­sions sai­son­nières, en fran­çais dans le texte. Je vou­drais qu’on me dise qu’on m’aime et que j’ai bonne mine. Je n’en peux plus de ces filles trop sou­riantes qui me disent « qu’est-ce que t’as l’air fa­ti­gué » et me de­mandent sur un ton api­toyé : « et avec ton ma­ri, ça va ? » On pour­rait pas être sym­pa - un peu - les uns avec les autres, trois mi­nutes ? Sans dé­con­ner, c’est fa­ti­gant la com­pét’ en per­ma­nence. J’ai comme une en­vie de dou­ceur, de gen­tillesse, de bien­veillance qui me sub­merge. Ras-le bol de la course à l’écha­lote, de celle qui a la plus grosse feuille de paie ou la plus jo­lie cui­sine, de ce­lui qui clai­ronne son bo­nus à table à cô­té d’un voi­sin qui en­tame son énième mois de chô­mage. Ré­cem­ment invitée à dé­cou­vrir la très jo­lie bou­tique de bi­joux se­mi-pré­cieux Li­lou, à deux pas du ca­fé de Flore, j’ai non seule­ment trou­vé leurs bra­ce­lets en co­ton et or jaune, rose ou blanc vrai­ment cute, mais j’ai sur­tout blo­qué sur une for­mule de leur dos­sier de presse qui dit: Pour­quoi veut-on au­jourd’hui si fort ar­bo­rer des signes ex­té­rieurs de ri­chesse (vous me sui­vez : un sac Her­mès, une paire de snea­kers Va­nes­sa Bru­no ou un Ip­hone Xmil­lième gé­né­ra­tion) ? Faites l’ex­pé­rience : en­trez chez X ou Y, cla­quez votre PEL dans une montre ou un sac et sor­tez dans la rue. Eu­pho­rique ? 10 mi­nutes. Heu­reux ? Clai­re­ment pas. Main­te­nant, ap­pe­lez un pote et de­man­dez-lui vrai­ment de ses nou­velles. Je veux dire que vous ne lui dites pas juste « ça va ? » ... sans écou­ter la ré­ponse. Dites-lui de des­cendre prendre un go­det avec vous et quand il ar­rive, ser­rez-le dans vos bras. Oui, oui : un vrai, bon gros hug. Ou étreinte ou em­bras­sade dans la langue de Mo­lière. Et là vous al­lez voir comme ça fait du bien. Le shoot d’en­dor­phine est ga­ran­ti et l’ef­fet est du­rable. Le ci­néaste Jan Kou­nen en a même fait un su­blime film, il y a une éter­ni­té... en 2005, je crois. A voir ou à re­voir : Al­lez, ça se­ra tout pour ce mois-ci. Et puis,... j’dis ça, j’dis rien.

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