Au­drey Fleu­rot, flam­boyante et tou­chante

Infrarouge - - INTERVIEW - Par Her­vé Prou­teau.

« Vous en­vi­sa­ge­riez de chan­ger de cou­leur de che­veux pour un film ? » Ques­tion si­dé­rante pour une ac­trice ! J’ai pas­sé le cas­ting pour le der­nier James Bond, comme 25 000 autres filles. Et il y a un truc gé­nial qu’il faut re­con­naître aux Amé­ri­cains, c’est qu’ils sont dé­me­su­ré­ment en­thou­siastes ! « You are soooo good, you’re ama­zinggggg ! » . C’est re­vi­go­rant, mieux qu’un psy ! Un bon moyen de se re­gon­fler en un mi­ni­mum de temps ! Vous l’aviez sans doute dé­cou­verte en rousse in­can­des­cente, qui éveillait les sens d’Omar Sy dans « In­tou­chables », la voi­ci en pré­si­dente des Etats-Unis dans l’ex­cellent der­nier opus de Kad & Oli­vier « Mais­quiare-tuéPa­me­laRose? ». Ren­contre avec une co­mé­dienne de théâtre qui se prête au jeu du ci­né­ma sans trop en faire…

Quelle est la ques­tion que les jour­na­listes vous posent un peu trop sou­vent ? Avec qui vous confond-on en­core par­fois ?

Je crois que j’ai une cer­taine sin­gu­la­ri­té ! Quoique… lorsque Ju­lianne Moore a fait la cou­ver­ture du Vogue, j’avais re­çu plu­sieurs tex­tos d’amis pour me fé­li­ci­ter.

Dans l’aven­ture glo­bale d’un film, à part jouer bien sûr, que mau­dis­sez-vous ?

Un film… c’est 90 % d’at­tente ! Mais j’ar­rive de mieux en mieux à m’oc­cu­per : je lis, je me pas­sionne pour quelque chose ou pour quel­qu’un sur un tour­nage. En re­vanche, ce qui me plait le plus, c’est ce qu’on va me « vo­ler ». Et puis les ren­contres, la co­lo­nie de va­cances pen­dant deux mois.

Quel est le film que vous avez re­gret­té d’avoir re­fu­sé ?

Je n’ai jamais fan­tas­mé sur le ci­né­ma, je vou­lais faire du théâtre et j’en ai fait pen­dant 6 ans, tout al­lait bien. Je n’ai donc pas de re­grets, j’ai même plu­tôt une cer­taine ca­pa­ci­té à pas­ser à autre chose ! Mais je ne suis pas à l’abri de me trom­per, de faire un mau­vais choix. Je m’ac­corde ce droit…

Et ce­lui pour le­quel vous re­gret­tez de ne pas avoir été prise ? Qu’est-ce qui vous fait sou­rire dans ce mi­lieu ?

Le ci­né­ma, c’est l’image, il faut se prendre un peu au sé­rieux. Ce qui me fait rire, ce sont les ac­teurs qui disent : « J’ai eu du mal à sor­tir du per­son­nage ».

Une scène de film qui vous a par­ti­cu­liè­re­ment gê­née ?

Dans « Ir­ré­ver­sible » de Gas­par Noé, pas la scène de viol, mais la scène de l’ex­tinc­teur, su­per trash !

Votre truc contre le trac ?

J’ai beau­coup le trac, mais si on me don­nait un truc pour ne plus l’avoir… je crois que je ne l’uti­li­se­rai pas ! Ca fait par­tie de l’adré­na­line, j’ai la chance d’avoir un trac éner­gi­sant et non pas té­ta­ni­sant. La veille d’un tour­nage, je fais tou­jours une in­som­nie, je me de­mande si je vais avoir ma pre­mière étoile ou pas !

Quelle est l’ac­trice dont vous ne pen­siez pas croi­ser si ra­pi­de­ment le che­min ?

Kate Wins­let ! Aux César, je re­met­tais un prix, et dans les cou­lisses, elle était der­rière un pa­ravent avec son staff. On trou­vait d’ailleurs ça ri­di­cule qu’elle ait un coin à part, dans cet es­pace dé­jà très pri­vé ! Mais si ça se trouve, ce n’était pas elle qui l’avait de­man­dé.

Au ci­né­ma, pour vous, qu’est-ce qui est com­pli­qué?

Faire la belle, jouer des per­son­nages au pre­mier de­gré. Je viens d’ac­cep­ter de faire une comédie ro­man­tique, c’est ce qu’il y a de plus dif­fi­cile pour moi. J’aime les per­son­nages com­plexes, qui jouent eux-mêmes des per­son­nages.

Et qu’y-a-t-il de plus fa­cile pour vous ?

De pas­ser d’un rôle à un autre, d’en­chaî­ner dans une même se­maine des rôles très dif­fé­rents. Je jongle avec plai­sir. Les per­son­nages et les in­ter­pré­ta­tions se nour­rissent les uns des autres.

Quel est le truc le plus fou que vous ayez osé faire pour dé­cro­cher un rôle ?

Rien ! Je ne vou­drais tel­le­ment pas qu’on me choi­sisse pour des mau­vaises rai­sons, que je ne vais jamais aux avant-pre­mières des films dans les­quels je ne joue pas ! Je n’ose pas, j’ai peur de faire pique-as­siette.

Pen­sez-vous qu’un bon ac­teur puisse jouer tous les rôles ?

Oui, mais ça ne res­te­ra qu’une in­ter­pré­ta­tion, pas for­cé­ment la plus pro­bante. Heu­reu­se­ment qu’on ne sait jamais ce que ce­la au­rait don­né, joué par quel­qu’un d’autre.

Par­mi les qua­li­tés que l’on vous trouve, quelle est celle qui est la plus vraie ?

Je crois que je suis as­sez « bonne ca­ma­rade » et plu­tôt drôle.

Quel est le film au cours du­quel vous avez quit­té la pro­jec­tion ?

Les pro­messes de l’ombre de D. Cro­nen­berg, qui m’a énor­mé­ment dé­çue.

Quel est votre sex-symbol ab­so­lu ?

Paul New­man !

Et le « beau mec » qui fait cra­quer toutes vos co­pines, sauf vous ?

Da­niel Craig, je ne com­prends pas. Au­cun ef­fet sur moi !

Ra­con­tez nous votre der­nière gaffe ?

D’avoir évo­qué un peu trop spon­ta­né­ment ma dé­cep­tion au su­jet du film de Woo­dy Al­len Mid­night in Pa­ris, dans le­quel j’avais 7 jours de tour­nage ! Comme les autres co­mé­diens fran­çais qui étaient dedans, on a été cou­pés au mon­tage. Mais je n’en veux pas du tout à Woo­dy Al­len, et je suis pas­sé à autre chose très vite.

Quelle est la vanne ou l’ex­pres­sion que vous au­riez ado­ré in­ven­ter ?

« Où sont les clés ? Dans ton c… ! », même si ce n’est pas très chic.

Pour fi­nir, une sug­ges­tion aux réa­li­sa­teurs ? Un rôle que vous ai­me­riez in­ter­pré­ter ?

Plus c’est im­pro­bable mieux c’est ! Je veux bien jouer une pi­rate ex­tra-ter­restre bi­sexuelle ! Re­trou­vez Au­drey Fleu­rot dans Mais qui a re-tué Pa­me­la Rose ? , De Kad & Oli­vier, sor­tie le 5 dé­cembre, avec Kad & Oli­vier, Laurent La­fitte, Omar Syet Lau­rence Ar­né.

Il y a un truc gé­nial qu’il faut re­con­naître aux Amé­ri­cains lors des cas­tings, c’est qu’ils sont dé­me­su­ré­ment en­thou­siastes ! « Youa­re­sooooo­good, you’re ama­zinggggg! ». C’est re­vi­go­rant, mieux qu’un psy !

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