Ch­ris­tophe Bar­bier, fine lame de l’info

Son écharpe rouge est aus­si connue que son ana­lyse politique est re­con­nue. A la tête de la ré­dac­tion de L’Express, sur i- Té­lé tous les ma­tins et in­vi­té ré­cur­rent de C dans l’air, quand il n’écrit pas un livre avec Marc Jo­li­vet, nous lui avons po­sé des vr

Infrarouge - - INTERVIEW CORRIGÉE - Par Her­vé Prou­teau.

Note : 14/ 20

Quelle est la ques­tion que l’on vous pose sans cesse et à la­quelle vous ré­pon­dez in­las­sa­ble­ment la même chose ?

Si les ques­tions ne sont pas très va­riées, j’es­saie de faire preuve d’un peu de créa­ti­vi­té pour que mes ré­ponses le soient ! La ques­tion à la­quelle je ne ré­ponds ja­mais la même chose, c’est : « pour­quoi je porte mon écharpe rouge » ! Je ré­ponds en chan­geant à chaque fois de ver­sion. Ain­si, à vous, j’af­firme que c’est un ca­deau de Marc Jo­li­vet, qui la gar­dait en sou­ve­nir de ses an­nées maoïstes, quand il était en stage de ré­vo­lu­tion à Pé­kin.

Politique : à quel mo­ment en faites- vous le plus dans votre vie quo­ti­dienne ?

J’en fais fi­na­le­ment as­sez peu, dé­jà ras­sa­sié par mon in­ter­view ma­ti­nale sur i- Té­lé et mes par­ti­ci­pa­tions à C dans l’air. Ça tombe bien, car je suis sans doute meilleur ana­lyste que di­plo­mate…

La politique... Sais- je seule­ment ce que c’est ?

Quel est votre truc pour ai­der les po­li­tiques à se mettre à table ?

Les as­sai­son­ner lors­qu’ils ra­content des sa­lades, ne pas ava­ler leurs cou­leuvres, et mettre les pieds dans le plat !

Les cui­si­ner à pe­tit feu fonc­tionne aus­si.

Pen­sez- vous qu’un bon politique soit un bon acteur ?

Si l’on ne juge que la vé­ri­té de l’ins­tant, peu­têtre ! Puis­qu’à en croire DSK ou Ca­hu­zac, on ne peut pas dire que leurs pro­messes aient man­qué d’aplomb. Mais un bon acteur joue les pre­miers rôles jus­qu’à la fin de sa vie ! Pas de politique sans théâtre : un bon politique doit être un bon acteur !

Pu­bli­ci­té : de quelle marque pour­riez- vous de­ve­nir l’égé­rie « na­tu­relle » ?

Mé­len­chon porte des cra­vates rouges de­puis deux ans, di­sons que j’ai un coup d’avance sur lui en ma­tière de rouge. Alors si les meilleurs vins de Bor­deaux ou

Guer­lain ( pour Ha­bit Rouge) sou­haitent que je les re­pré­sente… par­lons- en ! Di­ri­geant la ré­dac­tion de L’Express, j’ai­me­rais bien re­pré­sen­ter une marque de ca­fé.

Ra­con­tez- nous votre plus belle veste ?

Cer­tai­ne­ment pas l’une de mes cos­tumes de ville, je n’ai au­cun goût pour ça. Mais plu­tôt celle d’un cos­tume de scène, dans une pièce de théâtre. Et même une sou­tane rouge de car­di­nal dans

Les Des­seins de la Pro­vi­dence de Sa­cha Gui­try.

Dans quel do­maine êtes- vous le plus gauche ?

Sans doute, par pu­deur, à par­ler de moi sin­cè­re­ment au pre­mier de­gré… Et je connais trop bien l’en­vers de mon dé­cor pour m’en pa­va­ner ! Si vous me de­man­dez de faire la cui­sine et sur­vi­vez au plat, vous sau­rez.

Et le plus adroit ?

M’en­thou­sias­mer, me pas­sion­ner, avoir en­vie de faire, de lire, de dire, d’écrire mille choses à la fois. Di­ri­ger L’Express, faire de la té­lé, du théâtre et écrire des livres se­rait mon rêve… On n’a qu’une seule vie, c’est pour­quoi il faut en avoir plu­sieurs !

Qu’est- ce qui vous im­pres­sionne le plus chez vous ?

D’y croire tou­jours au­tant, quoi que je fasse. Et d’ar­ri­ver à me le­ver à 5 h 15, 45 se­maines par an…

Quelle est la ques­tion que l’on ne vous pose pas as­sez sou­vent ?

« Au fait… êtes- vous heu­reux ? » . Di­sons que je m’en ap­proche, mais j’es­père me la po­ser jus­qu’à la fin de mes jours, ce se­ra le signe que je ne crois pas y être « ar­ri­vé » . Mais que c’est bon de frô­ler le bon­heur ! Le bon­heur n’existe pas. La ques­tion qui manque : « Que puis- je faire pour vous ai­der ? »

Quelle est l’ex­pres­sion que vous au­riez ado­ré in­ven­ter ?

« La rai­son et la politique suivent ra­re­ment le même che­min » de Ste­fan Zweig. « Si vous vou­lez de la gra­ti­tude, éle­vez des chiens » . John Ma­jor, ex- Pre­mier mi­nistre an­glais.

Et quelle est celle qui se vé­ri­fie un peu trop ?

« La politique est l ’art de men­tir à pro­pos » de Vol­taire. « On ne sort de l’am­bi­guï­té qu’à son dé­tri­ment » dixit le car­di­nal de Retz.

Vous êtes- vous dé­jà « google- isé » ?

Non, je vous confesse que je me voue un culte as­sez peu pro­non­cé, même si je se­rais ra­vi si des tas de gens for­mi­dables m’ap­pré­ciaient… Oui, pour consta­ter à quel point la toile est truf­fée de fausses in­for­ma­tions. Ce­la glace le sang !

On parle sou­vent du cu­mul des man­dats en politique, que dire des vôtres ?

Je dors peu, je tra­vaille pas mal, mais je m’amuse beau­coup ! Ce ne sont pas des man­dats, mais des pas­sions. Cu­mul au­to­ri­sé à l’in­fi­ni!

Quel est le pe­tit pri­vi­lège sur le­quel vous ne cra­chez pas ?

Etre in­vi­té à échan­ger, à dé­battre ou à dî­ner avec des gens bien plus in­tel­li­gents que moi, ce qui me laisse par­fois rê­veur… Et as­sis­ter à des matchs de rug­by au Stade de France. Al­lez les pe­tits !

Si vous me de­man­dez de faire la cui­sine et sur­vi­vez au plat, vous sau­rez dans quel

do­maine je suis le plus gauche !

Re­trou­vez Ch­ris­tophe Bar­bier avec Marc Jo­li­vet dans Rê­vons !, chez Flam­ma­rion ( pré­face de Gé­rard Miller).

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