PLEINE MER

Les yachts

Infrarouge - - Édito / Sommaire - Par Be­noist Sim­mat

Le mar­ché des su­per- yachts à mo­teur n’est pas ce­lui des automobiles de luxe. Au­tant il est fa­cile de dé­bour­ser en quelques clics une somme to­ta­le­ment dé­rai­son­nable pour ac­qué­rir une belle Porsche ou une Fer­ra­ri, au­tant ac­qué­rir son yacht neuf exi­ge­rait de pa­tien­ter plu­sieurs an­nées après l’avoir com­man­dé sur un chan­tier ré­pu­té et spé­cia­li­sé ( jus­qu’à 5 ans). Alors, à moins d’être l’émir du Qa­tar et dé­si­reux de battre un re­cord, re­por­tez- vous sur le mar­ché de « l’oc­ca­sion » , si l’on peut dire. Il existe des cen­taines de su­per- yachts de toutes les tailles à vendre en per­ma­nence. D’ailleurs, nombre de « stars » dont vous avez en­ten­du par­ler à la té­lé­vi­sion sont gé­né­ra­le­ment des se­condes mains to­ta­le­ment re­loo­kées. Le der­nier yacht con­nu de Ber­nard Ta­pie, ac­tuel Re­born ( re­ven­du en 2014), avait été pro­prié­té d’un grand bu­si­ness­man aus­tra­lien. Quant au Pa­lo­ma de Vincent Bol­lo­ré, il avait été la pro­prié­té d’une riche fa­mille grecque, bien avant de ser­vir de lieu de vil­lé­gia­ture à un cer­tain Ni­co­las Sar­ko­zy.

En moins d’un an, un cour­tier spé­cia­li­sé en na­vires à mo­teur de luxe peut vous dé­got­ter la perle rare pour quelques mil­lions, ou quelques di­zaines de mil­lions d’eu­ros le jou­jou ul­tra­luxe.

Dans un monde où les riches sont de plus en plus nom­breux, des di­zaines de marques se sont lan­cées sur le cré­neau. Contac­tez des té­nors comme Bur­gess, The Yacht Com­pa­ny, Fra­ser ou Cam­per & Ni­chol­sons ( il y en a beau­coup d’autres). L’avan­tage, c’est qu’ils vont vous ai­der à faire votre mar­ché – bien en­ten­du en vous sou­la­geant d’une forte somme –, par exemple en vous orien­tant vers un pro­duit adap­té à vos be­soins. Bron­zer tout l’été dans le port de Saint- Tro­pez ? Faire de votre en­gin un site clin­quant de ré­cep­tion per­ma­nent à quai ? Ef­fec­tuer de pe­tits dé­pla­ce­ments entre deux pays ? Vivre en mer sans ja­mais se mon­trer ? Pri­vi­lé­gier l’as­pect de­si­gn ou éco­lo­gique du bâ­ti­ment ?

Vous choi­si­rez par­mi la ving­taine de grandes marques de yachts de pres­tige qui se dis­putent un mar­ché an­nuel : Ri­va, Lür- ssen, Prin­cess, Fer­re­ti, Blohm & Voss, Azi­mut, Wal­ly, Monte Car­lo, etc.

Une fois le yacht choi­si, vous avez évi­dem­ment le droit de le re­bap­ti­ser, mais aus­si le de­voir de le re­loo­ker à votre goût. Se­lon les pro­fes­sion­nels ac­tuel­le­ment sur le mar­ché ( des marques comme Te­rence Dis­dale ou Zu­ret­ti- De­si­gn), il fau­drait dé­bour­ser le prix d’ap­par­te­ments de luxe dans une grande ca­pi­tale eu­ro­péenne ( 10 000 à 70 000 eu­ros le mètre car­ré). Il faut pen­ser au nombre de chambres et de salles de bains pour les in­vi­tés. Pré­voir éven­tuel­le­ment une mi­ni- boîte de nuit ou alors, pour­quoi pas, une bi­blio­thèque. Pen­ser à un es­pace ga­rage pour une au­to­mo­bile, si vous rou­lez beau­coup à terre. Bien en­ten­du, tra­vailler le de­si­gn des lieux. Une cave à vin se­rait du plus bel ef­fet éga­le­ment, non ? Quand on aime la mer, on ne compte pas…

Ce qui tombe bien, parce que l’ad­di­tion n’est pas ter­mi­née.

Un grand yacht, il faut en ef­fet lui pré­voir une place au port, à la se­maine ou à la jour­née ( 2 000 eu­ros/ jour en Ita­lie pour un plus de 50 mètres),

En outre, il faut si­gner une as­su­rance en acier trem­pé pour af­fron­ter les consé­quences éven­tuelles des forces nep­tu­niennes. Et quid du car­bu­rant ?

Là, tout le monde est sur un pied d’éga­li­té : un simple ré­as­sort de 5 000 litres de ga­zole en Mé­di­ter­ra­née, c’est 7 500 eu­ros de votre poche im­mé­dia­te­ment. Les pro­fes­sion­nels es­timent que leurs riches clients s’ac­quittent an­nuel­le­ment d’en­vi­ron 10 % du prix d’achat de leur su­per- yacht pour en jouir plei­ne­ment.

Et il faut en­core comp­ter un équi­page de pro­fes­sion­nels aguer­ris.

Vous n’irez pas re­cru­ter dans la pre­mière ta­verne du coin. Là aus­si, ras­su­rez- vous, des agences spé­cia­li­sées en re­cru­te­ment ou en concier­ge­rie se sont lan­cées ( re­gar­dez Cap­tain’s Con­cierge, Mon­sieur Al­fred ou Mor­gan & Mal­let, ils font ça toute l’an­née). Un 30 mètres exige une pe­tite équipe de cinq per­sonnes en per­ma­nence, soit les coûts ( hors charges so­ciales) d’une pe­tite PME.

Bon, res­tons- en là et fi­nis­sons sur une bonne nou­velle : la plu­part des yachts de luxe sont à louer en per­ma­nence, car leurs pro­prié­taires ne les uti­lisent que quelques se­maines maxi­mum à l’an­née. Il se­ra nor­ma­le­ment as­sez fa­cile de faire payer une lo­ca­tion à un de vos congé­nères riches, trop pa­res­seux pour avoir me­né un pro­jet d’amé­na­ge­ment de son propre pa­villon. Une idée du prix ? Le top du top, par exemple Eclipse de Ro­man Abra­mo­vitch, c’est un mil­lion de dol­lars la se­maine…

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