Alexandre Ro­bic­quet Dé­co­deur de la gé­né­ra­tion Y

Infrarouge - - Hors Du Commun - Par Aude Ber­nard-Treille

Ce beau gosse fran­çais de 25 ans est cher­cheur dans le dé­par­te­ment d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle de l’uni­ver­si­té Stan­ford, en Ca­li­for­nie. Il a fon­dé Cros­sing Minds, une start-up qui crée des ap­pli­ca­tions conçues pour s’adap­ter à chaque in­di­vi­du. Fi­gure de la gé­né­ra­tion Y, il est l’une des trois égé­ries de Y, le nou­veau par­fum mas­cu­lin d’Yves Saint Laurent. Quels étaient vos jouets pré­fé­rés ?

Sans au­cun doute ma boîte de Lego. Ou peut-être les la­by­rinthes de billes…

Votre pre­mière invention ? Comme toutes les in­ven­tions, c’est tou­jours un tra­vail en cours.

Con­crè­te­ment, c’est quoi être un ex­pert en in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle ?

Beau­coup de codes, de lec­tures, d’er­reurs, de codes, d’écri­tures, de dis­cus­sions, et en­core plus de codes…

L’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle nous ap­prend beau­coup sur l’homme. Don­nez-nous des exemples !

Pour re­pro­duire des sys­tèmes in­tel­li­gents qui s’ap­pa­rentent aux cer­veaux hu­mains, on étu­die les images qu’ils ren­voient, on les code sous forme d’al­go­rithmes, ce­la s’ap­pelle un CNN (convo­lu­tion neu­ral net­work). On classe et seg­mente ces images, on étu­die les in­ter­ac­tions qui se pro­duisent entre cha­cune pour que ce que pro­duit na­tu­rel­le­ment un sys­tème in­tel­li­gent comme le cer­veau soit en­suite en­co­dé dans une machine. En mé­de­cine, si on veut réel­le­ment im­plé­men­ter des ap­ti­tudes qua­si in­tui­tives pour rem­pla­cer des fonc­tions d’or­ganes comme le coeur, il nous faut avant tout les com­prendre en pro­fon­deur. Vous avez dit que vos tra­vaux « poussent les hommes à don­ner le meilleur d’eux-mêmes ». De quelle ma­nière ?

C’est ce à quoi j’as­pire, l’idée étant d’as­sis­ter et ai­der l’homme à étendre son po­ten­tiel, dé­cou­vrir plus, com­prendre plus et tou­jours conti­nuer de pro­gres­ser. Que ce soit dans un do­maine de re­com-man­da­tions cultu­relles, ou même dans un mi­lieu mé-di­cal, le but est de créer des ou­tils pour ai­der cha­cun à dé­cou­vrir da­van­tage et être per­for­mant. Tout com­mence par un pour­quoi. Quelle est la ques­tion qui vous ta­raude au­jourd’hui ?

« Pour­quoi les choses sont-elles ce qu’elles sont ? » Ce qui, en vé­ri­té, est plus un mé­lange abs­trait entre « pour­quoi », mais aus­si et sur­tout « com­ment ». Avec cette cam­pagne, le monde vous dé­couvre. Avez-vous des mes­sages à faire pas­ser ?

« Rien n’est en­core fait et la route est longue. » Cette cam­pagne s’adresse aux nou­velles gé­né­ra­tions, elle leur montre que tra­vailler dur, être dans les sciences, co­der, est tout à fait conci­liable avec l’image d’un par­fum. L’autre mes­sage très im­por­tant, c’est cette no­tion de di­ver­si­fi­ca­tion. De plus en plus, l’in­di­vi­du de­vient ex­pert, se spé­cia­lise, mais manque d’al­truisme, s’ap­pau­vrit, parce qu’il ne peut plus com­prendre le point de vue de son voi­sin. À tra­vers cette cam­pagne, le mes­sage est : « Tra­vaillez in­croya­ble­ment dur, soyez ou­vert d’es­prit, to­lé­rant, créa­tif et ne vous li­mi­tez à rien. »

Sur quoi la gé­né­ra­tion Y se dif­fé­ren­cie-t-elle des autres ? Tout lui est pos­sible. Tout est ac­ces­sible, mais il faut s’en ser­vir avec sa­gesse et pas­sion, en se po­sant sur­tout les bonnes ques­tions.

À son ac­tif éga­le­ment :

Hai : une plate-forme pour la dé­cou­verte cultu­relle, qui gé­nère des re­com­man­da­tions per­son­na­li­sées sur des choix de livres, des res­tau­rants et des hô­tels. Ja­ckrab­bot : le pre­mier ro­bot so­cial au­to­nome qui peut in­ter­agir avec son en­vi­ron­ne­ment et se dé­pla­cer en toute in­dé­pen­dance au mi­lieu d’une foule.

« Tra­vaillez in­croya­ble­ment dur, soyez ou­vert d’es­prit, to­lé­rant, créa­tif et ne vous li­mi­tez à rien.»

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.