La vie en rose

Jalouse - - ÉDITO - Jen­ni­fer Ey­mère & Del­phine Val­loire

Le rose cache bien son jeu. Hon­ni et ado­ré, c'est la cou­leur de l'am­bi­va­lence : une teinte ras­su­rante, qui fait du bien, qu'on croit connaître mais qui dé­voile peu à peu sa force. Bien sûr, il y a les pre­mières im­pres­sions. Celle de l'en­fance pour les filles, Bar­bie et la barbe à pa­pa, la cou­leur des ca­prices de la reine de l'eau de rose, Bar­ba­ra Cart­land, ou de Ma­rie-an­toi­nette, sur­tout quand elle est re­vi­si­tée par So­fia Cop­po­la. Mais au-de­là de ces pink-ad­dicts ba­siques se trouve un rose plus violent, plus li­cen­cieux : le sho­cking pink de Schia­pa­rel­li, ce­lui de l'ex­cen­tri­ci­té, le rose pous­sière du cha­peau de La­dy Ga­ga sur son der­nier al­bum, Joanne, bran­di comme un éten­dard, le rose de l'éro­tisme, le rose dé­ca­lé de Wes An­der­son, qui a ins­pi­ré notre tour du monde du rose, le ru­ban rose de la lutte contre le can­cer du sein, contre l'ho­mo­pho­bie, le rose que s'est ré­ap­pro­prié le fé­mi­nisme, dé­tour­né de son usage mar­ke­ting comme le montrent les ins­tal­la­tions de l'ar­tiste amé­ri­caine Portia Munson. Ce rose mi­li­tant n'in­ter­dit pas le rêve : le rose est la cou­leur par ex­cel­lence de la co­mé­die mu­si­cale – de re­tour en jan­vier avec La La Land, un mo­ment de pure nos­tal­gie avec Em­ma Stone et Ryan Gos­ling. Comme le chan­tait Kay Thomp­son en ré­dac­trice de mode ex­tra­va­gante dans Fun­ny Face : “Think Pink !”

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