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Net­flix dif­fu­se­ra, dé­but 2018, Ame­ri­can Crime Sto­ry: The As­sas­si­na­tion of Gian­ni Ver­sace, sé­rie au­tour du meurtre de Gian­ni Ver­sace. En pu­ristes, on es­père que les scé­na­ristes ont res­pec­té le cahier des charges.

Jalouse - - SOMMAIRE - Par Mi­chel Forte

Ame­ri­can Crime Sto­ry: The As­sas­si­na­tion of Gian­ni Ver­sace, bien­tôt sur Net­flix.

Des icônes. Rien ne semble en­core of­fi­ciel, mais les pre­mières fuites au su­jet du cas­ting en pro­voquent dans nos cu­lottes. On fait l'im­passe sur les jeu­nots mi­gnons mais qu'on ne connaît pas vrai­ment, comme Max Green­field ou Dar­ren Criss vu dans Glee. On au­ra dé­jà ou­blié leur noms après leurs scènes to­pless. Non, la vraie sur­prise, c'est Pe­ne­lope. Parce qu'elle a en­fin com­pris qu'il fal­lait pas­ser la vi­tesse su­pé­rieure pour de­ve­nir une icône gay qui se res­pecte, Pe­ne­lope Cruz s'at­telle au rôle de Do­na­tel­la. In­car­ner Do­na­tel­la pour une ac­trice, ce­la re­vient à dé­cro­cher le rôle de Su­per­man pour un ac­teur : le cos­tume est too much, mais il se com­pose de tout les at­tri­buts es­thé­tiques qu'on ai­me­rait un jour avoir sans ja­mais oser les de­man­der : un slip mou­lant avec un pa­quet plus gros que ce­lui de Roc­co, une cape pour vo­ler et pou­voir ain­si as­su­rer cinq plans Tin­der en une seule et même soi­rée et des pla­quettes de cho­co­lat jus­qu'au cou. Pour Do­na­tel­la c'est pa­reil. Quelle femme n'a ja­mais rê­vé d'avoir une taille de guêpe et six no­mi­nés aux Os­cars par page dans son car­net d'adresses ? Ri­cky Mar­tin, quant à lui, joue­ra An­to­nio D'ami­co, le boy­friend de Gian­ni dont on ne connaît pas grand chose à part le phy­sique. Un rôle taillé sur me­sure pour le chan­teur. Dom­mage qu'il ai dé­jà fait son co­ming-out, l'oc­ca­sion était tout de même unique.

Le style. Si vous avez un mi­ni­mum de culture, vous sa­vez que Ver­sace a in­ven­té la robe qui dé­voile plus de chair que de cou­ture. Vous avez aus­si en tête les im­pri­més dé­ments sur les ma­tières les plus folles, ou en­core les maillots de bain XXS sur les corps XXL des man­ne­quins les mieux sculp­tés et les mieux mem­brés des an­nées 90. On ose es­pé­rer que vous n'avez pas zap­pé Ver­sace Home, la ligne dé­co qui trans­forme le moindre F2 en suite d'hô­tel du­baiote. Certes, vi­suel­le­ment, on risque de frô­ler la crise d'hys­té­rie épi­lep­tique. Mais ça nous ré­veille­ra la pu­pille un bon coup. Après six sai­sons de dé­fi­lés à voir du bleu ma­rine sur du noir, du beige sur du ca­mel et du blanc sur du crème, quel­qu'un a en­fin en­ten­du nos prières. Don­nez-nous du fluo ! De l'im­pri­mé pan­thère ! Les deux en même temps ! On veut du sa­tin, on veut du fla­shy ! Quelque chose nous dit qu'on va être ser­vis…

Tra­gé­die en Tech­ni­co­lor. Nao­mi Camp­bell en larmes en di­rect sur NBC. Les émis­sions de re­cons­ti­tu­tion en boucle. Les ré­tros­pec­tives en cas­cades dans les ma­ga­zines de mode. Les bio­gra­phies non au­to­ri­sées. Les bio­pics les plus fous aux cas­tings les plus dou­teux. Les hé­li­co­ptères au-des­sus de la vil­la. Les dé­tec­tives pri­vés ca­chés dans les ca­na­li­sa­tions. L'en­ter­re­ment le plus gla­mour du monde au Duo­mo, avec La­dy Di au pre­mier rang, El­ton John en larmes, Ha­mish Bowles en blond et Nao­mi, oui en­core elle, en veuve si­ci­lienne éplo­rée. L'af­faire Gian­ni Ver­sace est une boîte de Pan­dore à émo­tions fortes qu'il suf­fit d'ou­vrir pour faire re­sur­gir dé­lires, théo­ries in­vrai­sem­blables et mo­ments d'an­tho­lo­gie gra­vés dans la mé­moire col­lec­tive. Un feuille­ton qui pas­sionne au­tant qu'il in­trigue. De quoi nous mettre en ha­leine pen­dant les mois les plus froids de l'an­née, et faire pas­ser Game of

Th­rones pour un épi­sode des Te­le­tub­bies.

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