Ta­lent sur ca­na­pé

La peintre basque mé­lange les genres et les cou­leurs pour Mai­son Kit­su­né, Le­vi's, Nike, Amé­lie Pi­chard, entre autres. Et dé­com­plexe le Beau et ses ta­bleaux.

Jalouse - - SOMMAIRE - Par Ma­thilde Ber­thier Pho­to Jules Faure

Inès Lon­ge­vial

La pre­mière fois que tu as te­nu un pin­ceau ? Pro­ba­ble­ment avant mes 5 ans, je ne m'en sou­viens pas… mais je ne l'ai plus ja­mais lâ­ché ! Quel peintre, ou ta­bleau, t’a don­né en­vie de faire ce mé­tier ? J'ai tou­jours eu en­vie de faire ce mé­tier sans avoir eu pour mo­dèle un ta­bleau ou un peintre. Pour au­tant, beau­coup d'oeuvres m'ont mar­quée en­fant, no­tam­ment les nus aux yeux vides de Mo­di­glia­ni. Et évi­dem­ment Pi­cas­so : j'ai tou­jours été amou­reuse de lui. Quels sont tes su­jets de pré­di­lec­tion ? Des hommes ou des ob­jets ? Je tra­vaille beau­coup sur la fé­mi­ni­té, en veillant à ne pas tom­ber dans la re­pré­sen­ta­tion cli­ché et idéa­li­sée du corps de la femme. À tra­vers mes por­traits, je veux ex­pri­mer des sen­ti­ments que les gens peuvent en­suite s'ap­pro­prier. J'aime tra­vailler sur la peau et ses nuances in­fi­nies, sou­li­gner des formes char­nues comme des mains fortes. Le noir et blanc, c’est pros­crit ? Mon tout pre­mier ta­bleau est en noir et blanc. Je crois que pour connaître et jouer ex­cel­lem­ment avec la cou­leur, il faut d'abord sa­voir peindre du noir et blanc.

La mode et la pein­ture peuvent-elles faire bon mé­nage ? Je pense dé­fi­ni­ti­ve­ment que oui. La mode est pour moi une source d'ins­pi­ra­tion in­ta­ris­sable. Il suf­fit de voir à quel point Yves Saint Laurent était han­té par les des­sins et pein­tures des ar­tistes qu'il ad­mi­rait. De ma­gni­fiques pièces en ont dé­cou­lé, no­tam­ment la robe Pi­cas­so en 1988. Pour du­rer, l’art doit-il être trans­ver­sal ? On doit s'ou­vrir, ne sur­tout pas éri­ger de murs. Tout est com­pa­rable, ins­pi­rant : il est ab­so­lu­ment né­ces­saire de voir les choses sous plu­sieurs angles. Le plus bel en­droit du monde pour peindre un ta­bleau ? Sans hé­si­ta­tion : la plage Ha­rot­zen Cos­ta au Pays basque. Et pour l’ac­cro­cher ? Dans un en­droit plein de vie plu­tôt que dans une salle blanche : sur un quai de gare, par exemple. in­es­lon­ge­vial.com. Ca­na­pé Se­re­na dis­po­nible sur ja­lou­se­mai­son.com

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